conseil municipal de février 2018 : projet de mandature, développement durable, orientations budgétaires et autres sujets où l’écologie devrait primer à Bordeaux

Pierre Hurmic Delphine Jamet conseil municipal de Bordeaux groupe écologiste

Le conseil municipal du 26 février 2018 a été médiatiquement très suivi, en raison de la polémique entre Laurent Wauquiez et Alain Juppé sur l’état des finances de la ville, et le positionnement de Virginie Calmels, enfin officiellement qualifiée de 1ère adjointe alors que le Maire avait toujours nié l’attribution de ce statut.

1/ C’est dans cette ambiance que le conseil a débuté autour de l’actualisation du projet de mandature 2014-2020 « Bordeaux : ville fraternelle, métropole européenne ».

Intervention de Pierre Hurmic :

Sur le fond nous aurons toujours les mêmes constats et les mêmes dissensions : des objectifs affichés qui ne correspondent pas toujours aux faits, quelques exemples :

– sur le projet urbain, vous écrivez « tout l’enjeu est de faire grandir la ville sans dénaturer son territoire et son paysage » (p5). Au vu de la réalisation de vos projets urbains, ne devriez-vous pas faire état de plus de réalisme ?

– Vous mettez en avant la production de logements sociaux (p13), et c’est bien normal vu le retard à rattraper, mais nous regrettons que sur certaines opérations immobilières d’envergure comme celle de l’ancien CCAS aux Chartrons, les promoteurs ont réussi à éviter, avec votre assentiment, la production de logements sociaux dans un quartier qui devrait en comporter 30% pour toute nouvelle opération d’aménagement !

– Sur la « ville nature » (p19), la démarche que vous qualifiez de « systématique » de verdissement de l’espace public sera évoquée par Delphine Jamet dans le cadre du rapport de développement durable (voir ci-dessous).

– Enfin sur la « démocratie quotidienne et la concertation » (p25), dernier paragraphe, vous avez une bien curieuse manière de co-construire compte tenu de l’imposition du stationnement payant au-delà des boulevards alors que ce n’était pas prévu dans votre programme électoral…

Concernant le stationnement payant, Pierre Hurmic a déploré le manque de concertation de la Mairie qui se targue pourtant, citant le rapport de développement durable, d’une « tradition de dialogue » et « d’une gouvernance locale reposant sur la co-construction avec les habitants » .

Il a insisté sur le décalage criant entre de telles affirmations et la réalité de terrain.

Il a rappelé qu’il y a 5 ans déjà le « Grenelle des mobilités de la métropole bordelaise », construit avec tous les acteurs de la mobilité, avait conclu que la régulation de la circulation automobile dans la métropole devait passer par une régulation du stationnement, et être prise en charge au niveau métropolitain.

Le « Grenelle » indiquait aussi que « le stationnement résidentiel doit être traité de manière multicritère, en prenant en compte les niveaux d’équipement, l’offre de voirie, les coûts de construction des logements etc. ».

Malheureusement, ces propositions n’ont pas été entendues par la municipalité bordelaise.

Un sondage récemment réalisé par Sud-Ouest et le message du collectif d’association Caudéran-Saint Augustin ne demandent pas le retour à la gratuité mais une souplesse des conditions tarifaires en fonction des conditions de vie des résidents, et des exercices professionnels.

Cette souplesse doit être assortie d’une batterie de mesures permettant aussi aux habitants et aux professionnels de changer leurs pratiques.

La Mairie doit être en mesure de faire une offre de parkings de proximité suffisante.

Il a également souligné le fait qu’on ne peut traiter de la même façon le stationnement à l’intérieur et à l’extérieur des boulevards.

Les différences de taux de motorisation indiquent des pratiques différentes de la voiture qui induisent une façon différente d’appréhender le stationnement.

Les chiffres que nous avons qui datent de la dernière enquête ménages publiée indiquent un taux de motorisation de 0.4 à 1 véhicule par ménage intra-boulevard et de 1 à 1.42 véhicules extra-boulevard, soit un nombre de véhicules multiplié par 2 à 3 !

Les pratiques de déplacement des résidents extra boulevards s’apparentent davantage à celles de villes comme Mérignac, Talence, Pessac ou Le Bouscat où les conditions sont plus souples : 2ème macaron riverain, autorisation de macarons temporaires…

Enfin, il a ajouté que le stationnement est un des maillons de la chaîne des mobilités qui ressort de la compétence de la Métropole. Pourquoi faire une exception pour le stationnement ?

