Conseil municipal de Bordeaux du 28 septembre 2015 : notre compte-rendu

Interruption de séance, le théâtre du conseil municipal de Bordeaux 28/09/2015

Puisqu’on n’est si bien servi que par soi-même, puisque la presse locale ne relève que les incidents théâtralisés du conseil municipal et moins le fond des dossiers, nous proposons notre propre compte-rendu du conseil municipal de la rentrée :

  • Débat sur la LGV : Pierre Hurmic a demandé au Maire un débat sur la LGV‬ suite à la décision gouvernementale de valider la réalisation des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, prise au mépris du rapport sévère de la Cour des comptes et de la commission d’enquête publique qui considère ce projet comme une « infrastructure lourde et coûteuse », ne donnant « aucune garantie de service aux usagers », se faisant « au détriment des villes moyennes et des zones rurales », au « financement incertain » et à la « rentabilité insuffisante ».
    http://www.tv7.com/le-journal-du-lundi-28-septembre_4515572…
  • Fonds d’intervention locale : nous avons rappelé que nous voterons contre ces subventions municipales par quartier tant que la Mairie ne mettra pas en place des budgets participatifs dans les conseils de quartiers.
  • Convention territoriale du contrat de ville : au-delà des bonnes intentions de cette convention qui fixe un cadre de référence, nous attendons les plans d’actions concrets de la mise en oeuvre de la politique de la ville sur le territoire de notre commune. Notamment la mise en oeuvre des conseils citoyens dont la moitié des membres doit être tirée au sort. Pierre Hurmic a rappelé que si le tirage au sort était utilisé en matière pénale pour les jurys d’assise, on pouvait concevoir qu’il soit possible de faire confiance aux habitants des quartiers pour donner leur avis en amont des projets et pas seulement pour leur faire valider un processus décisionnel venant d’en haut. Delphine Jamet a rappelé le peu d’effet des précédents contrats de ville sur le niveau de vie des populations des quartiers ciblés. Nous aurions souhaité que soit évoquée l’idée innovante du revenu de base, qui pourrait être un moyen de changer de logiciel pour que ce soit l’activité sociale et citoyenne qui soit une priorité et non plus forcément l’emploi. Des jardins partagés au Grand Parc auraient pu être proposés et la situation du quartier de la Benauge et notamment du délabrement de son école publique a été signalée. Nous déplorons que cette école ne fasse pas l’objet d’un plan d’action en urgence.
  • Rénovation énergétique et lutte contre la précarité énergétique : Pierre Hurmic rappelle que ces dispositifs sont bien trop timides pour répondre aux enjeux : 144 logements  sont concernés sur un total de 130 000 résidences principales à Bordeaux, locataires et propriétaires confondus, soit 0.1%. Il rappelle qu’à l’échelle métropolitaine, atteindre le facteur 4 (diminuer par 4 nos émissions de GES d’ici à 2050) suppose de rénover  9 500 logements (640 000 m²) chaque année, soit environ 2000 logements/an à Bordeaux. Nous sommes très loin du compte.
  • Schéma directeur de la lecture publique et gratuité de l’inscription aux bibliothèques municipales. Delphine Jamet salue la volonté de structuration de la politique culturelle, même si nous attendons désormais les conclusions du document d’orientation culturelle duquel nous avons débattu en conseil municipal il y a déjà un an. Concernant le maillage du territoire, nous rappelons que pendant que Bordeaux stagne à 8 (et bientôt 9) bibliothèques de quartier, Rennes et Montpellier en comptent 11. Concernant les horaires et les jours d’ouverture, nous rappelons que certes Bordeaux se situe au-dessus de la moyenne des équipements pour les villes de plus de 100 000 habitants (qui est 40 heures hebdomadaires), mais que cela cache une grande disparité sur les autres bibliothèques de Bordeaux. C’est ainsi qu’on compte seulement 29h30 d’ouverture moyenne pour les 8 autres bibliothèques de quartier. Ce point souligne le manque de personnel disponible pour assurer l’accueil du public et des scolaires. Du fait des TAP, les écoles voient leurs créneaux d’accessibilité aux bibliothèques diminuer. Concernant la gratuité, celle-ci a un coût, mais nous sommes plutôt pour si la qualité du service ne s’en trouve pas diminuée et que les horaires d’ouverture s’élargissent, au-delà de 19h et le dimanche, comme c’est déjà le cas dans 7 des 38 bibliothèques de villes de + de 100 000 habitants étudiées par le ministère de la culture.
  • Dénomination des espaces publics : Pierre Hurmic intervient pour fustiger le changement de nom du parc d’activité de Bordeaux Nord et parc d’activité de Bordeaux Grand stade. Sachant que le Grand stade n’est pas l’appellation officielle du nouveau stade, il suggère de lui donner le nom de René Gallice, en hommage à cet illustre joueur et à l’hommage que lui ont rendu les supporters des Ultras Marines lors de la votation publique qu’ils ont organisée samedi 26 septembre pour remplacer le nom de Matmut Atlantique. Il profite de cette délibération pour demander au maire de revenir sur la fermeture du parc floral et du bois de Bordeaux durant les matchs. Le Maire lui a donné raison : « Il faudrait peut-être revenir en arrière sur la fermeture de ce parc ces jours-là » http://www.sudouest.fr/2015/09/29/juppe-face-a-la-guerilla-psla-succession-de-josy-reiffers-2138213-2780.php
  • Agriculture urbaine : Delphine Jamet a salué l’initiative privée du groupe Evolution, exploitant de Darwin Ecosystème. Elle a demandé que les soutiens à ce type d’initiatives devait être amplifié, rappelant que la métropole bordelaise ne dispose que d’ 1 jour et demi d’autonomie alimentaire. Pour ce faire, elle a suggéré la mise en œuvre d’un projet alimentaire territorialarticulation d’actions menées entre « bien produire » (agro-écologie, circuits courts, éco-conception, valorisation des produits bio énergie et bio matériaux, économie sociale et solidaire…) et « bien manger » (éducation à l’alimentation, lutte contre le gaspillage, agritourisme…), à l’échelle d’un territoire.
    Elle a également suggéré que la métropole réponde à l’appel à projets 2015 du Programme National pour l’Alimentation lancé jusqu’au 15 novembre 2015 : http://draaf.aquitaine.agriculture.gouv.fr/Appel-a-projets-2015-du-Programme où l’accent est mis sur la thématique de l’ancrage territorial de la production, via notamment les projets alimentaires territoriaux et l’approvisionnement local en restauration collective.
  • Déploiement de services sans-contact « NFC » sur le territoire bordelais. Delphine Jamet alerte le conseil sur le caractère encore peu sécurisé des données échangées via la technologie sans-contact, suite à des études de la CNIL depuis 2012. La CNIL recommande la réalisation d’études d’impact sur la vie privée pour toute utilisation de technologie de type sans contact. Tant que ces études d’impact n’ont pas été mises en œuvre, le groupe écologiste s’abstiendra sur ce type de technologies et sur les délibérations afférentes.
  • Adhésion de la Ville de Bordeaux au Pacte International des Politiques alimentaires en milieu urbain dit Pacte de Milan et à la Charte pour l’Efficacité Energétique des Bâtiments tertiaires publics et privé. Pierre Hurmic rappelle que Bordeaux est sans doute au palmarès des villes qui signent le plus de chartes et d’appels non contraignants et s’engagent le moins dans des objectifs concrets et dans leur évaluation.
  • Voeu relatif à l’engagement de la Ville comme terre d’accueil des réfugiés. Ce voeu était présenté par notre groupe et le groupe socialiste. Alain Juppé et sa majorité ont refusé de le voter, il a donc été rejeté au prétexte qu’il évoquait les réfugiés économiques et qu’il aurait fallu évoquer les contrôles à la frontière ! Mais on ne demandait pas à Alain Juppé de mettre en place une politique de l’immigration mais d’affirmer et d’appuyer la nécessaire solidarité qu’une commune doit mettre en place pour accompagner les réfugiés sur leur terre d’exil forcé…

