Nos 20 propositions pour développer l’agriculture urbaine à Bordeaux 🗓 🗺

Le jardin caché rue Barreyre aux Chartrons va disparaître Bordeaux

Pourquoi développer l’agriculture urbaine ?

Aujourd’hui, selon la FAO, 800 millions de personnes pratiquent l’agriculture urbaine dans le monde. Les potagers, les jardins, et les exploitations professionnelles en zone urbaine représentent 15 à 20 % de la nourriture de la planète, estime l’ONG Worldwatch Institute.

Il peut s’agir de potagers sur les toits, ou sur les espaces publics municipaux, de jardins et poulaillers sur des friches, comme à New York, ou bien d’une tour maraîchère comme à Romainville, ou encore de fermes urbaines comme à Lille ou Montréal… Même d’anciennes décharges ou d’anciens bidonvilles peuvent être dépollués et fertilisés, comme à Rosario en Argentine.

En France, 25 m2 de terres agricoles disparaissent chaque seconde, soit l’équivalent d’un terrain de foot toutes les cinq minutes et un département tous les sept ans. Ce gaspillage des terres arables concerne principalement les villes nées historiquement sur les meilleures terres.

Développer l’agriculture urbaine sur notre territoire apparaît d’autant plus nécessaire que la métropole bordelaise ne bénéficie que d’un jour d’autonomie alimentaire.

Seulement 0.6% du territoire de Bordeaux est consacré à l’agriculture (33.12 ha), et 10 % des surfaces de la métropole, soit 5 846 ha.

Certes l’autosuffisance alimentaire d’une ville ne peut reposer à court terme sur ce seul concept. Mais cette dernière joue un rôle complémentaire et surtout, elle permet d’éviter que les citadins ne se coupent totalement de la terre nourricière.

L’agriculture urbaine répond ainsi à de multiples enjeux :

Sur le plan écologique, elle participe au maintien de la biodiversité en ville, à la préservation des sols, elle permet de lutter contre les îlots de chaleur, elle permet le stockage du carbone, la perméabilisation des sols et la régénération des nappes phréatiques…

Sur le plan économique, elle favorise les circuits de proximité, les emplois non délocalisables, l’achat d’une nourriture bio et de qualité à des prix abordables, sachant que l’industrialisation de notre agriculture a fortement dégradé la qualité de notre alimentation,

– Elle a aussi une fonction pédagogique forte, en sensibilisant les enfants, et les adultes, à l’origine et à la qualité de ce qu’ils mangent.

– Elle a, enfin, rôle social fondamental. Elle crée du lien social, de la convivialité, via le partage des savoir-faire, elle peut permettre à des familles démunies de se nourrir correctement, sachant qu’un potager de 500 m² permet de nourrir une famille de quatre personnes toute l’année, tout comme une serre de 15 m2, fonctionnant en aquaponie (culture maraichère en écosystème avec élevage de poissons).

Un rapport relatif à l’agriculture urbaine a récemment été présenté à la Métropole qui s’affiche comme chef de file en matière de développement agricole. Des propositions concrètes y sont présentées comme explorer de nouvelles formes de production en développant l’auto-production et le petit élevage, par exemple les poules qui favorisent aussi le zéro déchet alimentaire.

L’A Urba a récemment rendu une étude sur l’agriculture urbaine qui présente un certain nombre de propositions, dont certaines sont reprises ci-après (en italique).

Le groupe écologiste entend soutenir le développement d’une agriculture urbaine exempte de pesticides et d’engrais de synthèse, dans le cadre de la démarche zéro pesticides de Bordeaux Métropole, en pleine terre ou « hors-sol » : carrés potagers, aquaponie, murs vivriers etc. Toutes les innovations en la matière sont expérimentables, en fonction des porteurs de projets. Les choix politiques doivent être tranchés après bilans des expérimentations.