2/ La seconde délibération dégroupée concerne la présentation du rapport de développement durable (DD) 2016 de la ville. C’est un dossier qui nous tient à cœur, à tel point que nous passons chaque année plusieurs heures en commission municipale (commissions municipales mensuelles préalables à chaque conseil municipal) pour faire part aux élu-e-s et aux services de nos commentaires, remarques et erreurs (relativement nombreuses) commises dans le dossier. Les erreurs sont la plupart du temps corrigées, parfois non, ce fut l’objet de nos commentaires peu amènes lors du rapport DD 2015.

Intervention de Pierre Hurmic
Monsieur le Maire, chers collègues,
Commençons par le positif : il y a une nette amélioration par rapport à l’année dernière :
– le document est meilleur, moins criblé d’erreurs et plus fidèle à la réalité même si nous aurons des remarques de fond et de forme,
– le document nous fournit une évaluation du précédent plan climat, même si cette évaluation est à parfaire, comme l’a indiqué Mme Walryck.
Même préambule qu’à la métropole, si nous sommes très vigilants et exigeants sur ce rapport DD c’est que nous considérons (comme le législateur au demeurant, qui l’impose avant le DOB) que la politique de développement durable doit sous-tendre toutes les autres politiques publiques, que l’enjeu climatique et écologique est l’enjeu primordial avant lequel passe tous les autres.
Pour que ces mots ne soient pas vains, il faut que cette ambition affichée soit traduite d’effets, année après année, c’est bien le rôle de ces rapports DD de nous indiquer comment la ville avance dans cette transition écologique et énergétique qui s’impose.
Cette traduction ne nous convainc pas : quelques exemples.

1/ Sur les déchets : en introduction du rapport, vous évoquez le chiffre de 322kg/hab/an de déchets collectés, en baisse par rapport à 2015.
D’abord il s’agit de chiffres de la métropole et non de la ville, il aurait été heureux de le préciser, comme nous vous l’avions fait remarquer en commission. Nous aurions par exemple aimé savoir si la multiplication des jours de collecte à Bordeaux nous a permis de réduire la quantité de déchets produits. Nous pensons le contraire.

2/ Deuxième exemple : le lien entre circulation et qualité de l’air à Bordeaux. Certes depuis 10 ans, les services de la métropole ont constaté une baisse de 3.5% de circulation sur les boulevards bordelais et de 11.3% sur les cours. Mais cette baisse tendancielle n’a pas été constatée en 2016 où la circulation a augmenté de 4.2% sur les cours, avec un report des boulevards vers les cours – source : bilan 2016 de la stratégie métropolitaine des mobilités.
Et l’on continue de constater, malgré cette baisse, un fort enjeu de pollution sur les axes majeurs (cf cartographie ATMO-NA).
Vous-même, Mr le Maire, indiquiez récemment que la pollution à Bordeaux « rejoint les niveaux parisiens » et nous venons de vivre jeudi 22 février dernier un épisode de pollution aux particules fines PM10 particulièrement situé selon les cartes d’ATMO sur les zones de circulation majeurs (rocade, boulevards, pénétrantes).

Sur les énergies renouvelables, vous nous dites qu’on arrivera à passer de l’objectif de 10% en 2016 (presque atteint puisque que nous serions à 9.5%) à 23% grâce au développement des réseaux de chaleur, à la plateforme Ma Renov et au tiers financement de la SEM BM énergie, au cadastre solaire et aux hydroliennes.
On peut oser vous croire, mais la ville devra être exemplaire sur ses propres opérations et ce n’est pas le cas concernant le solaire photovoltaïque (souvenez-vous du contre-exemple du gymnase Virginia, de la toiture du marché des Capucins ou du programme du Nouveau stade très pauvre en panneaux solaires…).

De même, espérons également que la plateforme de rénovation énergétique « Ma Rénov » mette les bouchées triples car nous sommes pour l’instant à 20% de la réalisation des objectifs de rénovation énergétique des logements fixés pour la métropole, pourtant, depuis 2011(1860 rénovations en 2016 sur un objectif de 9000/an). A ce rythme il nous faudrait 113 ans pour rénover tout le parc (et 23 ans au rythme de l’objectif fixé soit jusqu’en 2041 si nous parvenons à 9000 en 2018 !)

