Conseil municipal du 26 septembre 2016 – PRÉSENTATION du RÉAMÉNAGEMENT de la PLACE GAMBETTA – Place des arbres – devenir des marronniers (extraits du PV)

Les marronniers de la Place Gambetta - Bordeaux

Lors du conseil municipal du 26 septembre 2016, le projet de réaménagement de la place Gambetta a été présenté, après le vote lors du Conseil métropolitain du 23 septembre 2016, du choix de l’équipe de maîtrise d‘œuvre lauréate pour l’aménagement de la Place Gambetta. Il s’agit de West 8, associé à Sabine HARISTOY (paysagiste), le Bureau d’étude CETAB et les Éclaireurs.

LE MAIRE

Merci Monsieur MAARTEN VAN DE VOORDE (West 8). Merci de cette présentation pour ce beau projet.

(Applaudissements)

Nous avons encore un peu de temps pour le mettre définitivement au point puisqu’entre le moment où nous approuvons ce projet et le moment où les travaux vont commencer, nous avons encore beaucoup d’obstacles à franchir :

– Vraisemblablement une modification du plan de sauvegarde des secteurs à sauvegarder à la demande de l’Architecte des Bâtiments de France,

– Une étude 4 saisons qui, par définition, dure 4 saisons,

– Un permis d’aménagement à délivrer par Bordeaux Métropole,

– Et peut-être des fouilles archéologiques.

Tout ceci va vous permettre de réfléchir à la fontaine. Nous avons à Bordeaux de belles expériences en la matière et des expériences désastreuses. Nous avons une très grande difficulté à faire fonctionner les fontaines à Bordeaux.

Je ne sais pas pourquoi, mais je le constate.

Ça va vous permettre aussi de réfléchir à une question à laquelle je suis extrêmement sensible. Je vous assure qu’il faudra beaucoup de conviction pour me convaincre d’abattre des marronniers sains. Les marronniers malades, au vu d’une étude phytosanitaire précise, on sera bien obligé de les abattre, mais ceux qui sont sains, il va falloir que vous trouviez un autre cheminement pour les conserver parce qu’on n’aime pas abattre les arbres à Bordeaux.

Je suis Landais, c’est vrai que les pins, ça se coupe parce que c’est une exploitation industrielle. Mais enfin, on préfère garder les beaux arbres.

À part cela, je vous félicite pour ce projet qui, je crois, est très en phase avec l’esprit de cette place magnifique qu’est le cœur de Bordeaux et le cœur de notre Agglomération, le cœur d’une fréquentation touristique aussi considérable.

Voilà, je donne la parole aux collègues qui veulent s’exprimer. Madame JAMET.

MME JAMET

Monsieur le Maire, Chers Collègues, bonjour. Je vous remercie pour cette présentation. À ce qui me paraît, effectivement, c’est un projet qui me semble plutôt bien dans l’ensemble, mais par contre, dans la présentation, ce qui m’a manqué, c’est la place du vélo. Au niveau de cheminement parce que la Place Gambetta est un lieu de circulation importante et notamment pour les cyclistes et, aujourd’hui, on voit aussi les difficultés qu’ont les cyclistes à traverser à certains endroits et même si aujourd’hui, on a les couloirs de bus qui ont amélioré la chose, mais dans vos dessins, dans votre projet, on ne voit pas du tout comment on va pouvoir faire la mixité entre le piéton et le vélo qui est une chose très problématique à Bordeaux. Madame DESSERTINE sait de quoi je parle puisqu’à toutes ces réunions de quartier, souvent les riverains en parlent. Si on ne le matérialise pas bien, je pense que ça va porter des problèmes à la cohabitation de tout ce beau monde sur cette Place Gambetta. À mon sens, c’est quelque chose de très important sur lequel il faut réfléchir vraiment en amont parce que le vélo va se développer, c’est une certitude. Et avec une place comme ça où on met autant d’espace, forcément les vélos vont l’assiéger.