I/ Ce qui se fait déjà

1/ A Bordeaux, un potentiel à valoriser

Les pionniers : les jardins collectifs

La ville de Bordeaux compte aujourd’hui 94 parcelles de jardins familiaux à Bacalan et aux Aubiers gérés par l’association Les Jardins d’Aujourd’hui ; ainsi qu’une quinzaine de jardins partagés qui n’ont pas tous le même développement et le même usage.

Ainsi certains jardins semblent peu dynamiques comme le jardin Alphonse Dupeux ou le Jardin de St Seurin. D’autres sont menacés comme le jardin caché de la rue Barreyre dont la parcelle va être désaffectée au profit d’une opération immobilière. D’autres sont bien entretenus et productifs comme le carré de cultures du Parc Rivière, les jardins de Bacchus (parc de la Béchade), le jardin du Noviciat ou celui de la Villa Pia…

L’animation de ces jardins est confiée à des associations : Les Jardins d’aujourd’hui, Friche & Cheap, 5 de cœur, Village St Seurin, Ateliers bains Douches, Esprit de quartier, Yakafaucon, Cap Carreire, l’Epicerie solidaire…

Les derniers chiffres communiqués par la ville de Bordeaux font état, en 2013, de 20m2 de jardins familiaux et partagés par habitant, contre 62m2 pour le panel de 4 villes de la même strate (source : baromètre délégation au développement durable – octobre 2015)

Jardins familiaux Bacalan Les jardins d'aujourd'hui Bordeaux

Jardins familiaux Bacalan Les jardins d’aujourd’hui Bordeaux

Les défricheurs

Darwin : laboratoire vivant démonstrateurs des nouvelles formes d’agriculture en zone urbaine dense, la zone d’agriculture urbaine expérimentale (ZAUÉ) vise simultanément la pédagogie vers le grand public, la diffusion « open source » des savoir-faire et la reproduction des bonnes pratiques : jardins potagers en permaculture avec l’association BIAPI « Ferme Niel », micro-potagers urbain NATURE & POTAGERS EN VILLE, ruchers « apidagogiques » avec l’association Biz biz éco, poulailler en ville avec POUPOULE, projet de ferme verticale avec le système Courtirez, couveuse champignonnière, production hors-sol de micro-algues avec Urban Algae, projet d’agriculture hybride et collaborative avec Zone-AH (zone-ah.org), aquaponie, hydroponie, compostage collectifs (Les Détritivores), « La Cave à Pleurotes » champignonnières, glanage… Darwin organise depuis 2 ans avec le RES’A.U. les journées de l’agriculture urbaine.

Le RES’A.U. Le Réseau d’Agriculture Urbaine a pour objectif d’informer sur l’actualité de l’agriculture urbaine présente sur la métropole bordelaise mais aussi d’identifier au travers de différents outils, les besoins en infrastructure alimentaire et leur cohérence territoriale afin de déterminer l’élaboration et la faisabilité d’un système alimentaire de proximité adapté à ce territoire.

Les incroyables comestibles Bordeaux. Le mouvement « Incredible Edible », né en Angleterre en 2008, et à Bordeaux en 2012, est un mouvement participatif citoyen non marchand qui s’inscrit dans une démarche de gratuité. Il vise l’autosuffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous en recréant du lien social. En se réappropriant l’espace public et en le transformant en jardin potager géant et gratuit, la nourriture à partager devient une ressource abondante alimentée par tous et offerte à chacun. 80 villes en France et 475 villes dans le monde participent aujourd’hui au mouvement.

