« La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité » Tribune du groupe écologiste Bordeaux Mag été 2016

Pierre Hurmic, Delphine Jamet élus écologistes au conseil municipal de Bordeaux. Crédit photo Olivier Saint-Faustin Sud-Ouest

Nous sommes un groupe de 2 élu-e-s écologistes, dans un conseil municipal de 61 membres qui comprend 7 élu-e-s de l’opposition de gauche.

Nous avons tous deux une activité professionnelle à temps plein en plus de notre mandat électif. Notre rémunération d’élu-e-s de l’opposition, d’un montant de 276€ net par mois (contre environ 1030€/mois pour les conseillers de la majorité et 2050€ pour les adjoints), n’est pas suffisante pour arrêter de travailler.

Notre rôle ne se limite pas à participer aux conseils municipaux mensuels et aux quatre commissions municipales préparatoires, nous siégeons également dans de nombreuses instances où la ville est représentée : entre autres, le SIVU Bordeaux-Mérignac, l’école des Beaux-Arts, l’Office de tourisme, le lycée horticole, Bordeaux Métropole Aménagement… Toutes ces représentations sont intéressantes mais aussi très chronophages.

Nous prenons notre mandat avec beaucoup de sérieux et d’enthousiasme et nous y consacrons de nombreuses heures, parfois au détriment de notre vie familiale et personnelle… Nous le faisons parce que nous croyons en la démocratie.

Nous nous efforçons de toujours faire des propositions constructives, par exemple pour inscrire notre ville dans la transition énergétique et écologique ou pour améliorer la démocratie locale. Rarement nous sommes écoutés ou approuvés par le Maire et régulièrement nous sommes traités avec un mépris indigne d’un 1er édile, et ce malgré cette déclaration d’Alain Juppé lors du 1er conseil municipal de la mandature :  » Vous êtes tous porteurs d’une part de légitimité́ démocratique. Vous avez tous été́ élus, et donc c’est dans un esprit de respect mutuel, (…) que, je l’espère, nous travaillerons dans ce conseil. « 

Ainsi lors du dernier conseil municipal lorsque nous sommes intervenus sur des questions budgétaires, le Maire a déclaré d’un ton péremptoire à Delphine Jamet (élue depuis 2 ans) : « C’est dommage qu’au bout de si longues années de présence dans un conseil municipal on découvre ces éléments qui sont le B.A.-BA de la gestion publique ». Les questions budgétaires sont très complexes, si nous n’avons pas de réponses précises à nos interrogations, comment rendre des comptes à nos concitoyens ?

Les amalgames injustifiés, le mépris et l’arrogance ne sont pas des procédés dignes dans une démocratie saine.

Beaucoup de Bordelais nous font confiance pour défendre leur mieux-être environnemental et social et nous continuerons à nous battre pour ce que nous pensons être l’intérêt général.

Cette ambition mérite-t-elle d’être malmenée par une majorité écrasante et sûre d’elle ?

Quant à nous, nous adhérons à cette définition d’Albert Camus : « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ».

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