Je vous remercie de répondre à cette question et je remercie Monsieur le Maire aussi d’être intervenu sur les marronniers sains parce que nous portons aussi beaucoup d’intérêt au fait de ne pas couper des arbres sains. Merci.

(…)

MR HURMIC

Monsieur le Maire, mes Chers Collègues, tout d’abord un mot de remerciement à l’équipe d’architectes et paysagistes qui nous présente aujourd’hui ce beau projet de réaménagement de la Place Gambetta. Cela m’amène néanmoins à poser trois questions : deux qui leur sont destinées et une qui vous est plus particulièrement destinée, Monsieur le Maire.

J’en viens aux deux premières qui seront brèves. La première, c’est dans le projet initial que vous avez proposé, ce jardin était entouré de grilles, ce qui n’était pas très heureux. Vous pouvez peut-être me répondre en disant qu’historiquement il avait été, à une certaine époque, effectivement grillagé. Mais je pense que le projet tel qu’il a évolué, qui nous est aujourd’hui présenté, dégagé de toute entrave grillagère est de loin beaucoup plus séduisant que celui que vous aviez initialement envisagé. Ma question : « Pourquoi est-ce que vous aviez envisagé ces grilles ? »

Ma deuxième question porte sur les marronniers. Je suis intervenu vendredi dernier, quand on a découvert ce projet lors du Conseil de Bordeaux Métropole, pour manifester nos inquiétudes sur la présence de ces marronniers. Je dois vous avouer que votre intervention ne m’a pas totalement rassuré sur ce sujet lorsque je vous cite, vous nous avez indiqué que les marronniers seraient partiellement récupérés en vue d’une expression que je déteste, optimiser l’espace, c’est technocratique comme tout, optimiser l’espace. Vous avez rajouté « Pour un marronnier déraciné, un autre arbre sera planté« . Nous n’abordons pas totalement la question sous ce même angle. J’ai sous les yeux le programme d’aménagement de septembre 2015 tel qu’il vous avait été proposé et auquel était jointe une étude phytosanitaire faite par la Mairie de Bordeaux qui concluait au bon état général des marronniers. Nous sommes partis du principe que cette étude vous donnait un peu la direction de conserver des marronniers considérés comme étant en bonne santé.

Ma question est « Combien avez-vous l’intention d’enlever de marronniers ? ».

Vous avez l’intention de les remplacer, j’ai cru deviner sur les photos que vous nous proposez aujourd’hui certaines espèces plus exotiques puisque j’ai aperçu un palmier, j’ai aperçu également un érable du Japon. Effectivement, c’est des arbres d’ornement très courants, mais j’aimerais aussi, une nouvelle fois, insister sur notre attachement autour des arbres que je qualifierais d’indigènes auxquels les Bordelais sont très attachés que sont ces marronniers et notamment des marronniers qui sont en bonne santé.

Enfin, troisième et dernière question, elle s’adresse plutôt à vous, Monsieur le Maire. Cette place présente entre autres le mérite d’être un îlot urbain de circulation très apaisée et je vous remercie d’avoir donné cette dimension pour nous, très importante à ce projet, mais ma question est la suivante : « La place est desservie notamment par la rue du Docteur Charles Nancel Pénard qui est très, très routière, qui fait venir sur cette place une circulation automobile assez importante. J’imagine, c’est ma question, mais je pense que la réponse sera positive que vous envisagez parallèlement aux travaux de la Place Gambetta de reconfigurer cette rue Charles Nancel Pénard pour qu’elle soit beaucoup moins routière que la rue que nous connaissons actuellement ». Je vous remercie.