Le Réseau Paul Bert : centre social et culturel situé au cœur de la ville, le Réseau Paul Bert a inauguré en 2015 son jardin agroécologique sur le toit terrasse de son immeuble : 140 m2 sont désormais végétalisés avec 6 carrés potagers, 6 ruches et 1 poulailler. Les produits récoltés sont donnés aux résidents (9 logements sociaux) ou alimentent la brasserie multiculturelle, ouverte à tous. Ateliers et visites pédagogiques permettent à chacun de s’initier à la permaculture, à l’apiculture ou au micro élevage.

toit terrasse agro écologique réseau Paul Bert Bordeaux

toit terrasse agro écologique réseau Paul Bert Bordeaux

2/ Dans d’autres villes, une priorité politique affirmée

– Paris 

La mairie de Paris a lancé, en avril 2016, l’appel à projet « Parisculteurs » de végétalisation ou d’agriculture urbaine pour répondre aux enjeux climatiques. 47 sites sont mis à disposition par la mairie et ses partenaires pour verdir et faire pousser plantes et légumes au cœur de la capitale.

– Objectif : +100 ha végétalisés d’ici 2020 (toits, murs, façades) dont 1/3 en agriculture vivrière.

– Dans le cadre du budget participatif, 1 M€ ont été consacré par la ville de Paris à l’équipement des 663 écoles maternelles et élémentaires de la ville en jardins vivriers pédagogiques.

– Le programme Eco-rénovons Paris permet de bénéficier également de primes pour la végétalisation et gestion des eaux de pluie : le projet de végétalisation doit être durable et de qualité. Il doit concourir à la diminution de l’îlot de chaleur urbain, à la rétention des eaux de pluie, à la biodiversité et/ou à l’agriculture urbaine.

Un observatoire de l’agriculture urbaine et de la biodiversité en Île-de-France (http://agricultureurbaine-idf.fr/) qui a pour objectif d’analyser les liens entre agriculture urbaine et biodiversité. Il a été conçu comme une plate-forme collaborative permettant aux différents publics d’alimenter la base de données : chacun peut géolocaliser sa parcelle, renseigner les indicateurs de pratiques culturales, mais également des indicateurs scientifiques.

– Albi

Début 2016 la ville d’Albi (51 000 habitants) est la 1ère municipalité française à s’être fixé l’objectif d’autosuffisance alimentaire dans un rayon de 60 km à l’horizon 2020. Pour ce faire, outre le recours aux « Incroyables comestibles », la mairie a innové en préemptant 73 ha de friches puis en louant de petites parcelles d’environ un hectare à des néomaraîchers, uniquement en bio, pour un loyer de 70 euros par hectare et par an. Les clients doivent être locaux, en circuit court : paniers, vente en ligne, écoles…Pour l’instant, 8 hectares ont été rachetés. Et 7 emplois ont déjà été créés. La réhabilitation des jardins ouvriers et des potagers délaissés chez les personnes âgées sera la prochaine étape. Une plate-forme Internet devrait bientôt voir le jour pour mettre en relation des jardiniers volontaires et les propriétaires de jardins délaissés.

– Rennes 

Par délibération en date du 27 juin 2016, le Conseil municipal de la Ville de Rennes (213 000 habitants) a affirmé sa volonté de s’engager en faveur de l’autonomie alimentaire de la ville. Rennes, investie au sein du label « Villes et villages comestibles de France » devient, après Albi, une municipalité de taille conséquente à prendre la voie d’un avenir alimentaire plus soutenable. La ville de Rennes dispose déjà d’une « ceinture verte », espace de production agricole de près de 30 000 ha, d’un programme local de l’agriculture (Pays de Rennes) qui stipule la nécessité de « développer les activités agricoles tournées vers la ville » (mise en place de circuits courts : ventes directes, marchés, AMAP), d’un plan alimentaire durable (lauréat de l’appel à projet du programme national pour l’alimentation du ministère de l’agriculture) et de 12 jardins « Incroyables comestibles » entretenus au quotidien par une centaine de personnes…

