La croisière abuse encore et toujours !

paquebot croisière Bordeaux

Deux ans après notre 1er article ci-dessous, nous venons de réécrire à Alain Juppé car aucune solution d’alimentation des paquebots à quai n’a été proposée. Or nous sommes passés de 36 navires en 2015 à 53 cette année et 14 pour le seul mois de septembre !

Dans son dossier de fond sur la pollution de ces mastodontes flottants, l’ONG France Nature Environnement rappelait en 2015 qu’ « un lien sans équivoque entre les gaz d’échappement des cargos et plusieurs maladies cardiovasculaires et respiratoires a été établi par les recherches de l’université de Rostock et le centre de recherche sur l’environnement allemand Helmholzzentrum Munich. Chaque année en Europe, ces émissions du transport maritime causent près de 60 000 morts et coûtent 58 milliards d’euros aux services de santé.

Deux polluants émis sont particulièrement scrutés : l’oxyde de soufre (Sox) et l’oxyde d’azote (NOx). Importants polluants de l’air, ils accélèrent la formation de particules fines et ultra-fines. Les émissions de soufre de ces transports à elles seules seraient responsables d’environ 50 000 morts prématurés par an en Europe et de 5 % à 10 % des émissions mondiales. En pénétrant dans les plus fines ramifications respiratoires, elles peuvent entraîner une dégradation de la respiration, une hyper-réactivité des bronches chez les asthmatiques ou encore une augmentation de la sensibilité des bronches aux infections microbiennes chez les enfants. »

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pollution paquebots croisiere Bordeaux été 2017

Pollution à quai d’un paquebot de croisière  – Bordeaux – été 2017

C’est avec ce titre que l’ONG France nature environnement a présenté jeudi 23 juillet 2015 son étude sur la pollution de l’air induite par l’industrie de la croisière.

En partenariat avec l’ONG allemande NABU, FNE a réalisé des mesures de la qualité de l’air à proximité du Port de Marseille le mardi 21 juillet 2015, avec des résultats édifiants.

Actuellement, l’Etat français est poursuivi à la fois devant ses propres tribunaux par des particuliers et des associations, mais également par la Commission européenne pour non respect de la réglementation sur les particules fines PM 10 et le dioxyde d’azote (NO2), un polluant à l’origine des pics de pollution à l’ozone. Le gouvernement est également poursuivi pour n’avoir pas transposé la directive européenne sur les émissions de soufre des navires.

Les équipes de FNE et de NABU ont pu, grâce à des instruments de laboratoire, mesurer les concentrations de particules ultra-fines (PUF, entre 20 nanomètres et 1μm) dans l’air. Ces particules sont les plus dangereuses pour la santé : leur très petite taille (jusqu’à 1000 fois plus fines qu’un cheveu) leur permet de s’accumuler dans les poumons et passer à la fois dans le sang et dans le cerveau. De nombreuses études attestent du lien entre ces particules et l’augmentation des risques cardiovasculaires (crises cardiaques notamment), l’hypertension artérielle et la maladie de Parkinson. D’après les mesures réalisées au parc du Pharo sur les hauteurs de Marseille et dans le terminal « croisières » du Grand port maritime, la pollution en PUF est 20 fois supérieure près des paquebots

La majeure partie de la pollution de l’air par les navires de croisière vient de la teneur en soufre des carburants. Fioul lourd, diesel marin…Ils en contiennent jusqu’à 3500 fois plus que le diesel que nous mettons dans nos autos. Une fois brûlé, ce carburant rejette du dioxyde de soufre, un polluant réglementé, connu pour son impact sanitaire (maladies respiratoires, bronchites, irritations de la gorge) et environnemental (pluies acides) important.

C’est pourquoi nous avons écrit ce jour, 24 juillet 2015, un courrier au maire de Bordeaux lui demandant de bien vouloir prendre des mesures au niveau qui est le sien, à l’heure où la Métropole s’apprête à répondre à l’appel à projet du ministère de l’écologie « villes respirables en 5 ans ».

Pour lutter contre ce fléau sanitaire, les gestionnaires du port de Marseille ont prévu d’installer, d’ici la fin d’année 2015, un dispositif d’alimentation électrique qui éviterait de faire tourner les moteurs des navires à l’arrêt.

Nous souhaiterions que la ville de Bordeaux, qui accueillera cette année 36 paquebots et 6 navires militaires,  encourage la mise en place de ce même type de dispositif, voire encourage l’innovation en étudiant l’implantation d’un dispositif alimenté en énergies renouvelables.

La croisière abuse, et Mr de la Giroday aussi !

Dans un article du journal Sud-Ouest du 19 novembre 2015, Mr de la Giroday, consultant pour un important opérateur maritime, affirme que les paquebots de croisières ne polluent pas quand ils sont à quai. Nous souhaitons apporter un vif démenti à cette allégation insensée ainsi que des compléments d’information sur le sujet. Parmi les polluants principaux des navires, qu’ils soient de croisière ou de marchandises, on trouve les oxydes de soufre (SOx), les particules fines (PM2,5 et PM10) et les oxydes d’azote (NOx). Tous ces polluants sont reconnus nocifs et dangereux pour la santé. La majeure partie de la pollution de l’air par les navires de croisière vient de la teneur en soufre des carburants. Le niveau d’émissions des oxydes de soufre dépend de la concentration en soufre des carburants utilisés par les navires. Actuellement, le contenu des carburants en soufre peut varier entre 3,5% pour le fioul lourd, et environ 0,1% pour le diesel marin, utilisé à quai. A titre de comparaison, la concentration en soufre autorisée pour le diesel automobile, et déjà considérée comme dangereuse, est de 0,001%. Ce qui revient à dire que les carburants des navires à quai ont une teneur en soufre 100 fois supérieure à celles de carburants automobiles, 1 500 fois supérieure lors qu’ils arrivent et qu’ils quittent leur escale et 3500 fois lorsqu’ils naviguent en pleine mer. Comme à Marseille, de nombreux ports dans le monde ont choisi d’alimenter les navires à quai par des réseaux terrestres, souvent électriques, jugés moins polluants et dangereux que le diesel marin, aux Etats-Unis, au Canada, en Chine, en Allemagne, en Suède, en Finlande, en Belgique et aux Pays-Bas. La pollution des bateaux que M.de la Giroday considère cyniquement comme un « faux problème » n’a de cesse d’inquiéter nombre de professionnels du secteur. Le législateur français a d’ailleurs prévu, à l’occasion de la loi de transition énergétique, d’encourager les opérations pilotes en matière d’alimentation extérieure à quai dans les ports pour les navires.

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