Autre exemple, sur l’éclairage public « performant et innovant », vous pointez les économies d’énergie réalisées grâce à l’optimisation de l’éclairage public et c’est très bien, mais cela fait 5 ans, Mr le Maire, que l’arrêté ministériel demandant l’extinction des vitrines et des bureaux entre 1h et 7h du matin n’est pas respecté à Bordeaux, nous vous le demandons depuis 2014. Qu’attendez-vous ? On ne va pas, conseil municipal après conseil municipal, rapport de DD après rapport de DD, vous vanter les mérites de l’extinction nocturne des vitrines en matière d’économies d’énergie et de CO2 ?
De même, Mr le Maire, nous souhaiterions que vous lanciez une étude sur l’extinction de l’éclairage public à Bordeaux. Si cela n’est peut-être pas possible dans l’hyper-centre, cela pourrait être envisageable dans les quartiers entre cours et boulevards et extra-boulevards ?
Même Thomas Pesquet qui a réalisé la photo de votre carte de vœu, vantant les mérites esthétiques (mais pas écologiques) de l’illumination de Bordeaux la nuit, avouait au journal « les échos » en octobre 2017 : « C’est vrai que c’est magnifique l’Europe éclairée, ce tapis de lumière, mais on se demande parfois pourquoi tout est encore allumé à 23 heures ? »
D’autres villes se sont lancées dans la métropole, Bordeaux doit a minima l’expérimenter.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, nous avons passé du temps en commission municipale pour faire évoluer ce rapport : par exemple mentionner la mise en œuvre du plan d’action pour développer l’agriculture urbaine à Bordeaux que nous avons voté au conseil municipal de mars 2017, ou bien préciser que les 400 foyers en situation de précarité énergétique accompagnés dans le cadre du SLIME (service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie) représentent seulement 3% des foyers en précarité recensés… Ce n’est pas assez, Mr le Maire.

Un rapport de DD n’est pas là pour montrer que Bordeaux est performante partout mais aussi pour souligner les points à améliorer.

Delphine Jamet se livre ensuite à un plaidoyer en faveur des arbres et contre l’abattage des arbres sains à Bordeaux :

Monsieur le Maire, chers collègues

Comme chaque année ce rapport de développement durable ne nous permet pas de débattre des orientations budgétaires qui permettraient de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.
Mais au moins, cette année, c’est clairement énoncé.
Ainsi, il met en avant certaines actions positives, notamment celles en matière d’économie d’énergie réalisées par la collectivité et le bilan du Plan Climat nous donne une certaine vision des avancées, retards et du manque de données de la collectivité dans la lutte contre le dérèglement climatique.
Suite aux discussions que nous avons eu avec Mme Walryck nous espérons que sera présenté dans un prochain conseil un document qui nous permettra de comprendre vers où et quoi s’oriente la ville de Bordeaux en matière de DD, ne serait-ce qu’en déclinant pour Bordeaux le plan d’actions pour un territoire durable à haute qualité de vie voté l’an dernier à la Métropole ?

En attendant, aujourd’hui, j’ai décidé, Monsieur le maire de suivre votre conseil de l’an dernier en vous parlant de la santé et du porte-monnaie des Bordelais sans pinailler sur le nombre d’arceaux à vélos même si ce sujet n’est à mon sens pas anecdotique et que les chiffres ne sont encore pas fournis cette année!

C’est pourquoi j’interviendrai sur la place des arbres dans notre cité, qui comme vous le savez jouent plusieurs rôles majeurs au sein de nos villes.

En effet, les arbres urbains jouent un rôle important dans le confort thermique de la ville, dans la capacité de stockage du carbone, dans l’infiltration des eaux pluviales, dans la captation de certains polluants. Mais ils sont, aussi, essentiels dans la protection de la biodiversité puisqu’ils permettent de constituer des corridors biologiques, de favoriser la présence de très nombreuses espèces végétales et animales, la production de sols, la production d’oxygène… Les arbres apportent un caractère qualitatif au paysage urbain, un support d’éducation à l’environnement, à la biodiversité, d’activités artistiques et sportives. Et, enfin ils rendent des services d’approvisionnement (bois-énergie, fruits, BRF).

Pourtant ce formidable outil vivant de lutte contre le changement climatique et contre les polluants, qui apporte tant de services culturels et sociaux et de soutien à la biodiversité est malmené à Bordeaux. Outre le fait que notre ville est une ville minérale, de 2015 à 2018 plus d’une centaine d’arbres auront été coupés.

