Canicule à Bordeaux : des mesures d’urgence doivent être prises pour lutter contre la pollution de l’air

En période d’épisode caniculaire, les fortes températures, l’ensoleillement important, la faiblesse du vent, la forte stabilité de l’atmosphère (avec peu de renouvellement de l’air) ont pour conséquence une pollution (particulièrement aux poussières et au dioxyde d’azote) qui stagne près de ses sources d’émissions, les routes urbaines notamment.

L’indice ATMO de la qualité de l’air à Bordeaux est aujourd’hui 30 juin 2015 de 8 sur une échelle de 1 à 10, ce qui traduit une qualité mauvaise.

Pour raison de santé publique majeure et à l’orée d’une nouvelle période caniculaire, les élu-e-s écologistes de Bordeaux demandent d’urgence à Alain Juppé :

– d’interpeller le Préfet afin que des mesures soient prises pour limiter la circulation automobile dans les jours à venir ;

– d’intensifier les mesures de sensibilisation des Bordelais aux risques sanitaires liés au transport routier en période de canicule.

A Bordeaux en 2013, l’indice ATMO mesurant la qualité de l’air a été entre 6 et 10 (médiocre, mauvais et très mauvais) sur 58 jours contre 49 jours sur un panel de 7 grandes villes de même strate (baromètre du développement durable de la ville de Bordeaux).

Voici quelques mesures qui nous paraissent incontournables :

Actions à mener en cas de pics de pollution :

– Instaurer la gratuité de tous les transports publics (TbC, Transgironde, TER).

– Prévoir la mise en œuvre de la circulation alternée pour les véhicules diesels, qui sont les principaux responsables de la pollution aux particules fines.

– Baisser la vitesse de 20km/h sur la rocade et les portions d’autoroute à proximité de l’agglomération.

Actions sur le fond :

– Appliquer une vaste zone 30 à l’ensemble de l’agglomération, hors grands axes.

– Mettre en œuvre un plan de sortie du diesel sur 10 ans : avec 80% des volumes de carburants consommés et 70% des ventes de voitures, la motorisation diesel est la principale responsable de la pollution aux particules fines. La mise en place d’une écotaxe diesel intelligente, tenant compte de critères sociaux, pourrait être instaurée, comme nous le demandons depuis des années.

– Mettre en place de zones de circulation à basse émission de particules et gaz polluants : créer des quartiers à très faible émission de polluants atmosphériques, à l’image des zones à faible émission qui existent déjà dans 200 villes européennes.

– Favoriser et sécuriser la circulation des vélos, notamment sur les boulevards

– Dédier la 3ème voie de la rocade au covoiturage et aux transports en commun : pour rappel, sur 5 véhicules en circulation sur la rocade bordelaise, 6 personnes sont transportées. Il suffirait de transporter une personne de plus parmi ces 5 voitures pour fluidifier le trafic automobile, soit une baisse de trafic attendu de 15%.

– Développer le télétravail à grande échelle : les déplacements domicile-travail sur la métropole sont effectués à 68% en voiture individuelle alors que seulement 12% des actifs télétravaillent une à deux fois par semaine. Ce nouvel outil de délocalisation du lieu de travail, dénommé « tiers lieu », est encore trop peu connu.

– Proposer un service de covoiturage clé en main : le taux d’occupation des véhicules n’est que de 1.2 sur la rocade bordelaise. Nous proposons un service de covoiturage qui intègre à la fois la recherche d’équipages, une garantie de retour en cas de défaillance du conducteur, des informations sur les emplacements d’aires de covoiturage sécurisés…

Pour rappel, le commissariat général au développement durable a évalué que la réduction de la pollution de l’air engendrerait de 20 à 30 milliards d’euros d’économies par an, une somme conséquente à l’heure des restrictions budgétaires généralisées.

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