– Montpellier

Pour tenter de faire face à l’explosion du nombre de nouveaux habitants, en 2006, le SCOT (schéma de cohérence territoriale) de Montpellier (260 000 habitants) a innové en déclarant les espaces naturels et agricoles comme l’armature fondatrice du projet urbain d’agglomération, et non plus comme simples variables d’ajustement du développement urbain. Les « agriparcs » sont ainsi à la fois des espaces de production agricole, des parcs périurbains accessibles à tous, avec un aspect de valorisation paysagère. Par exemple, l’agriparc du Mas Nouguier est une réserve agricole entièrement entretenue par la ville de Montpellier. Il comprend dix hectares de vignoble en agriculture biologique et chaque année, le vin est mis en bouteille par une coopérative et destiné à une vente aux enchères dont le montant est restitué à des œuvres caritatives et l’autre partie est utilisée lors de pots de l’amitié et manifestations municipales et associatives.
Des ruchers et 135 oliviers (5800 m2) permettent de développer des ateliers pédagogiques et des récoltes en lien avec les habitants du quartier et les enfants des écoles.

– Romainville

La Ville de Romainville (25 800 habitants), ancienne cité maraîchère, a engagé une réflexion globale sur l’intégration d’activités agricoles afin d’assurer un développement économique durable de son territoire, en incluant l’agriculture urbaine dans ses « grands projets ». La tour maraîchère qui devrait ouvrir en 2018 serait gérée par une fondation pour l’agriculture urbaine et proposera sur 1000m2 : production, serres pédagogiques et lieu de vente directe.

Projet de tour maraîchère Romainville (93)

Projet de tour maraîchère Romainville (93)

II/ Nos propositions

1/ Préserver, valoriser et libérer le foncier

– Mener une politique de préservation et d’acquisition foncière volontariste pour réserver des espaces naturels et agricoles (en lien avec Bordeaux métropole). Sanctuariser les dernières zones humides de notre territoire (les 9.1 ha de La Jallère, pour y accueillir de l’élevage par exemple). 1800 ha de foncier agricole sont perdus chaque année en Gironde. Fixer un objectif de production d’espaces végétalisés et agricoles (a minima 10 ha/an pendant 10 ans). Favoriser les installations collectives et les achats de terrains via des fonds citoyens, type Terre de liens.

– Au niveau du plan local d’urbanisme métropolitain (PLU 3.1) nous proposons que soit envisagée l’utilisation des emplacements réservés (ER) et des servitudes de localisation d’espaces verts au titre de l’application de l’article L.123-2C du code de l’urbanisme, pour  la création de parcs et de jardins. Nous proposons également d’instaurer dans le PLU un coefficient de biotope qui impose à tout nouvel aménagement un espace vert que ce soit en pleine terre, sur dalle, en toiture et par végétalisation des murs et façades (cf PLU Paris, Montreuil, Rennes). Toutes les opérations immobilières devraient comprendre un pourcentage de végétalisation, notamment vivrière (cf exemple des hangars municipaux à Caudéran). Prendre en compte les valeurs agronomiques et environnementales des sols lors des modifications des documents d’urbanisme.

Redynamiser la production horticole et maraîchère sur les espaces non exploités du domaine du Haillan (en lien avec le lycée horticole et les serres municipales), en y installant des producteurs.

Systématiser la présence de jardins partagés ou familiaux dans tous les nouveaux projets urbains (Brazza, Bastide Niel, OIN Euratlantique…).

Contractualiser un engagement partenarial avec les bailleurs sociaux pour la mise en œuvre d’un programme d’actions sur l’agriculture urbaine (promotion de jardins familiaux et partagés, poulaillers, composteurs, etc.).

Libérer des places de stationnement pour y implanter des bacs à plantations vivrières (incroyables comestibles, riverains…). Commencer par au moins une place par rue (12.5 m2 libérés pour des potagers urbains).