Ce que j’aimerais donc voir un jour dans votre rapport DD c’est de quelle manière la ville met en œuvre une gestion cohérente et globale en matière de patrimoine arboré pour évaluer les essences d’arbres et notamment :
la capacité de l’essence à stocker le carbone tout au long de sa vie
La capacité de l’essence à impacter sur le confort thermique d’été par ombrage et évapotranspiration
La capacité de l’essence à résister au changement climatique dans un scénario +2°c compte tenu de son adaptation au climat et au sol
La capacité de l’essence à participer à la biodiversité en tant qu’hôte ou producteur de nourriture
La capacité de l’essence à stocker ou éliminer des polluants atmosphériques
La capacité de l’essence à ne pas produire d’allergènes

A partir du recensement réalisé ces dernières années, il conviendrait donc que la ville réalise une analyse de l’impact du patrimoine arboré existant sur le climat, la biodiversité, le confort thermique urbain et la santé publique, ce qui permettrait de déterminer l’impact de la coupe d’arbres urbains existants et donc de voir comment réaménager des espaces publics de façon cohérente en matière de développement durable.

Pour ce faire, il serait intéressant que la ville se procure un outil lui permettant de réaliser des scénarios de coupe et de plantation et d’en évaluer l’impact sur la séquestration du carbone, sur la biodiversité et le climat urbain.
Des villes comme Lille, Grand-Synthe, Lens et Amiens se sont dotés d’un tel outil. A Bordeaux, on recense, on fait des outils numériques grand public et on coupe sans discernement, ce qui est à mon sens loin d’être une politique de développement durable. La Nature est encore trop souvent considérée comme une variable d’ajustement des projets urbains alors que sa protection devrait être érigée en principe absolu.

Et, si on veut parler au porte-monnaie des bordelais, sachez M. le Maire, que selon une étude américaine, chaque dollar investi dans la plantation et l’entretien d’un arbre au bord d’une rue en rapporte en moyenne 5,82 compte tenu de leur impact sur la société.

Alors vous voyez avec les arbres on parle santé, porte-monnaie, lutte contre le dérèglement climatique, biodiversité et tant d’autres sujets qui semblent anecdotiques à certains et qui pourtant j’en suis certaine intéresse au plus haut point nos concitoyens puisqu’ils sont plus de 4300 à avoir signé la pétition pour la sauvegarde des marronniers de Gambetta.

Voilà donc, entre autre, de quoi devrait nous parler le rapport DD. Cette démonstration, j’aurai pu la faire avec les mobilités actives, les perturbateurs endocriniens, la rénovation thermique des logements, l’éclairage public… Tous ces sujets traitent de la santé et du porte-monnaie des bordelais et pourtant rien dans ce rapport ne nous permet de nous satisfaire de la situation actuelle et nous conforte dans notre sentiment que nous ne sommes pas encore à la hauteur des enjeux.

La réponse de Magali Fronzes, adjointe à la « ville verte » :

Madame JAMET, vous parliez d’étudier la capacité des essences à résister face au changement climatique.
Aujourd’hui, sachez que pour réduire la vulnérabilité du patrimoine arboré urbain, il est nécessaire de diversifier la palette végétale, utiliser davantage d’essences indigènes porteuses de biodiversité et enrichir la palette des espèces introduites, et c’est ce que nous faisons sur Bordeaux. La ville s’est donc fixée comme objectif que la proportion de chacune des différentes essences ne dépasse pas, à terme, 15 % des effectifs totaux. Et de plus, les nouveaux aménagements prévoient au minimum 20 % d’espèces indigènes et les essences directement menacées par des
maladies ne sont plus aujourd’hui plantées. À terme, le patrimoine arboré bordelais sera moins sensible et plus adaptable, car plus diversifié.
Pour cela, la ville commande des études prospectives afin d’apporter des arguments factuels sur les rôles et la place de l’arbre en ville parce que là, je vous rejoins, Madame JAMET, effectivement, les arbres ont un rôle très, très important en ville que l’on appelle services écosystémiques, comme la lutte contre les îlots de chaleur urbains,
par exemple.
Pour en revenir sur la coupe des arbres, je commencerai par dire et Monsieur le Maire, vous ne me contredirez pas, je pense, que ce n’est jamais un plaisir de couper des arbres. Je souhaitais un peu prendre de hauteur et objectiver les choses. Vous parliez, Madame JAMET, d’un inventaire que vous auriez pu faire entre 2015 et 2018 de plus
d’une centaine d’arbres coupés à Bordeaux. Sachez qu’au minima, nous les remplaçons quasiment tous, voire nous en plantons plus dans certains projets urbains. Sachez que sur Bordeaux, par exemple, nous avons planté 740 arbres cet hiver. Effectivement, ce sont des chiffres qui pourraient apparaître dans le rapport de développement durable.
En moyenne, sur les 15 dernières années, ce sont environ, en moyenne, 1 000 arbres que nous plantons chaque année. Donc, certaines années plus, certaines années un peu moins. Et le patrimoine arboré de la Ville de Bordeaux est constitué d’environ 46 000 arbres sur l’espace public et là, je ne compte pas le bois de Bordeaux et les espaces
naturels du nord de la ville
. Donc, remettons un peu les choses dans leur contexte et prenons un peu de hauteur.
Le développement du patrimoine arboré ainsi que sa gestion durable est bel et bien une priorité pour notre ville. »
Nous regrettons que l’open data de la ville de Bordeaux contredise les propos de Mme Fronzes en ne recensant « que » 34 494 arbres à Bordeaux : http://opendata.bordeaux.fr/content/patrimoine-arbore

