Journée mondiale des zones humides : Mr Le Maire, sanctuarisez la Jallère !

Tortue Cistude d'Europe

Lors du conseil municipal du 26 octobre 2015, nous avons voté contre une délibération visant à instaurer un périmètre de prise en considération dans l’optique d’un projet d’urbanisation du secteur de la Jallère, périmètre stratégique concernant le risque d’inondation dans ce secteur du Lac qui était autrefois un immense marais. Il s’agit d’un nouveau projet d’urbanisation d’un secteur qui détruira 9,1 ha de zones humides dont 5,3 ha sur l’îlot actuellement occupé par le GROUPAMA/GAN, îlot qui, de plus, est cartographié en zone d’aléas forts, donc globalement inconstructible dans le cadre de la révision du plan de prévention des risques et d’inondation. Nous avons réitéré cette position lors du conseil de Bordeaux métropole du 30 octobre 2015.

Alors que nous célébrons le 2 février 2016 la journée mondiale des zones humides, nous demandons au Maire de Bordeaux de sanctuariser la zone humide de La Jallère en renonçant à urbaniser une des dernières zones humides de son territoire.

Nous rappelons que les zones humides remplissent de nombreuses fonctions fort utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines : des fonctions hydrologiques comme la régulation naturelle des inondations des cours d’eau, la diminution des forces érosives, le soutien des cours d’eau en période d’étiage ; des fonctions épuratives, les zones humides étant des filtres naturels des versants pollués aux métaux lourds, qui permettent de maintenir et d’améliorer la qualité de l’eau. Et enfin des fonctions écologiques : les conditions hydrauliques et chimiques permettent un développement extraordinaire de la vie dans les milieux humides.
Ces milieux représentent un lieu d’alimentation, de reproduction, d’abri, de refuge et de repos pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères et d’amphibiens. En France, 50% des oiseaux et un tiers des espèces végétales dépendent de leur existence.

Nous avons vécu fin 2015 en France un épisode tragique d’inondations en zone urbaine, certes à quelques centaines de kilomètres de chez nous, mais nous estimons qu’il est de notre devoir de préserver le peu de zones humides qu’il nous reste sur notre territoire urbain pour ainsi éviter des catastrophes naturelles, écologiques et humaines à venir.

Delphine JAMET, Pierre HURMIC, groupe écologiste au conseil municipal de Bordeaux

Pour mémoire, Voici l’intervention de Delphine Jamet en conseil municipal du 26/10/2015 et la réponse du Maire de Bordeaux et de son adjointe :
MME JAMET. –
Monsieur le Maire, chers collègues, cette délibération suscite chez nous de nombreuses interrogations.
Vous nous présentez un nouveau projet d’urbanisation d’un secteur qui détruira 9,1 ha de zones humides dont 5,3 ha sur l’îlot actuellement occupé par le groupama/GAN, îlot qui, de plus, est cartographié en zone d’aléas forts, donc globalement inconstructible dans le cadre de la révision du plan de prévention des risques et d’inondation.
Dois-je rappeler à cette assemblée que les zones humides remplissent de nombreuses fonctions fort utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines : des fonctions hydrologiques comme la régulation naturelle des inondations des cours d’eau, la diminution des forces érosives, le soutien des cours d’eau en période d’étiage ; des fonctions épuratives, les zones humides étant des filtres naturels des versants pollués aux métaux lourds, je vous le rappelle, qui permettent de maintenir et d’améliorer la qualité de l’eau. Et enfin des fonctions écologiques. Les conditions hydrauliques et chimiques permettent un développement extraordinaire de la vie dans les milieux humides.
Ces milieux représentent un lieu d’alimentation, de reproduction, d’abri, de refuge et de repos pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères et d’amphibiens. En France, 50% des oiseaux et un tiers des espèces végétales dépendent de leur existence.
Nous sommes donc ici situés à la Jallère dans un périmètre stratégique concernant le risque d’inondation dans ce secteur du Lac qui était autrefois un immense marais.
Nous avons vécu récemment en France un épisode tragique d’inondations en zone urbaine, certes à quelques centaines de kilomètres de chez nous, mais ne pensez-vous pas qu’il est de notre devoir de préserver un peu les zones humides qu’il nous restent sur notre territoire urbain pour ainsi éviter des catastrophes naturelles,
écologiques et humaines à venir ?
A ce titre et dans l’état actuel du projet qui nous a été présenté, nous nous prononçons contre la mise en place de ce périmètre de prise en considération.
Je vous remercie.
(…)
M. LE MAIRE. –
M. ROUVEYRE. –
Très rapidement. Dans la présentation et dans la réponse de Mme TOUTON on pourrait s’y perdre. Est-ce que vous pouvez nous confirmer que cette délibération a bien vocation à urbaniser une zone humide ? C’est quand même bien l’enjeu.
MME TOUTON. –
Non. Cette délibération a vocation à surseoir à statuer pour tous projets qui ne seraient pas conformes justement à ce que nous lançons en étude.
C’est-à-dire que vous savez que c’est une zone en mutation. Un certain nombre d’entreprises partent ailleurs, d’autres ont besoin de s’étendre, d’autres ont besoin de se restructurer, et pour pouvoir répondre aux premières études que nous avons menées, que ce soit au niveau du plan guide comme sur les études techniques, nous surseoirons à statuer en fonction des projets qui nous seront proposés de façon à ne pas mettre en danger justement toutes ces questions de zones humides, etc.
M. LE MAIRE. –
La réponse de Mme TOUTON est très claire.
Ce territoire est extrêmement sensible. Avant d’envisager toute urbanisation il faut donc des études complémentaires très poussées. Et pour éviter que ça ne parte dans tous les sens nous vous proposons donc ce périmètre de sursis à statuer qui nous permettra de développer ces études et de voir ensuite, évidemment on reviendra devant vous, ce qu’il faut faire ou ne pas faire.
MME JAMET. –
Juste pour donner une indication de notre point de vue à Matthieu ROUVEYRE. Si on lance les études c’est parce qu’on veut urbaniser.
Il n’empêche que c’est quand même une zone humide. Je veux bien croire qu’il va y avoir des études d’impacts, etc., mais de toute façon s’il y a urbanisation derrière ça lance le projet.
M. LE MAIRE. –
Il y a trois solutions : ne rien faire, faire n’importe quoi…
MME JAMET. –
Sur une zone humide, oui, il me semble intéressant de ne rien faire.
M. LE MAIRE. –
Pardon Madame. Je disais : Ne rien faire, faire n’importe quoi, ou voir s’il est possible éventuellement de faire quelque chose d’intelligent dans le respect de l’environnement.
Le choix n’est pas fait entre ces trois hypothèses, sauf la deuxième qui consisterait à faire n’importe quoi. C’est pourquoi on a mis une zone de sursis à statuer. »

Vote contre du groupe écologiste.

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