Enjeux climatiques, Darwin, Euratlantique, Grand Parc, coût des crèches, nature en ville : notre compte-rendu du conseil municipal du 15/10/2018

pacte finance climat européen

Intervention de Pierre Hurmic sur la marque « Magnetic Bordeaux » et la stratégie territoriale de marketing de la ville et la métropole

Politiques climatiques locales  : « Dr Alain et Mr Juppé » ?

Monsieur le Maire, mes Chers Collègues, cette délibération s’inscrit, Madame CALMELS vient de nous le rappeler, dans la stratégie de développement collectif de la marque territoriale Magnetic Bordeaux et dans le cadre de la stratégie d’activité et de marketing territorial de Bordeaux et de sa Métropole. Nous sommes d’accord, bien sûr, sur
ces objectifs assignés à notre participation à cette manifestation, mais permettez-nous de revenir quelques instants, précisément, sur la stratégie d’attractivité territoriale et d’activités économiques territoriales qui est véhiculée à l’occasion de tels marchés internationaux. Nous avons eu la curiosité d’aller voir à quoi correspondaient exactement
les finalités initiales de Magnetic Bordeaux lorsque Magnetic Bordeaux a été portée sur les fonts baptismaux en 2016. Et, effectivement, la démarche qui était entamée à l’époque par Madame CALMELS allait dans le bon sens, dans la mesure où elle souhaitait associer les acteurs économiques et institutions dits « portes d’entrée du territoire » avec pour objectif de révéler et de développer la dynamique économique, la vitalité des écosystèmes, j’y reviendrai, et de façon plus large, de co-construire l’attractivité globale du territoire de Bordeaux.

