Comment lutter contre les impacts du changement climatique à Bordeaux ? Notre tribune de l’été 2018

La Jallère vue aérienne

Le second rapport du comité scientifique régional AcclimaTerra, présenté récemment sous la direction d’Hervé Le Treut, nous rappelle que les territoires urbains participent à hauteur de 70% à la production des émissions de CO2.

Il précise que nous devons collectivement répondre à un impératif d’adaptation face à deux risques majeurs : les îlots de chaleur et le risque de submersion.

Pour lutter contre les îlots de chaleur, le rapport préconise deux leviers : d’une part, « le maintien d’une large ceinture verte et humide autour de la ville de Bordeaux », menacée par l’étalement urbain, et d’autre part, un  développement des espaces verts arborés, une « politique de protection de l’arbre dont les services écosystémiques sont nombreux ».

Il s’agit d’ une « priorité de l’action publique », selon le rapport.

Nous ne pouvons que souscrire à ces impératifs que nous ne cessons de prôner politiquement dans les instances où nous siégeons.

Par ailleurs, à Bordeaux Métropole, entre 85 000 et 115 000 habitants vivent en zone potentiellement inondable, et une politique de renforcement des digues ne suffira pas.

Le rapport soulève ainsi la contradiction entre les enjeux fonciers et économiques de reconquête des berges de la Garonne et l’impératif d’adaptation au changement climatique.

C’est pourquoi, depuis plus de 3 ans, nous souhaitons un débat public sur le projet d’urbanisation de la Jallère, territoire qui abrite les dernières zones humides de Bordeaux.

Le rapport propose plusieurs leviers pour que la Métropole réponde aux enjeux climatiques.

Tout d’abord, tendre vers une ville compacte, économe en énergie et en espace, articulée autour des grands axes de transport en commun. La densification est nécessaire, à l’échelle métropolitaine, tout en préservant la mixité sociale, le cadre de vie et l’accès à la nature.

Il nous incombe aussi de réduire l’impact carbone du trafic routier, impératif de santé publique. Pour cela, il est notamment  impératif d’encourager et de faciliter le covoiturage et les modes de transport actifs (marche, vélo) en développant un environnement propice : végétalisation, propreté, confort d’usage des trottoirs et des pistes cyclables à la hauteur des enjeux (vélo-rue, résorption des discontinuités)…

Le rapport souligne enfin un échec du portage politique du changement climatique, par « des décideurs locaux encore peu pénétrés de l’urgence climatique ».

Aujourd’hui, nous ne décelons, en effet, aucune cohérence dans les faibles actions de lutte contre le réchauffement climatique de la ville de Bordeaux.

Il existe pourtant une large palette d’instruments d’action publique pour construire la ville post-carbone.

Mais cela nécessite des dirigeant-e-s politiques disposés à porter, collectivement, ce projet, et des citoyens, sensibilisés, prêts à les soutenir.

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