La Jallère, des DSP, des ventes de logements, du plastique dans les cantines, Darwin, la vente des Girondins… : notre compte-rendu Conseil municipal du 17 septembre 2018

[🌳VICTOIRE🌳POUR LA FORET URBAINE à LA JALLERE !]
Hier en conseil municipal, Alain Juppé a accepté de soumettre à la concertation notre proposition de planter une forêt urbaine sur les 40 ha actuellement en friche, propriété de Bordeaux Métropole à La Jallère.
C’est notre 2ème victoire, après celle de la conservation des zones humides, dans cette lutte menĂ©e depuis 2015.

Oui Ă  la densification de Bordeaux, pour crĂ©er du logement accessible, du logement social, du logement pour les Ă©tudiants, du logement d’urgence : il faut lutter contre la vampirisation d’ Airbnb, ne pas vendre les biens communaux, construire en hauteur sur les dents creuses mais cesser d’artificialiser, et de saccager les dernières zones de Nature du territoire. Les deux sont compatibles !

Retour presse : 20 minutes Bordeaux : Forêt urbaine ou nouveau projet de quartier… Que faire du site de la Jallère? Les Verts sont opposés au projet de la municipalité de faire de la Jallère, près du nouveau stade, un nouveau quartier de Bordeaux…

Le conseil municipal démarre avec le renouvellement du contrat de délégation de service public du casino Barrière. Delphine Jamet intervient pour justifier notre vote contre.
« D’une part le contrat choisi porte sur 14 ans et 9 mois ce qui nous semble beaucoup trop long.
Ensuite, nous regrettons l’absence de concurrence dans ce contrat. On nous a dit en commission que les casinotiers « se répartissent le territoire », cela va à l’encontre de l’intérêt général.
La deuxième raison de fond concernant notre opposition à ce renouvellement concerne la notion même de délégation de service public. En effet, il peut apparaître difficilement concevable que les activités d’un casino relèvent d’une mission de service public. En fait, dans sa jurisprudence « Partouche » du 19 mars 2012, le Conseil d’Etat a précisé que les jeux ne constituent pas par eux-mêmes un service public. Mais compte tenu de la participation du délégataire au développement touristique, économique et culturel des territoires, le contrat qui organise l’activité du casinotier, y compris l’activité de jeux, revêt le caractère d’une DSP.
Concernant la culture, nous considérons que le contrat n’est pas assez exigeant.
Quant au critère de développement durable, qui ne pondérait QUE de 5% le choix des candidats, alors là c’est carrément le vide, je cite à nouveau la synthèse de l’exposé des motifs :
« Pour les deux offres présentant les mêmes propositions, une démarche globale satisfaisante autant sur le volet social, sociétal et environnemental.
Toutefois, le niveau d’engagement n’est pas détaillé dans les exemples exposés. A titre d’exemple, dans la restauration, le casino déclare « mettre régulièrement en avant des produits locaux », mais cela ne nous informe pas de la part des achats locaux-bio-éthiques.
En matière de bâtiment et d’équipements associés le candidat ne propose aucune prestation marquante dans le domaine de l’environnement et du développement durable. Cela laisse présager d’importantes marges de progression. »

En effet ! C’est le moins que l’on puisse dire ! Mais chat échaudé craignant l’eau froide, permettez-moi d’en douter.
Donc nous n’aurons rien sur la gestion des déchets, rien sur les espaces verts, rien sur la qualité de l’alimentation et ce durant 14 ans et 9 mois !
Donc pour l’ensemble de ces raisons, nous voterons contre ce projet de renouvellement du contrat de concession attribué au groupe Lucien Barrière. »

Nous votons Ă©galement contre la mise en vente de deux bâtiments municipaux Ă  usage d’habitation (213 rue Blanqui et 18 rue d’Alzon) dans la mesure oĂą la ville de Bordeaux manque encore cruellement de logements sociaux et de logements d’urgence.