(…)

MAARTEN VAN DE VOORDE

Oui, merci pour les questions. Ça veut dire que cette place a une très grande importance pour vous tous. Mais je réponds peut-être avec les choses plus techniques d’abord. C’est-à-dire pour les vélos, comme j’ai compris, nous avons voulu vous présenter un bord qu’on appelle des trottoirs. Les trottoirs sont élargis, mais au niveau du fonctionnement, les trottoirs ont différentes fonctions. J’ai expliqué que c’est un trottoir classique. Ça peut former des terrasses, mais il y a aussi de l’espace pour les livraisons, les accès, l’accessibilité. C’est aussi important pour les pompiers la sécurité, que la ville reste accessible. Et aussi là, il y a de la place pour les vélos. On n’a pas voulu organiser l’un à côté de l’autre, toutes ces choses avec des lignes et des matériaux, mais on est ouvert dans un débat avec les services, avec vos expériences. Vous avez au cœur dans votre centre-ville qui a beaucoup d’espaces partagés. Là, vous avez beaucoup d’expériences comment ça fonctionne en meilleur état qu’il y a un équilibre entre la sécurité, la visibilité où il y vient des voitures ou pas, les différentes vitesses de transport, c’est-à-dire en vélo ou en mobylette, des trucs comme ça qui sont plus vite que des piétons. On connaît toutes ces problématiques, mais pour créer un système comme un rond-point comme il l’était, ce n’est pas l’enjeu ou le concept du projet.

C’est chercher dans l’esprit une zone partagée, de l’organiser de la meilleure façon pour que les modes puissent circuler d’une façon sécurisée.

Deuxième question : aménagement de jardin avec des bancs. On a voulu créer les bordures, la fontaine qui est définie par un bord qui est, à la fin, qui peut servir de banc. Aussi, les bordures qui sont dans des endroits un peu plus hauts qui intègrent le parc sont des bancs informels. On est très favorable pour créer des possibilités de s’asseoir à des éléments plus informels que des bancs de 2 m et de 3 m. Si on en place 5, peut-être ils sont remplis et les autres gens ne peuvent pas s’asseoir. On a ici au linéaire, on a beaucoup de possibilités de s’asseoir. Là, on est convaincu, on a cette expérience dans plusieurs projets déjà, aussi l’image quand il fait un jour pas si beau qu’aujourd’hui, pas de soleil, de pluie, que les gens ne sortent pas, l’image d’un parc où les bancs sont vides donne aussi un esprit de desolate, triste. Ça, on veut aussi éviter. Dans ce cas, intégrer le mobilier le plus en amont dans l’aménagement des espaces est un esprit ou une approche qu’on utilise.

LE MAIRE

Et les marronniers alors ?

MAARTEN VAN DE VOORDE

Oui, ils sont bons, ils sont (pas) malades, on a cette étude phytosanitaire. On a pris compte de ça. En tout cas, c’est sur cette base qu’on a fait notre concept. Puis après, il y a un choix qui est très mono-orienté vers les marronniers. On sait que les marronniers ont certaines valeurs, et il y en a des marronniers qui sont sains, puis, c’est un choix. Si ce marronnier fait que la circulation n’est pas optimale, que le rayon de bus n’est plus faisable, que les carrefours de jonction ne sont plus adaptables, je pense que ce marronnier, il a son âge, il a joué son rôle dans le temps, dans cet esprit de ce parc, on ne dit pas qu’on coupe ou on abat des marronniers pour abattre, non, c’est pour créer un nouveau concept, une nouvelle organisation de cet endroit et puis après, ce n’est pas que ça revient tout minéral.

Ça veut dire qu’on va replanter de nouvelles espèces dans 5 ans, dans 10 ans qui sont la monumentalité future. Il y en a des marronniers qui sont déjà si grands. On entend les éléments de l’ombre ou de vis-à-vis. Il y a aussi un sujet de gestion, il y a une période pour tout. Je veux refaire avec votre service cet exercice pour revoir et peut-être on peut récupérer quelques-uns en plus ou en tout cas le plus possible.

MONSIEUR LE MAIRE

On va regarder ça, au cas par cas, marronnier par marronnier.

 

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