On est bien d’accord sur les finalités. Est-ce qu’aujourd’hui on n’est pas en droit de considérer que ces finalités de 2016 ne mériteraient
pas d’être quelque peu dépoussiérées à la lueur de l’actualité la plus récente. Je pense, par exemple, que cet aspect Magnetic Bordeaux qui consiste à vouloir dire : « On va attirer sur Bordeaux de plus en plus d’entreprises, de plus en plus d’habitants », cette espèce de course au gigantisme qui correspondait à la finalité initiale de la dynamique, est-ce vous-même, Monsieur le Maire, vous ne l’avez pas quand même un peu remise en cause lorsque vous avez déclaré, je vous cite, très récemment, et j’avoue j’approuve totalement vos propos. Cet objectif quantitatif assigné à cette dynamique, est-ce que vous n’avez pas vous-même, Monsieur le Maire, remis un peu en cause, et je vous cite, lors de la conférence de presse que vous avez tenue, le 27 septembre dernier, à propos de Bordeaux 2050, je cite vos propos exacts : « Lorsque l’on a proposé, avec Vincent FELTESSE, le slogan de la Métropole millionnaire, on s’est un peu planté. Le nombre n’est pas un objectif en soi. C’est la qualité qui m’importe ». Fin de citation.
Pour la première fois, vous entamez une réflexion que d’ailleurs on a eu l’occasion de poursuivre un peu, ici à la Métropole, sur cette course au gigantisme qu’incarnait fort bien le slogan de l’agglomération millionnaire, que décline également fort bien sur le terrain économique la marque Attractive Bordeaux, mais est-ce que vous ne pensez pas qu’à la lueur des événements les plus récents, de vos déclarations les plus récentes notamment, les finalités assignées à Attractive Bordeaux ne devraient être pas revisitées ?
Vous donnez notamment comme finalité importante à Magnetic Bordeaux de « développer la dynamique économique », « co-construire l’attractivité globale du territoire », je le disais, mais aussi de
« mettre en œuvre la vitalité des écosystèmes ». La vitalité des écosystèmes, vous m’autoriserez à faire une référence directe à l’actualité, y compris l’actualité judiciaire la plus récente, nous n’avons pas 36 000 écosystèmes à Bordeaux. Nous avons un écosystème dynamique à Bordeaux qui, d’ailleurs, était partie prenante, un des fondateurs d’Attractive Bordeaux, c’est l’écosystème Darwin. À l’heure où Darwin se trouve assigné en référé devant le Tribunal de Grande Instance et à l’instant même où nous parlons puisque l’assignation était à 14 heures, je pense que c’est important d’attirer vraiment votre attention sur le souci particulier que mérite la protection de cet écosystème, au titre même des finalités que vous vous êtes assignées. Alors, on ne va pas faire aujourd’hui le procès ou contre Darwin, en quoi Darwin a été transgressif, en quoi il ne l’a pas été, mais je voudrais quand même insister sur le fait que l’apport de Darwin à notre Métropole, et je pense que Madame CALMELS ne saura pas me démentir sur ce terrain-là, est quand même un apport considérable.
Sur le plan de l’image de la Ville, certes, vous considérez, Monsieur le Maire, je le sais que vous avez donné pour Darwin, mais je pense que Darwin a beaucoup donné, a beaucoup apporté à Bordeaux, et que Darwin mérite des attentions particulières politiques, plus que judiciaires de la part de notre collectivité. Je veux quand même donner, parce que souvent on a l’impression que c’est un village de Gaulois, Darwin un peu, de quelques écolos qui s’agitent entre eux. Je veux donner quand même quelques chiffres qui me paraissent importants dans le cadre
de ce débat sur Darwin. Darwin, c’est 1 556 emplois soutenus en équivalent plein temps dont 1 100 emplois sur la Métropole, et les chiffres que je donne sont issus d’un rapport qui a été fait par un cabinet d’études. Cette même étude montre que Darwin crée 25 % d’emplois de plus qu’un modèle traditionnel pour le territoire bordelais à l’image du Magasin général qui emploie 45 salariés. Darwin, c’est aussi l’incubateur Évolution et ses partenaires financiers qui ont investi plus de 20 millions d’euros depuis 8 ans. Plusieurs millions d’euros ont pu être économisés par la collectivité par le développement de dizaines d’activités associatives sans subventionnement. Je pense au skatepark, au Hangar dépôt, au lycée Edgar Morin, la Ferme Niel, etc. 60 millions d’euros de contributions au produit intérieur brut, au PIB de la Métropole. Cela aussi, c’est le bureau d’études que j’ai cité, il y a un instant.
Et enfin, très peu de subventionnements publics, 4 % des sommes injectées, pour le fonctionnement du projet.
Tout cela pour dire que lorsque l’on parle de dynamique économique, on doit également parler de l’écosystème de Darwin qui me paraît être un acteur fondamental de cette dynamique et de cette attractivité économique de la Métropole.

Et également, quand je parle de l’actualité, Monsieur le Maire, vous ne pouvez pas faire abstraction de l’actualité et des préoccupations climatiques qui sont les nôtres, qui sont vraisemblablement aussi les vôtres.
Bordeaux, samedi dernier, vous le savez, une manifestation importante, près de 3 500 manifestants ont dit « Il faut que la priorité climatique irrigue toutes les politiques notamment municipales ». Je pense qu’il serait bien que la priorité climatique vienne irriguer les politiques économiques dont Madame CALMELS se fait la championne.
Et également, je ne peux pas, Monsieur le Maire, ne pas faire allusion à l’appel des 30 personnalités pour un sursaut politique que vous avez vous-même signé, la semaine dernière. Je pense que, comme beaucoup de nos concitoyens, vous avez été ému par le dernier rapport du GIEC qui est particulièrement alarmant. Et à la suite de ce rapport, avec une trentaine de personnalités dont vous-même ou Anne HIDALGO, notamment, vous avez enjoint au Gouvernement de mettre en œuvre des changements sans précédent, je vous cite : « Des changements sans précédent, seuls à même, selon les scientifiques du GIEC, je vous cite toujours, de limiter l’impact du dérèglement climatique ». Vous avez écrit, Monsieur le Maire, ce sont les termes mêmes de cet appel que vous avez co-signé, je vous cite toujours : « Nous sommes convaincus qu’un autre modèle de développement est possible, viable économiquement ». J’aimerais que ces préoccupations irriguent le développement économique. C’est très bien de dire au Gouvernement : « Il faut changer de logiciel. Il faut un autre modèle de développement ».
J’aimerais que Madame CALMELS nous explique en quoi ce nouveau modèle de développement va servir désormais de leitmotiv à la politique économique bordelaise et métropolitaine qu’elle est en train de mettre en œuvre. Ce changement profond de modèle de développement, nous vous poserons la question à chaque occasion, Madame CALMELS, que vous nous présenterez un projet économique. Il ne faut pas toujours dire « C’est les autres ». Les appels au Gouvernement à agir, c’est très bien, mais le Gouvernement n’est pas seul.

