Nos propositions pour développer l’agriculture urbaine à Bordeaux : tribune du mois de septembre 2016 🗺

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Agriculture urbaine : comment manger mieux, manger sain et manger tous en ville ?

Nous disposons actuellement au sein de la métropole bordelaise d’un jour d’autonomie alimentaire. La réappropriation collective de l’agriculture en ville est donc aujourd’hui vitale pour notre territoire. L’industrialisation croissante de l’agriculture a fortement dégradé la qualité de notre alimentation. L’allongement de nos journées, temps de transport inclus, favorise l’usage à domicile de produits transformés, souvent trop gras, trop salés, trop sucrés…

Les enjeux de l’agriculture urbaine sont ainsi à la fois écologiques (végétalisation, biodiversité, lutte contre les îlots de chaleur, réduction des pollutions via les circuits-courts locaux…), économiques (emplois locaux non délocalisables…), pédagogiques (redécouverte du lien à la terre) et sociaux (nourriture saine accessible, développement du lien social et de la convivialité via le partage de savoir-faire…).

Certaines initiatives innovantes ou plus traditionnelles existent déjà à Bordeaux (zone d’agriculture urbaine expérimentale de Darwin, toit du Réseau Paul Bert, jardins familiaux et partagés…). Cependant notre agglomération n’est pas assez volontariste dans ce domaine. Ainsi, les dernières informations communiquées par la ville de Bordeaux font état, en 2013, de 20m2 de jardins familiaux et partagés par habitant, contre 62m2 pour un panel de 4 villes de la même strate.

Nous devons favoriser le développement d’une agriculture urbaine exempte de pesticides et d’engrais de synthèse, dans le cadre de la démarche zéro pesticides de Bordeaux métropole, en pleine terre ou « hors-sol » écologique : carrés potagers en permaculture, aquaponie, murs vivriers etc.

Nous allons présenter très prochainement des propositions pour développer l’agriculture urbaine et notre autonomie alimentaire à Bordeaux. En voici quelques-unes :

Etendre la végétalisation des rues en instituant un « permis de végétaliser » et en développant les plantations de comestibles (vignes par exemple) et les arbres fruitiers ;

Systématiser la présence de jardins partagés dans tous les nouveaux projets urbains (Brazza, Bastide Niel, OIN Euratlantique…) ;

Libérer des places de stationnement pour y implanter des bacs à plantations vivrières (en lien avec l’association « incroyables comestibles » et les riverains) ;

Soutenir et renforcer les actions pédagogiques et sociales et les expérimentations innovantes autour de l’agriculture urbaine ;

Mener une politique d’acquisition foncière volontariste pour préserver des espaces naturels et agricoles : 1800 ha de foncier agricole sont perdus chaque année en Gironde. Fixer un objectif de production d’espaces végétalisés et agricoles : la ville de Paris s’est fixé 100 ha d’ici 2020, dont 20 ha sur son patrimoine propre et 1/3 en culture vivrière. Bordeaux pourrait se fixer l’objectif de 10 ha à revégétaliser d’ici 10 ans, soit 1ha/an.

Pour finir, nous avons besoin aujourd’hui d’un projet alimentaire territorial global pour faire monter en puissance cette agriculture urbaine source d’innovations, de lien social, de réappropriation citoyenne et de sécurité alimentaire sur notre territoire.

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