Fin du mois et fin du monde – notre tribune janvier 2019
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Les écologistes portent des propositions concrètes pour réconcilier justices climatique, fiscale et sociale.

La  fiscalité carbone est nécessaire pour assurer de meilleures conditions de vies à la population. Elle doit être un outil de justice sociale et environnementale et s’appliquer à l’ensemble des énergies fossiles.

A ce jour, la fiscalité carbone des ménages est 3 à 6 fois plus taxée que celle des grands pollueurs : une situation injuste qui doit cesser.

Les accords internationaux permettant d’exonérer de taxes les carburants de la mondialisation, le kérosène des avions et le fioul lourd des paquebots, constituent des niches fiscales qui doivent être supprimées. En attendant, la taxe d’aéroport doit être doublée et les recettes fléchées vers les infrastructures de transport collectif du quotidien dont le train.

La politique fiscale doit faire l’objet d’une réforme en toute transparence afin de la rendre plus redistributive et écologique : l’impôt sur la fortune doit être rétabli, de même que la flat tax qui doit être remplacée pour lutter contre l’évasion fiscale qui grève les finances publiques (80 milliards de manque à gagner pour l’État chaque année) ; enfin le CICE doit être supprimé.

Les recettes obtenues doivent être fléchées prioritairement vers la transition énergétique : efficacité énergétique et énergies renouvelables.

L’argent des banques ne peut plus continuer à financer la pollution. Cette année encore, les investissements des banques françaises dans les énergies fossiles sont en hausse, les subventions à ces entreprises doivent cesser.

Enfin, le mouvement des gilets jaunes a singulièrement fait ressortir les inégalités territoriales.

Un moratoire sur les centres commerciaux en périphérie, qui tuent la vie des centre-villes en contraignant à l’emploi de la voiture, doit être instauré.

La loi ELAN réintroduit la possibilité pour les communes au marché locatif tendu d’encadrer des loyers. La ville et la métropole de Bordeaux doivent impérativement s’emparer de cette possibilité permettant de baisser les loyers du parc privé.

Le président de la République a évoqué le 10 décembre dernier une colère juste pour n’en tirer que peu de conséquences. Certes, il a annoncé une hausse du SMIC (légère augmentation de la prime d’activité) et  revient enfin en arrière sur la hausse de la CSG pénalisant les retraité-e-s. Mais il persiste sur la suppression de l’ISF et propose le retour du « travailler plus pour gagner plus ».

Il a changé de ton mais pas de fond sur le cap de sa politique.

En ne taxant que les ménages, en faisant porter la charge la plus forte sur les moins privilégiés, nos gouvernants continuent d’opposer écologie et justice sociale.

Pourtant le ministère dit de la « transition écologique et solidaire », grand oublié de ces annonces gouvernementales, impose d’associer urgemment ces deux impératifs, tant sur le plan national que local.