On sait que les collectivités locales ont un rôle primordial à jouer pour la protection du climat. Les métropoles sont responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Nous vous demandons donc d’agir au niveau local, de ne pas tout attendre de l’État, mais de vous retrousser les manches. Sinon Monsieur le Maire, et je terminerai là-dessus, on vous voit assez prompt à signer des tas de pétitions nationales pour dire : « Il faut renverser les priorités. » Ce qu’a dit Nicolas HULOT quand il a quitté le Gouvernement, c’est très bien. Le développement économique tel
qu’on l’a toujours conçu, est totalement incompatible avec la priorité climatique. Donc, c’est très bien de signer les pétitions qui vont dans ce sens-là, mais la question que je vous pose aujourd’hui, c’est « Localement, qu’est-ce que vous faites, vous, et Madame CALMELS pour donner du sens à ces préoccupations partagées ? », sinon, et c’est vraiment mon dernier mot, on a vraiment l’impression que l’on a affaire à Docteur Alain qui se préoccupe au niveau national, qui va au chevet du climat et de la planète, et puis Mister JUPPÉ qui, au niveau local, ne se donne pas les moyens de changer de paradigme pour assurer le développement de notre Métropole ainsi qu’il devrait le faire. Je vous remercie. »

Ce début de conseil municipal où Pierre Hurmic évoque la situation de Darwin, deviendra extrêmement houleux 3 heures plus tard, entre Pierre Hurmic et Alain Juppé à l’occasion d’un nouveau débat sur l’assignation en justice de BMA contre Darwin (cliquer sur le lien).

Peupliers et ruisseau du Limancet au Grand Parc. Intervention de Delphine Jamet

peupliers grand parc

Monsieur le Maire, chers collègues,
En 2014 nous nous inquiétions déjà du projet de construction d’un immeuble par InCite qui devait être construit à proximité du dernier ruisseau à ciel ouvert de la ville de Bordeaux : le Limancet. Et qui porte aujourd’hui le même nom.
Dans le journal d’InCite de Janvier 2015 on peut lire : « Ce projet consiste à intégrer un bâtiment à la limite du Grand Parc en utilisant le talus qui borde le terrain. »
En effet, le talus a tellement bien été utilisé que 13 peupliers majestueux, qui vivaient là en totale harmonie avec le ruisseau, depuis l’origine du grand parc c’est à dire depuis presque 60 ans ont été ou vont être abattus prochainement par Incite suite à un diagnostic de l’ONF qui écrit en mai 2018 : « L’état mécanique est actuellement préoccupant sur 9 arbres et des actions de mise en sécurité sont nécessaires. Ces états sont le résultat des dégâts occasionnés par les engins de chantiers et la conduite délaissée des arbres. »
Il se trouve que les actions de mise en sécurité dont parle l’ONF dans son rapport consiste en l’abattage pur et simple de ces arbres qui on une espérance de vie de 150 ans. Tout cela à cause de défaillances dans la conduite du chantier par l’entreprise de terrassement du promoteur.
De nombreux habitants sont choqués et nous ont interpellé à cette occasion. Lors d’une réunion publique qu’il a été contraint d’organiser après l’abattage des 1ers arbres sans concertation avec les habitants, le directeur d’InCite s’est engagé à replanter des arbres juvéniles qui mettront 60 ans à procurer les mêmes bénéfices éco systémiques que les peupliers condamnés.
Je demande votre plus grande vigilance, Monsieur le Maire, chers collègues, pour que ce type d’incident cesse de se reproduire à Bordeaux.