Développer les parcelles sur les toits terrasses (en particulier dans les grands ensembles urbains), en commençant par recenser l’ensemble des toits plats existants potentiellement cultivables (Mériadeck…).  A Brooklyn et dans le Queens se trouve Gotham Greens, société spécialisée en cultures hors sol : un total de 10 000 m² répartis sur les toits de 3 entrepôts permet une production annuelle de 227 tonnes de légumes (salades, tomates…). Etudier la possible complémentarité entre panneaux photovoltaïques et culture vivrière.

2/ Diversifier les ressources

Etendre la végétalisation des rues en instituant « le permis de végétaliser » notamment sur les délaissés de voiries du domaine public et en développant les plantations de comestibles (vignes par exemple) et d’arbres fruitiers : investissement des espaces verts collectifs des résidences (exemple de la résidence Pascal Lafargue à Bacalan[1] gérée par Aquitanis), végétalisation hors-sol d’espaces minéraux (place Pey Berland, place de la Victoire…), plantation potagères des espaces verts des entreprises et collectivités (exemple du CD33…).

bacs amovibles arbres bancs publics

bacs amovibles arbres bancs publics

Expérimenter l’agriculture hors-sol écologique (lutte biologique, sans OGM, irrigation en circuit fermé…) : hydroponie, aéroponie, aquaponie… Exemple de la ferme privée LUFA à Montréal : 7000 m2, 190 tonnes de légumes récoltés, 300 abonnés au panier (entre 22 et 30$ pour 2.7 à 4kg de légumes), 4.5M€ d’investissements, 65 salariés, retour sur investissement dès la 1ère année). Exemples : Projets d’aquaponie (associant hydroponie et aquaculture) sur les toits de la base sous-marine, champignonnières dans les caves bordelaises… Expérimenter une ferme verticale : le microbiologiste américain Dickson Despommier estime qu’un hectare d’agriculture verticale équivaudrait à 10 hectares de ferme horizontale.

– Outre le bilan de l’opération « adoptez 2 poules » lancée par la métropole et l’ADEME auprès de 160 foyers, expérimenter un poulailler collectif par quartier. Expérience de Saint-Denis (93) : 30m2, 10 poules (40 prévues au total) : les adhérents de l’association prennent en charge collectivement la gestion d’un poulailler en partageant les tâches d’entretien, la nourriture et le gardiennage des poules. Les œufs sont partagés entre les adhérents de l’association pour leur consommation personnelle.

Pierre Hurmic dans le poulailler sur le toit du Réseau Paul Bert Bordeaux

Pierre Hurmic dans le poulailler sur le toit du Réseau Paul Bert Bordeaux

– Encourager et accompagner la conservation et la distribution des semences de variétés locales (développer les « grainothèques » en libre accès à l’instar des boîtes à lire).

– Promouvoir le « cercle vertueux de la ville organique » en développant la collecte des fermentescibles, tant auprès des particuliers que des professionnels. Le compost ainsi récolté, en plus de réduire la production de déchets, fertilise les nouvelles parcelles créées.

3/ Sensibiliser, communiquer et mettre en réseau les acteurs

Soutenir et renforcer les actions pédagogiques et sociales autour de l’agriculture urbaine : associations (Jardins d’aujourd’hui, Friche&Cheap, Réseau Paul Bert …) et les expérimentations innovantes (ZAUE de Darwin…). L’accompagnement des associations doit se faire dans la durée.

Monter un appel à projet pour des structures qui se déplaceraient chez les Bordelais et proposeraient des ateliers jardinages, maraîchage afin de mettre à disposition des espaces verts à cultiver, tisser du lien, nourrir correctement les plus précaires dans un premier temps, exploiter les jardins délaissés (notamment des aînés) et élargir les distributions.  Créer une épicerie sociale avec les productions locales par quartier.

Mettre en relation la communauté éducative et les acteurs de l’agriculture urbaine autour des potagers urbains.

Faire de la pédagogie autour de la cueillette et de la cuisine des sauvages et des comestibles disponibles en ville et autour de la conservation et la distribution des semences (grainothèques, semis etc.).

