Contribution du groupe écologiste au conseil municipal de Bordeaux à l’enquête publique sur le BHNS Bordeaux – Saint Aubin de Médoc – Mai 2017

Nous apprenons en septembre 2018 que les bus de la future ligne BHNS Bordeaux-Saint Aubin de Médoc, en sursis, devront évoluer vers l’électrique ou l’hydrogène. C’est en effet ce que nous avions proposé dans notre contribution à l’enquête publique dès le mois de mai 2017, cf ci-dessous.

Monsieur le Président de la commission d’enquête,

Le groupe écologiste au conseil municipal de Bordeaux favorable au BHNS.

Nous sommes également favorables à ce que Caudéran qui est un quartier important de notre ville ait, enfin, une desserte par transport collectif digne de ce nom et pour nous le BHNS peut remplir cette fonction.

Nous ne contestons pas le fait qu’il y ait eu des réunions d’information et de concertation avec les riverains.

Néanmoins, il demeure tout de même un certain nombre de zones d’aspérité et de contestations sur le plan local.

Et précisément parce que nous sommes très attachés au BHNS auquel nous croyons, nous ne souhaitons pas qu’il puisse passer en force et que certains Bordelais aient encore l’impression qu’on impose à tout prix une solution dont ils contestent la paternité ou en tout cas pour laquelle ils s’estiment, pour certains d’entre eux, insuffisamment informés.

Pour cela, nous avons des propositions concrètes et précises à faire.

D’abord, nous pensons qu’un site en open data pourrait être créé pour fournir l’ensemble des données de l’opération, notamment celles qui sont demandées par les riverains.

Des citoyens se plaignent du fait que quand ils veulent obtenir certains chiffres, notamment de fréquentation de KÉOLIS pour une ligne existante déjà, la ligne 3, ils sont confrontés à une espèce de maquis à travers les textes et les documents.

Nous pensons qu’un site en open data permettrait de faciliter l’information des riverains.

Cela fait partie de l’information que nous devons à nos concitoyens. Et si cela avait été fait auparavant, je pense que cela aurait pu réduire un certain nombre d’aspérités auxquelles il était fait allusion il y a quelques instants.

Ensuite, nous regrettons que la partie « site propre » de ce BHNS ne correspond pas forcément tout le temps à ce qui correspond à la qualification d’un BHNS.

Nous avons noté qu’en ce qui concerne le centre-ville de Bordeaux, seulement 50 % du tracé est en site propre.

Si l’on veut que ce BHNS ne soit pas pris dans le feu de la circulation il faut qu’on ait un taux de site propre plus important que ces 50 %.

D’autres villes y arrivent comme la Ville de Nantes, qui était précurseur en la matière, et qui arrive pratiquement à 80 % de BHNS en site propre.

La Ville de Metz également arrive à des sites propres en cœur de ville contraint comme nous.

Pourquoi n’y arriverions-nous pas à Bordeaux ?

Concernant la motorisation, il est indiqué dans le résumé non technique de l’étude d’impact, que le choix de la motorisation n’est pas arrêté à ce jour.

Nous avons constaté que dans les pétitions qui sont déposées par les riverains, beaucoup insistent sur le bruit, la pollution et les vibrations, représentées par ce BHNS.

Ils expliquent que « dans les rues étroites, ça sera du bruit, ça sera de la pollution et ça sera de la vibration ».

Le Choix semble avoir été fait d’une motorisation gaz, norme EURO 6 qui est actuellement le type de motorisation gaz le moins polluant.

Ce choix est-il définitivement arrêté ou une motorisation électrique ou hydrogène est-elle envisageable ?

À notre avis, une motorisation électrique ou hydrogène, serait de nature à rassurer un certain nombre de riverains.

Si le choix de motorisation est arrêté, il serait convenable de communiquer l’information aux riverains.

Concernant le stationnement, on constate sur Bordeaux la perte de 136 places de stationnement.

Cela étant, des parkings dits « de périphérie », de dissuasion vont être construits.

Nous pensons qu’il serait important de proposer aux riverains que ces parkings dits de « dissuasion » puissent être également réservés aux riverains bordelais.

Il y a des voitures qui passent la semaine stationnées dans les rues de Bordeaux alors  qu’elles pourraient parfaitement stationner dans des parkings à la périphérie.

Cela induit d’une part, d’une politique tarifaire attrayante pour des gens qui habitent la ville-centre pour qu’ils laissent leur voiture la semaine dans ces parkings dits de

« dissuasion » et également le fait que le gabarit de ces parkings soit suffisamment important.

Avant de nous lancer dans la construction de ces parkings, il nous semble important de prévoir un nombre conséquent de places pour qu’ils ne soient pas aussi saturés que ceux que nous avons actuellement sur le tracé du tramway.

Ensuite, avant-dernière observation sur les modes doux, nous estimons que le dossier soumis à l’enquête publique est relativement sibyllin en ce qui concerne la sécurité des piétons et des cyclistes.

Il n’y a pas grand-chose sur la circulation des cyclistes et notamment en ce qui concerne la sécurité aux abords des écoles, qui n’est pas à ce jour prise en compte dans le projet.

Elle sera peut-être prise en compte dans le cadre de la concertation, nous considérons qu’il faudra insister sur cette prise en compte de la sécurité aux approches des écoles.

Dernière observation, plus anecdotique, mais très symbolique.

Nous avons vu qu’il y avait un arrêt prévu à Mériadeck dénommé « Centre commercial Mériadeck ».

Ne serait-il pas préférable de le nommer plus simplement arrêt « Mériadeck » afin de ne pas l’enfermer dans sa dimension strictement commerciale ?

Mériadeck représente aussi un centre administratif, des bureaux, des services, des habitations. Les usagers du BHNS comme ceux du tram ne sont pas que des porte-monnaie ambulants.

Voici les observations que nous souhaitions porter à votre connaissance.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la commission d’enquête, en l’assurance de notre respectueuse considération,

Pierre Hurmic

Président du groupe écologiste au conseil municipal de Bordeaux

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