Nous rappelons le vote de la loi EgalitĂ© et Alimentation et la dĂ©cision du bannissement des matières plastiques dans la restauration scolaire Ă  partir de 2025. Nous saluons le combat du collectif « Cantines sans plastique Bordeaux » puis la crĂ©ation de l’association nationale « cantines sans plastique France », et notre soutien, alors que ce combat a Ă©tĂ© raillĂ© dans cette assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante, aujourd’hui il s’est concrĂ©tisĂ© en une Loi.

Delphine Jamet attire donc l’attention du Maire de Bordeaux Ă  une grande vigilance sur la conversion du SIVU Bordeaux MĂ©rignac qui utilise des poches de cuisson sous vide pour la cuisson des viandes notamment, ainsi que sur les nouvelles constructions de crèches ou d’Ă©coles qui ne prennent pas en compte la liaison chaude. Dernièrement concernant le projet de construction de la crèche des Bassins Ă  flot, on nous a rĂ©pondu qu’on ne ferait pas une cuisine plus grande car on allait ĂŞtre en liaison froide. « Je trouve ça dĂ©plorable de nos jours » ajoute-t-elle.

Elle demande Ă©galement Ă  la municipalitĂ© comment elle entend renouveler l’ensemble des pichets et verres en plastiques de la cantine scolaire qui datent de 2011 (soit avant la loi d’interdiction du bisphĂ©nol A).

« Il est temps aujourd’hui de prendre la mesure de cette problĂ©matique de santĂ© environnementale et de dĂ©chets que nous pourrions Ă©viter »

Nous votons aussi contre un projet de 57 logements sur une parcelle très arborée située aux Chartrons, 45 rue Joséphine, sur laquelle se trouvent 20 arbres de grand développement, arbustes et végétation. Nous ne sommes pas contre la densification mais pas au détriment de la richesse du patrimoine végétal existant depuis plus de 50 ans.
Nous demandons la révision du PLU pour augmenter le nombre de fiches de protection paysagère, permettant de protéger les arbres et la végétalisation, et qui sont très peu nombreuses à Bordeaux intra-boulevards.

DSP de la Base sous-marine de Bordeaux
Nous étions intervenus au sujet de ce projet de DSP il y a plus de 2 ans, au CM du 11/07/2016, et avions voté contre, justifiant notre vote par le fait que la société Culturespaces était déjà pressentie par la ville dès le mois d’avril 2016 (article SO du 27/04/2016) et que les prétentions d’investissement de l’époque, de 7 millions d’euros, n’encourageait pas la délégation de service public via des partenaires, notamment locaux, aux prétentions financières plus modestes.
Depuis la DSP précédente a été annulée, nous avions vu juste, la demande de travaux de 7 millions d’euros que vous aviez voulu porter sur le délégataire n’est pas passée.
C’est donc en diminuant vos prétentions de rénovation portée sur le partenaire privé que vous avez proposé une nouvelle DSP.
Nous constatons aujourd’hui que cette nouvelle DSP ambitieuse n’a finalement appelé qu’un seul candidat (le 2d candidat s’étant retiré après le 1er tour des négociations…).
Le délégataire envisage de financer les investissements nécessaires au projet à hauteur de 2 810 000€ pour le 1er investissement + 504 946€ pour la sécurité, 135 540€ pour l’étanchéité et 120 000€ pour le GER (gros entretien renouvellement).
On note quand même dans le rapport d’analyse des offres : « une sous-estimation du budget des travaux et une surestimation d’un certain nombre de charges et aucune proposition quant à la clause de partage des gains »
Nous avons Ă©galement des doutes sur les projections de frĂ©quentation estimĂ©es Ă  300.000 visiteurs la 1ère annĂ©e, 540.000 en 2024…
La base sous-Marine est certes un lieu magique, complexe mais plutôt mal desservi, peut-être faudra-t-il faire des efforts de ce côté.

Après les réponses apportées par Fabien Robert, concernant notamment le montant des investissements du futur délégataire, le groupe choisi de voter le projet.