3/ La troisième délibération degroupée concerne le rapport sur les orientations budgétaires pour 2018

Intervention de Pierre Hurmic

1/ Le rapport sur les orientations budgétaires 2018 présente, en introduction, les principes de la politique de contractualisation de l’Etat avec les 322 plus grandes collectivités locales (qui ont des dépenses de fonctionnement supérieurs à 60M€) dont Bordeaux fait partie, avec une prévision de 345M€ de dépenses réelles de fonctionnement pour 2018. Le rapport présente le processus national de contractualisation comme traduisant la volonté du gouvernement de « donner de la lisibilité aux collectivités locales ». Mais il peut aussi être appréhendé comme une sorte de « mouvement de recentralisation » de la part d’un pouvoir jupitérien et jacobin, l’Etat imposant une rigueur aux collectivités locales qu’il ne s’impose pas à lui-même, puisque les budgets des collectivités doivent être à l’équilibre, alors que celui de l’Etat est structurellement déficitaire. Le principe de libre administration des collectivités locales pourrait sembler de ce fait remis en cause par ce gouvernement, ce qui explique d’ailleurs pourquoi certaines collectivités territoriales, notamment les régions (comme la nôtre) refusent cette contractualisation.

2/ Par ailleurs, toujours concernant les recettes de fonctionnement, et en particulier les recettes fiscales, la ville propose de relever la surtaxe sur les résidences secondaires de 20% à 50%. C’est ce que nous avions proposé par trois fois au conseil en avril 2014 puis en juin 2015 puis en juillet 2017 ! Frédéric Garnier, le directeur général des finances à la mairie de Bordeaux admet dans « les Échos » que le taux à 20 % en vigueur depuis un an dans la capitale girondine ne s’est pas révélé très efficace face aux 150 % de croissance d’Airbnb.
Si la ville était passée de 20% à 60% de surtaxe des résidences secondaires l’année dernière, comme nous vous le demandions, elle aurait récupéré 2 millions d’€ de recettes supplémentaires !

3/ Enfin, je voudrais terminer par une remarque sur la métropolisation. Vous indiquiez à l’occasion du précédent DOB, Mr le Maire (CM 12/12/2016) : « Si le texte -concernant les attributions de compensation en investissement- est définitivement voté, nous envisageons de transférer d’autres équipements sur des bases différentes en redéfinissant un peu les transferts et notamment les répartitions de compétences. Mais on ira plus loin. Il est tout à fait normal, par exemple, que l’Opéra de Bordeaux et le Grand théâtre soient considérés comme des établissements métropolitains, ça tombe sous le sens. » Nous regrettons que l’état des finances de la ville ne permette plus ces transferts.

DELEGATION DE Madame Virginie CALMELS

D-2018/32 Convention de partenariat pour l’organisation et la participation de la Ville de Bordeaux au Marché International des Professionnels de l’Immobilier (MIPIM. – 3-16 mars 2018. Attribution de subvention. Décision. Autorisation. Signature.)

