Assiettes en plastique dans les cantines, une étude partielle et partiale

Communiqué du groupe écologiste au conseil municipal de Bordeaux

Assiettes en plastique dans les cantines, une étude partielle et partiale

Hier, vendredi 8 septembre à 16h30, l’ensemble des parents d’élèves des écoles publiques de Bordeaux a reçu un SMS les informant de la mise en ligne des résultats des tests sur les assiettes en plastique, généralisées dans les cantines scolaires depuis janvier 2017, demandés par la mairie de Bordeaux suite à la mobilisation de parents d’élèves constitués en collectif.

Cette étude est partielle et partiale.

Le choix des molécules étudiées n’a pas été fait en concertation avec le collectif « Cantines sans plastique » que la mairie a pourtant rencontré à de nombreuses reprises à ce sujet.
Par exemple, l’étude a recherché la présence du bisphénol A, perturbateur endocrinien interdit depuis 2015 et n’a pas étudié la présence du bisphénol S, perturbateur endocrinien aux effets plus néfastes que le A, et qui devrait être interdit demain.

Par ailleurs, aucune étude n’a été menée sur le risque des bactéries qui se logent dans les assiettes rayées (et pourtant garanties anti-rayures par le fabriquant), maintes fois soulignées par les scientifiques (le lavage en machine ne permettant pas l’élimination de ces bactéries incrustées).

Au-delà des lacunes scientifiques de cette étude, nous en appelons à nouveau au principe de précaution, qui est fondé sur l’absence de certitudes scientifiques, ce qui est le cas pour notre sujet.

Nous considérons qu’il est inutile, voire préjudiciable, que la municipalité ajoute ce type d’expositions aux perturbateurs endocriniens en direction d’enfants qui sont des sujets vulnérables. En cas de doute, il nous semble préférable de privilégier de manière systématique les matériaux inertes dont l’innocuité est avérée.

La réduction des perturbateurs endocriniens est identifiée par le gouvernement comme l’une des 10 priorités dans le 3è Plan National Santé Environnement 2015-2019. L’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine a fait une priorité de la petite enfance (0-6 ans) dans sa stratégie régionale de prévention et promotion de la santé environnementale. Dans son guide à l’usage des professionnels de la petite enfance, les recommandations concernant l’usage de la vaisselle en plastique sont claires : « Privilégier pour la cuisson, la remise en température et le service, la vaisselle en verre, en inox ou porcelaine qui sont des matériaux simples, non identifiés comme sujet aux migrations moléculaires dans les aliments. »

La ville de Limoges, soutenue par l’ARS, s’est récemment engagée dans une expérimentation de crèche « sans perturbateurs endocriniens ».

Pourquoi la ville de Bordeaux n’en ferait-elle pas autant, en commençant par ses crèches et ses écoles ?

La réduction de l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens est un réel défi. La ville de Bordeaux, initiatrice d’un contrat local de santé, doit le relever au plus vite.

Enfin, la mairie dans son communiqué ne fait pas état du coût économique et environnemental de ces assiettes qu’il faudra remplacer tous les 500 lavages, dans une métropole qui a répondu à l’appel à projet « zéro gaspillage, zéro déchets » !

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