« Aux arbres, citoyens ! » – Notre tribune décembre 2018
Partager

Voilà, c’est fait. Ils ont osé.

L’abattage des 18 marronniers de la Place Gambetta a eu lieu très tôt le matin du 22 novembre 2018, dès 5 h. De nuit, c’est mieux, c’est tellement plus discret d’œuvrer à l’abri des regards réprobateurs.

Des mois de combat aux côtés du collectif « Les marronniers de Gambetta » se sont avérés vains.

Nous n’avons pu sauver les nobles marronniers, la plupart septuagénaires, dont le seul tort était de « masquer les façades remarquables XVIIIème de la Place ».

Une « lisière végétale transparente » viendra demain remplacer l’ombre imposante des vieux végétaux.

A l’heure de la lutte à mener contre le réchauffement climatique et pour la promotion des îlots de fraîcheur urbains, Bordeaux, ville déjà très minérale, s’illustre en choisissant de se priver du concours gratuit de nos meilleurs alliés.

Le réaménagement d’une place doit se faire en cohérence avec les enjeux climatiques actuels.

Or, la nouvelle place n’aura demain et dans 30 ans que peu d’impact sur la fraicheur de cette zone.

Bordeaux Métropole investit plus de 9M€ pour améliorer l’aspect visuel de la place et non son indice de fraîcheur.

Si le projet avait conservé les marronniers et le bassin de 488m2, l’indice « Ilot de Fraîcheur urbain » (IFU) aurait augmenté de manière significative.

En supprimant ces éléments de fraîcheur, il rend cet aménagement quasiment neutre en matière de confort urbain, avec une amélioration de l’ilot de chaleur grâce au nouveau revêtement du sol, plus clair que le bitume, mais une diminution de l’ilot de fraicheur.

L’aménagement de la place, avec sa zone piétonne au revêtement clair, n’a jamais été remis en cause par les défenseurs des arbres et du bassin semi-naturel de 488 m2 (lieu de biodiversité de la place), qui va se transformer en une fontaine « sèche » de 50m2 !

Cela, la communication de la mairie de Bordeaux oublie de le mentionner !

Ce 22 novembre 2018, jour de mépris et de saccage de notre patrimoine végétal historique, incarnera à l’avenir la victoire insolente d’un cynique vandalisme écologique municipal.

Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre.

Aux côtés du collectif, désormais rebaptisé « Aux Arbres, Citoyens ! », nous allons continuer de faire pression dans les instances démocratiques pour que la ville et la métropole ne sacrifient plus jamais des arbres sains au profit du développement et du réaménagement urbain.

Il est possible de densifier la ville et de sublimer son patrimoine minéral historique, tout en respectant, diversifiant et développant son patrimoine végétal. 

Nous avions fait dans ce but des propositions d’adaptation de notre plan local d’urbanisme, qui n’ont pas été prises en compte mais que nous continuerons de porter politiquement jusqu’à la fin de nos mandats actuels, et au-delà.