Nous votons contre cette subvention de 5000€ de la ville pour un salon dont l’objet est « d’attirer investisseurs et promoteurs immobiliers. » et que la métropole subventionne déjà à hauteur de 141 000€ cette année. C’est déjà trop.

DELEGATION DE Monsieur Nicolas FLORIAN

D-2018/35 25, rue Sainte Philomène. Bordeaux. Désaffectation. Déclassement de l’immeuble communal. Décision. Autorisation

D-2018/36 Mise en vente par adjudication d’une habitation communale sise 25, rue Sainte Philomène à Bordeaux. Décision. Autorisation

Nous votons contre ces deux délibérations qui concernent la vente d’une maison ancienne de 140 m2 sur 1 étage aux Chartrons près du cours du Médoc, sur une parcelle de 256m2 : http://bit.ly/2EnDNct. L’immeuble est aujourd’hui en très mauvais état, il est muré et Delphine Jamet demande à la ville de ne pas laisser ainsi son patrimoine dériver à l’abandon durant des années, ce qui l’induit ensuite à le brader…

D-2018/37 Statut des Assistant(e)s Maternel(le)s employé(e)s sous contrat à la Mairie de Bordeaux. Décision. Autorisation

Suite à notre intervention d’abord en commission municipale puis lors du dernier conseil municipal, la délibération précédente a été retirée (elle fixait la durée journalière de travail des assistantes maternelles à 13h !), dans cette nouvelle présentation, la durée quotidienne de travail des assistant(e)s maternelles passe de 13h à 9h !

Delphine Jamet remercie le maire d’avoir retiré cette délibération suite à son intervention et se félicite de ce gain de 4h dans la durée quotidienne de travail de ces agents.

D-2018/39 Politique voyages et déplacements de la Ville de Bordeaux, du CCAS de Bordeaux et Bordeaux Métropole Décision – Autorisation

Nous votons contre cette délibération. Par mesure d’exemplarité et d’économies de moyens, nous préconisons que les remboursements de nuitées agents et élus soient identiques soit 100€ pour les villes de plus de 200 000 hab et 80€ pour les autres villes. Les élu-e-s reçoivent par cette délibération respectivement 180€ ou 120€ quand ils sont en représentation.

D-2018/40 Fonds d’Intervention Local 2018. Affectation de subventions.

D-2018/55 Fonds d’investissement des quartiers 2018 – quartier Nansouty-Saint Genès – Subvention d’équipements

Nous votons systématiquement contre les délibérations relatives aux fonds d’intervention local et au fonds d’investissement des quartiers au titre de l’absence de budgets citoyens participatifs (voir conseils précédents).

DELEGATION DE Monsieur Jean-Louis DAVID

D-2018/54 Dénominations de voies et d’espaces publics

Intervention de Delphine Jamet sur le Pont Simone-Veil et les pistes cyclables en général à Bordeaux.

Je souhaite à l’occasion de cette délibération rappeler au nom de notre groupe notre pleine adhésion à l’attribution du nom de Simone-Veil au nouveau pont en construction. Et, heureusement que son nom apparaît aujourd’hui car cela féminise un peu la délibération !
Par ailleurs, l’attribution du nom de cette grande dame au nouveau pont métropolitain me permet d’attirer votre attention sur les futurs aménagements de ce pont. En effet, à travers tous les supports de communication de Bordeaux Métropole le flou le plus total apparait sur la continuité de la piste cyclable bidirectionnelle.
Monsieur, le Maire je vous invite à regarder de plus prêt l’ensemble des images disponibles sur ce pont et vous constaterez comme moi que la piste cyclable s’arrête au milieu du gué et qu’elle n’est pas matérialisée au sol par un revêtement spécifique.

