COP21 : le changement est aussi entre nos mains – notre tribune municipale de novembre 2015

Pierre HURMIC Delphine JAMET

Nicolas Hulot a récemment lancé un appel à la fois très solennel et humoristique, afin de s’adresser principalement aux jeunes générations, alors que selon un récent sondage plus des 2/3 des 15-30 ans n’ont pas entendu parler de la COP21 (et 52% des Français).

Il exhorte les chefs d’Etats qui seront présents à la 21ème conférence des nations unies sur le dérèglement climatique (COP21) à prendre leurs responsabilités historiques face à un changement majeur de notre histoire depuis la naissance de l’humanité. « Nouvelles réglementations, prix du carbone, taxe sur les transactions financières, changement de modèle agricole… Ce qu’il faut faire est connu et ne dépend que de votre courage politique » écrit-il dans « Osons ».

Ce cri d’alarme n’est pas le seul, des citoyens, des associations, des ONG, des scientifiques, des experts, des artistes, et les communautés religieuses se mobilisent via des appels, des pétitions et, concernant le Pape, une encyclique, historique.

A l’instar des 15-30 ans interrogés récemment, dont 71% d’entre eux pensent que la COP21 ne parviendra pas à atteindre ses objectifs d’un accord sur le maintien du réchauffement en deçà de 2°C, nous portons plutôt nos espérances vers la prise de conscience des citoyens de leur pouvoir de changer le système via leurs comportements quotidiens et les pressions qu’ils peuvent exercer sur les élus locaux, acteurs importants de la transition écologique sur les territoires.

Il ne s’agit pas du cliché de couper l’eau pendant le brossage des dents mais d’actes de consomm’action à la fois simples et fondamentaux. Changer de banque, pour ne pas encourager celles qui pratiquent l’évasion fiscale ou investissent dans des activités polluantes et carbonées, au profit d’une banque coopérative éthique ; changer de mutuelle ou de compagnie d’assurance si l’on considère que leurs investissements ne sont pas conformes aux défis environnementaux actuels ; changer de fournisseur d’énergie pour choisir un fournisseur coopératif d’électricité 100% renouvelable ; modifier son alimentation en consommant plus de produits bio et locaux et en diminuant sa consommation de viande ; privilégier le vélo ou les transports en commun notamment pour les courts trajets (50% des trajets en voiture font moins de 3km) etc.

Il s’agit par nos choix de consommateurs mais aussi d’électeurs de créer un rapport de force positif : « lorsqu’un nombre significatif de citoyens aura fait l’expérience directe de son pouvoir d’agir et de l’existence partout autour de lui d’alternatives à la fois crédibles et désirables, le coût politique de l’inaction va rapidement se révéler extrêmement lourd. Nous devons aller jusqu’à le rendre insupportables pour ceux qui, parmi les décideurs, ne formulent que de vaines promesses. Perdre son mandat pour un responsable politique, perdre des parts de marché pour un responsable économique, est beaucoup moins tolérable que d’entendre des centaines de discours critiques. » (« Alternativez-vous ! » Par Alternatiba et le collectif pour une transition citoyenne)

Plus nous serons nombreux à modifier nos comportements plus les pouvoirs publics devront s’adapter et changer de modèle. Passons à l’action dès à présent, chacun à notre échelle !

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