Du vin et des jeux – tribune des élu-es écologistes – juin 2015

Grand_Stade_de_Bordeaux

Après l’inauguration officielle du grand stade, proportionnelle à la démesure de cet équipement budgétivore (2000 invités, les chœurs et l’orchestre de l’Opéra de Bordeaux…), après le match inaugural et ses 43000 spectateurs (seront-ils aussi nombreux les saisons prochaines, au vu de l’augmentation du prix d’entrée et des résultats toujours aléatoires ?), voici le mois de juin et ses traditionnelles festivités alternées en bord de Garonne, fête du vin ou fête du fleuve.

Loin de nous l’idée de remettre en cause ces deux manifestations qui ont su fédérer un grand nombre de visiteurs et faire renouer les Bordelais avec les éléments fondamentaux et incontestables de son patrimoine géographique et culturel : le fleuve et le vin.

Mais n’y a-t-il tout de même pas de limites à la fête ?

Cette année le budget de la fête du fleuve, complétée par la Solitaire du Figaro, explosent comme les feux d’artifice qui les ponctuent.

Le coût financier de ces deux manifestations pour la ville est difficile à évaluer parfaitement car, malgré nos demandes, nous n’avons pas connaissance de toutes les dépenses de la direction de la communication.

Sans ces budgets, nous arrivons à un total de subventions de la ville de 425 500€ pour la Solitaire et de 335 000€ pour la fête du fleuve, soit 760 500€ ce qui n’est pas un budget anodin.

Dernier grand projet monumental en date, la cité des civilisations du vin, le Guggenheim d’Alain Juppé, qui voit son budget augmenter de 32 millions d’euros, passant de 49 millions d’euros lors de la présentation du projet en mai 2011 à 81 millions d’euros aujourd’hui. Sachant qu’en dépit de sa présentation officielle comme un « partenariat public-privé », 81% des participations sont publiques, dont 31 millions d’euros de la ville de Bordeaux.

Notre titre « du vin et des jeux » détourne la célèbre expression de Juvénal, poète satirique du 1er siècle, « panem et circenses » dénonçant l’usage délibéré fait par les empereurs romains de distributions de pain et d’organisation de jeux afin de s’attirer la bienveillance de l’opinion publique.

Aujourd’hui à Bordeaux, l’augmentation uniforme de 5% des impôts locaux peut priver certains de pain, mais jeux et divertissements continuent de prospérer.

 

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