pont Simone-Veil Bordeaux

Pont Simone-Veil Bordeaux

Vu l’origine de l’équipe qui a gagné le concours, j’ai un mal fou à croire qu’il s’agisse de leur projet vélo pour ce pont. Je me permets donc aujourd’hui Monsieur le Maire, mais aussi Monsieur
le Président de Bordeaux Métropole, de vous rappeler la recommandation du CEREMA en matière de piste cyclable : « la séparation obligatoire entre le cheminement piéton et cycliste doit être
repérable et détectable…. La différenciation des espaces piétons et cyclistes doit être sans ambiguïté pour tous les usagers, y compris les personnes aveugles et malvoyantes…. »
Cela fait plusieurs fois que j’attire l’attention de la municipalité sur ces problématiques. Je l’ai fait pour le cours Lucien Faure en octobre 2014 en demandant si une piste cyclable sécurisée était prévue et on apprend aujourd’hui qu’elle a été oubliée dans la conception du cours. Pourtant vous m’aviez certifié avec M. David que c’était le cas !
De même, j’ai attiré votre attention sur les futurs conflits d’usage entre piétons et cyclistes qui ne manqueront pas d’avoir lieu place Gambetta sans matérialisation au sol des cheminements. Mais là encore, on fait la sourde oreille…
Il faut donc de façon urgente des clarifications sur la qualité du revêtement et la séparation des espaces dédiés aux piétons et aux cyclistes sur le pont Simone-Veil qui sera un axe majeur de
déplacements urbains et non une aire de promenade. Je vous rappelle que cette piste est comprise dans le projet de Réseau Express Vélo, voté dans le plan vélo de Bordeaux Métropole et pourrait en être son plus beau témoin notamment si vous l’élargissez à 4 m au lieu des 3 m minimalistes annoncés et suivez les recommandations citées précédemment.

DELEGATION DE Madame Emmanuelle CUNY

D-2018/56 Constitution d’un groupement de commandes dans le domaine de l’acquisition de fournitures, outils et jeux pédagogiques pour les crèches, les écoles et l’ensemble des services des villes de Bordeaux, Mérignac et Carbon Blanc.

Nous votons contre au nom du principe de précaution, car le CCTP du marché que nous avons demandé en commission ne va pas assez loin, aucun label « éco-responsable » n’est mentionné et nous avons un doute sur la peinture epoxy citée dans ce marché.

Délégation permanente du Conseil Municipal à Mr le Maire

D-2018/60 Délégation permanente du Conseil Municipal à Monsieur le Maire. Notification de marchés de la ville de Bordeaux du 1er janvier au 31 décembre 2017. Compte rendu au Conseil Municipal

Intervention de Delphine Jamet 

Je souhaite aujourd’hui attirer votre attention sur la composition des couches de la marque « pommette » de la société « les celluloses de brocéliande » à qui vous avez attribué le marché pour la fourniture des couches jetables pour les établissements d’accueil des jeunes enfants. En effet, ces couches contiennent des composants  organiques volatiles alors que vous nous avez annoncé à l’occasion du dernier conseil qu’elles étaient sans produit toxique.

Et pourtant, d’après l’étude menée par 60 millions de consommateurs en février 2017, les couches « pommette »  contiennent des traces de COV (toluène et styrène, classé comme cancérogène possible par le CICR). Les nourrissons étant particulièrement sensibles aux substances toxiques, le principe de précaution doit prévaloir, Il existe des couches sans ces composés organiques volatiles et autres produits à risque pour les enfants mais encore faut-il les chercher et les exiger en amont du lancement du marché public !

Suite à cette intervention, Brigitte Collet se dit ouverte à toute proposition de couches plus saines.

Retours dans la presse :

http://www.sudouest.fr/2018/02/27/calmels-poussee-a-s-exprimer-4234143-2780.php?xtmc=hurmic&xtnp=1&xtcr=2

Extrait de l’article de Rue 89 Bordeaux « Un budget sous influence jacobine

« Une caisse cramée, c’est beaucoup de CO2 même si ça libère une place de stationnement », remarque astucieusement Pierre Hurmic, en référence aux deux premiers sujets abordés en conseil, le rapport sur la situation en matière de développement durable de la Ville, et le looooong et Xe débat sur la politique de stationnement.

Le conseiller municipal écologiste est aussi le seul à s’inquiéter du « mouvement de recentralisation d’un pouvoir particulièrement jacobin ». Il fait référence à la nouvelle règle d’or, qui contraint les grandes villes et établissements intercommunaux à ne pas augmenter de plus de 1,2% leurs dépenses de fonctionnement.

Celles de Bordeaux seront ainsi limitées à 1,17% en 2018. « Le principe de libre administration est malmené, et cette rigueur ne s’impose pas puisque le budget des collectivités locales doit être structurellement à l’équilibre », rappelle Pierre Hurmic. Il souligne en outre que leurs ardoises cumulées pèsent moins de 9% de l’ensemble de la dette publique.

« Je vous ai connu plus critique sur la sévérité de l’État envers les collectivités », lance-t-il à Alain Juppé. Cela n’a sans doute rien à voir avec la présence à Matignon du très juppéiste Édouard Philippe. »

Remonter