Festival de pyrotechnie de Bordeaux : attention à la poudre aux yeux !

Feux_artifice Fête du fleuve 2008 Bordeaux

Du 20 au 25 septembre 2015, Bordeaux accueille le XVe Symposium international sur les feux d’artifice. Des experts de l’art pyrotechnique venus du monde entier présenteront 9 démonstrations à Bordeaux et dans la région, pour près de 3h de spectacle.

600 à 840 bombes seront vraisemblablement tirées à cette occasion.

Loin de nous l’idée de jouer les rabat-joie mais il nous semble important d’avoir conscience de l’impact sur l’environnement et sur notre santé de ces spectacles visuels éphémères, qui se multiplient sur notre commune ces dernières années.

Le feu d’artifice est une poudre noire composée de charbon, de soufre et de salpêtre contenant un composé oxydant (souvent du perchlorate de potassium) qui libère de l’oxygène. Un composé réducteur sert de combustible et produit la couleur grâce à des métaux : sodium pour le jaune, strontium pour le rouge, baryum pour le vert…

Un feu d’artifice est donc une petite bombe chargée de produits toxiques. L’explosion libère des millions de particules de poussières et du gaz. Des particules, cinq fois plus polluantes que celles du smog, selon une étude de la ville de Montréal. Les métaux dédiés à la coloration des explosions, une fois dégagés dans l’atmosphère, pénètrent dans la terre ou l’eau et peuvent se révéler toxiques.

Ainsi, l’antimoine – qui crée la couleur blanche – peut abîmer les poumons, le cœur ou l’estomac, d’après le site Discovery, relayé par le magazine Terra Eco. Le baryum – ingrédient indispensable des belles vertes – peut avoir des effets nocifs sur le cœur ou les intestins. En 2007, après une célébration, l’Agence américaine pour l’environnement prélevait des échantillons sur un lac en Oklahoma et relevait un niveau 1 000 fois supérieur à la normale des perchlorates qui permettent la combustion. « Les grands feux d’artifice produisent une concentration, certes brève mais néanmoins importante, de poussières fines et de composés métalliques colorants.

Si nous sommes conscients que la pollution liée aux feux d’artifice est moindre que celle liée à d’autres sources, nous retenons que l’Office fédéral de l’environnement suisse qui recommande néanmoins aux « personnes souffrant de maladies des voies respiratoires ou de maladies cardio-vasculaires » d’éviter ce genre de spectacle.

Quid des déchets ? Il y a quelques années, les artificiers se débarrassaient des restes dans la mer ou les lacs environnants. Aujourd’hui, certains sont plus attentifs. Depuis quelques années, à Cannes par exemple, les artificiers ont fait de gros progrès pour réduire les déchets rejetés lors des tirs. Dorénavant, les contenants utilisés sont pour la plupart biodégradables (papiers, cartons).

Nous attendons de la mairie de Bordeaux qu’elle apporte toutes les garanties relatives à l’impact sanitaire de ces spectacles pyrotechniques, ainsi qu’un engagement que les déchets seront dûment triés et incinérés.

Ainsi, l’objectif n’est évidemment pas d’œuvrer contre les feux d’artifice, mais de prendre quelques mesures de précaution au moment où ces derniers se multiplient sur notre territoire.

Pierre HURMIC et Delphine JAMET

 

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