D-2018/359 Modifications apportées au Traité de concession du marché des Capucins et de ses parcs de stationnement du 28 décembre 2007. Avenant n°1. Autorisation. Décision

Cette délibération prévue initialement au CM de juillet avait été reportée en septembre. Nous votons contre. Intervention de Delphine Jamet.

« Monsieur le Maire, Chers Collègues, nous ne pouvons voter cette délibération en l’état. Tout d’abord, parce qu’elle ne respecte pas la loi concernant le tri des déchets, vous l’avez rappelé. Ainsi, vous écrivez dans la délibération, « Pour le moment, les installations ne permettent pas de faire le tri plus en avant compte tenu de la surface du local et du coût prohibitif que cela représenterait ». Or, dans un courrier que nous vous avions adressé le 8 juin dernier, nous vous rappelions que le Code de l’environnement prévoit des sanctions de 2 ans d’emprisonnement à 75 000 euros d’amende pour le non-respect de la hiérarchie des modes de traitement des déchets, et pour le non-respect de l’obligation de tri à la source et le traitement des biodéchets.

Vous nous avez répondu en commission, Madame BERNARD, que très peu de marchés couverts respectaient ces obligations légales, mais certains s’y emploient tout de même. Par exemple, la Ville de Sevran a été la première en France à instaurer le tri des biodéchets en 2012 pour son marché. La Ville de Villefranche-sur-Saône a mis en place un tri des cagettes en polypropylène de son marché. Le fait que la loi ne soit pas respectée ailleurs ne nous empêche pas de faire des efforts ici, et ce n’est pour nous, pas du tout un argument.
Par ailleurs, nous vous l’avons indiqué en commission, nous considérons qu’il y a des différences de coûts trop importantes entre les coûts à la tonne des déchets actuellement facturés par VEOLIA et les coûts à la tonne que le groupe GÉRAUD propose de faire payer aux commerçants. Je vous passe les détails techniques comptables relatifs au calcul de ces coûts, mais selon nos chiffres, ces différences vont de +44 % pour le traitement simple des déchets à +63 % pour le coût incluant la pose, l’enlèvement, le nettoyage et la désinfection du compacteur à déchets.
Nous vous avons envoyé un mail circonstancié et demandé les factures 2017 et 2018 fournies par VEOLIA à Bordeaux Métropole pour vérifier le calcul de ces coûts. Malheureusement, vous ne nous les avez pas communiquées.

Voilà pourquoi, Monsieur le Maire, Madame l’Adjointe, Chers Collègues, nous ne pouvons voter cette délibération, à la fois, semble-t-il illégale et imprécise. Merci. »

Retours presse :

Sud-Ouest

Zone humide de la Jallère : « N’y touchez pas ! »

Les élus écologistes ont bataillé ferme depuis 2015 pour éviter la destruction de l’une des dernières zones humides naturelles, celle de la Jallère, à Bordeaux-Lac, promise à l’urbanisation. Hier, ils ont eu le sentiment d’avoir pesé sur le cours des choses. Le projet Jallère voté par la majorité n’a en effet plus rien à voir avec la première version, qui programmait une destruction totale de la zone humide. « Nous allons reconnecter la Jallère aux zones naturelles proches, avec des tampons inaccessibles, des corridors écologiques, une trame verte », détaille l’élue Magali Fronzes. « Heureusement qu’on s’est mobilisé », triomphent Pierre Hurmic et Delphine Jamet, les deux élus EELV, qui trouvent tout de même le moyen de ne pas voter le projet.

Pour eux, il faut densifier là où il y a déjà des habitants, pas dans les rares zones naturelles encore libres. « C’est un capital exceptionnel, n’y touchez pas ! », supplient-ils. Ils proposent au contraire de planter une forêt de 48 000 arbres sur 40 hectares. À leur grande surprise, Alain Juppé accepte mettre leur idée au programme de la concertation.

 

 

 

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