Candidater pour l’obtention du label « Villes et villages comestibles de France » proposé par le mouvement citoyen des « Incroyables comestibles », à l’instar des villes d’Albi et de Rennes.

Associer les événements culturels et créatifs aux enjeux de l’agriculture urbaine : Agora, Bruit du frigo, Pola… cf poulailler urbain vertical Troy (design, container, valorisation des déchets, outil pédagogique et artistique de sensibilisation et d’éducation). A l’instar du festival Climax qui allie enjeux culturels et crise climatique.

Créer un portail interactif, à l’image de http://agricultureurbaine-idf.fr/ dédié à l’agriculture métropolitaine (informations partagées, liens entre le milieu associatif et les collectivités, vitrine pour certaines entreprises, forum d’échange pour le grand public, etc.). Ce portail pourrait croiser la question du financement participatif (en cours de réflexion à Bordeaux Métropole suite au 55 000 ha de nature), la cartographie des circuits courts et le Réseau d’Agriculture Urbaine Rés’A.U, afin de pouvoir réunir sur un seul site l’ensemble des initiatives professionnelles, associatives ou démonstratives et de soutenir leurs financements, et faciliter leur mise en réseau.

Mettre en œuvre un projet alimentaire territorial pour aller encore plus loin vers le principe d’une gouvernance alimentaire intégrée, c’est-à-dire qui traite l’alimentation de la fourche à la fourchette en tenant compte du gaspillage alimentaire, de la restauration collective, de la gestion des déchets fermentescibles, du lien entre santé et alimentation, entre alimentation et lien social, entre alimentation et plaisir. Un projet alimentaire territorial est une articulation d’actions menées entre bien produire, agro-écologie, circuits courts, éco-conception et valorisation des produits bio-énergie et bio-matériaux, économie sociale et solidaire et bien manger, éducation à l’alimentation, lutte contre le gaspillage, agro-trourisme à l’usage d’un territoire.

Il vise à : « renforcer l’agriculture locale, l’identité culturelle du terroir, la cohésion sociale, la santé et plus largement le bien-être individuel et collectif des populations. » (DRAAF, Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). Un appel à projets du Programme National pour l’Alimentation a été lancé en novembre 2015. Un budget global de 600 000 € était alloué à cet appel à projets pour une subvention pouvant aller jusqu’à 40.000 € maximum par projet. La Ville de Bordeaux ou la Métropole y ont-elles répondu ? Nous sommes intervenus pour le proposer lors du conseil municipal du 28/09/2015, sans succès.

projet alimentaire territorial

projet alimentaire territorial global

Car c’est bien d’un projet alimentaire territorial global dont nous avons besoin aujourd’hui pour faire monter en puissance cette agriculture urbaine source d’innovations, de lien social, de réappropriation citoyenne et de sécurité alimentaire sur notre territoire.

Sources :

– Etude A’Urba sur l’agriculture urbaine à Bordeaux – mars 2016.

– Restitution des chantiers « gouvernance alimentaire en Aquitain » lancés par la DREAL en 2014 et animés par l’IUFN – oct/déc 2015.

– « Agriculture urbaine, vers une réconciliation ville-nature » Antoine Lagneau, Marc Barra, Gilles Lecuir, Natureparif, Le Passager Clandestin, 2015.

– Rapport d’information de l’Assemblée nationale sur les circuits courts et la relocalisation des filières agricoles et alimentaires de la députée EELV Brigitte Allain, juillet 2015.

[1] http://www.aquitanisphere.com/actus/un-verger-en-partage-residence-pascal-lafargue-ac-429  http://www.aquitaniservices.fr/Une-residence-fete-ses-espaces-partages.htm?ob=a&act_id=83

A la une Agenda Agriculture Agriculture urbaine Communiqués de presse Dossiers Vos élu-e-s Vos élus
EELV Aquitaine 13 rue du chai des farines Bordeaux Carte

Remonter