Voici le voeu dans son intégralité, au lecteur de juger s’il ne pouvait être modifié pour être voté à l’unanimité :

Ces derniers mois, l’Europe voit arriver à ses frontières de nombreux réfugiés poussés par les crises politiques, économiques et climatiques. Il est du devoir de citoyen d’apporter à ces réfugiés des réponses de simple solidarité humaine. Cette prise de conscience incite nombre de familles de notre ville à proposer un accueil à leur domicile ou un accompagnement sous des formes très diverses mais à la fois concrètes et conviviales. Chaque année, notre collectivité rend hommage aux victimes des tragédies de notre passé et se fait un devoir d’assurer la transmission du souvenir auprès des jeunes. Nous ne devons pas passer à côté de l’Histoire qui s’écrit sous nos yeux et, fidèles à la tradition d’accueil de notre ville, nous devons porter aide et assistance à ceux qui nous demandent asile. Aussi, l’objet de ce vœu vise-t-il à déclarer notre commune « Terre d’accueil », à identifier toutes les possibilités d’accueil, en lien avec les associations engagées et compétentes dans ce domaine et les pouvoirs publics.

Le conseil municipal, réuni en séance le 28 septembre 2015, déclare la ville de Bordeaux « terre d’accueil » des réfugiés. A cette fin, le conseil municipal mandate le Maire pour mobiliser les moyens dont dispose la Ville afin d’accueillir de façon temporaire ou pérenne des réfugiés. Le conseil municipal mandate également le Maire pour coordonner ses actions avec les associations et les administrations nationales et locales. Le conseil municipal appelle les Bordelais à se mobiliser pour venir en aide aux réfugiés et s’engage à faire connaître toutes les initiatives de solidarité citoyenne sur ses supports d’information.

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