Ils bétonnent, ils goudronnent, ils s’étonnent… Pour que le temps de la nature devienne enfin le temps du politique, notre tribune de la rentrée 2017 🗺

La Jallère, dernière zone humide de Bordeaux menacée par l'urbanisation

Les publications scientifiques nous alertant sur le réchauffement climatique ou l’érosion de la biodiversité dans le Monde se multiplient dans une indifférence quasi générale.

Dernière en date, une étude publiée en juillet 2017, par des chercheurs d’universités américaine et mexicaine, évoque la menace d’un « anéantissement biologique », après avoir analysé les évolutions des populations de plus de 27 000 espèces de vertébrés terrestres, soit la moitié des mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens connus.

Le message est sans appel : notre Terre est entrée dans sa sixième extinction de masse.

Les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis un siècle.

Sachant que nous avons éliminé 50 % de la faune terrestre dans les 40 dernières années, il n’est pas difficile de comprendre que si on continue de la diviser par deux tous les 40 ans, il n’y aura bientôt plus rien, ni faune, ni flore… ni humains.

Ne serait-ce qu’en France, on artificialise, on bétonne, on bitume, impunément, l’équivalent d’un département tous les sept ans, et, souvent, des bonnes terres agricoles.

Qui peut ignorer que les milieux naturels rendent des services essentiels, notamment, la pollinisation des cultures, la confection de nombreux médicaments, l’assainissement de l’air et de l’eau, le stockage du CO2 ?

Une autre étude récente estime qu’une hausse de 10 % de la densité d’espaces verts en France ferait économiser 56 millions d’euros par an à la sécurité sociale du fait de la réduction de la prévalence de l’asthme et 38 millions d’euros par an du fait de la réduction de l’hypertension. La contribution de la végétalisation à la réduction des îlots de chaleur limite également la mortalité en période de canicule.

Les solutions pour éviter le pire sont connues : arrêter de détruire les écosystèmes, végétaliser nos villes, arrêter de polluer, notamment avec l’agriculture intensive et ses pesticides, arrêter de surexploiter nos ressources, de surpêcher, de surchasser et enfin ériger en priorité la lutte contre le changement climatique.

Elles doivent être déclinées du global au local, à l’échelle planétaire comme à l’échelle communale.

C’est le sens du combat que nous menons à Bordeaux, quand nous proposons de protéger nos derniers espaces naturels (comme la Jallère, dernière zone humide de Bordeaux), de végétaliser notre ville et notamment ses grandes places minéralisées, véritables îlots de chaleur urbains (comme la place Pey Berland ou la place de la Victoire), ou d’éviter le saccage environnemental de grands projets inutiles et dispendieux (comme le stade Matmut au taux de remplissage calamiteux)…

A Bordeaux comme ailleurs, il est aujourd’hui vital que le temps de la nature devienne enfin le temps du politique.

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas » Victor Hugo

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