Et j’attire votre attention sur le cours d’eau du Limancet, pour que d’une part il soit à nouveau nettoyé (car c’est un véritable dépotoir on vous le dit depuis 2015), et d’autre part pour que les arbres qui seront plantés soient aussi des arbres de ripisylve comme les peupliers noirs d’Italie qui régulaient l’écosystème de la rivière.
En août 2014 suite à nos interrogations sur le respect de cet écrin de nature rare vous nous répondiez :
« le traitement paysager a fait l’objet d’une étude et d’engagements sérieux de la part du pétitionnaire dans le cadre du permis (de construire) délivré.
Compte tenu du potentiel paysager du site, les élus et nos services ont été attentifs sur ce sujet. Nous aurons à vérifier le respect de ces engagements, mais dans la perspective de leur réalisation, tout porte à croire que ce site sera dans un meilleur état qu’il ne l’est aujourd’hui.
Aujourd’hui 13 peupliers de 60 ans et de 30 mètres sont abattus, la rivière est dans un état déplorable, l’immeuble connaît des malfaçons… Bref, ce projet, dont l’insertion dans son environnement naturel n’a pas été réfléchi, n’a rien amélioré du tout quant au cadre de vie des habitants du quartier, bien au contraire.
Je vous remercie.

Pierre Hurmic termine ce conseil en lisant notre proposition de vœu de soutien à l’appel du pacte finance-climat, que nous avions proposé au vote en septembre dernier et qu’Alain Juppé avait décalé d’un mois pour pouvoir davantage analyser la question de la création monétaire de la banque centrale qui était mentionnée. Dans cette version finale, votée à l’unanimité du conseil, à l’exception du groupe rassemblement national, qui selon son représentant Mr Jay « ne participe pas à la foi dans le réchauffement climatique », la question de la création monétaire par la banque centrale européenne n’est plus présente.

Débat sur les crèches en délégation de service public

Mme Collet, adjointe à la petite enfance, présente 5 bilans de 5 crèches en DSP

Intervention de Delphine Jamet

Monsieur le Maire, Chers Collègues, la Ville de Bordeaux a fait le choix, depuis 2012, de développer peu à peu la délégation de la gestion de ses crèches à des entreprises privées à but lucratif. Nous avons toujours voté contre ces contrats de DSP considérant que la lucrativité n’a pas lieu d’être dans le secteur de la Petite enfance. Aujourd’hui, vous nous présentez 5 rapports de DSP sur lesquels nous n’avons pas à voter puisqu’il s’agit d’information. Nous retenons de la comparaison de ces 5 rapports d’une part, que nous souhaiterions que le coût comparé des places
de crèche pour la ville et donc pour le contribuable soit rendu public. En analysant les rapports, on constate que les profits de la plupart des délégataires sont en augmentation, et la plupart pour les mêmes raisons : économies sur les frais de personnel, bon taux de présentéisme qui est plutôt une bonne chose, et revente surtout de berceaux à des entreprises privées. Les économies sur les frais de personnel tout comme le turnover du personnel nous interpellent, comme l’a dit Emmanuelle AJON. Par ailleurs, le prix par place pour la ville va du simple au double.
Nous sommes déjà intervenus pour faire part de ce constat par rapport aux crèches associatives. Nous savons qu’en fonction du projet, les prix peuvent évoluer, mais nous avons besoin d’avoir plus d’informations pour que ce soit plus transparent.
Nous vous demandons aujourd’hui d’avoir une vision précise, comparative sur les différents modes de gestion des crèches de Bordeaux, qu’elles soient municipales, associatives ou privées, et nous insistons à nouveau pour vous dire que nous regrettons, pour l’information de l’ensemble des administrés, que ce ne soit pas encore fait.
Je vous remercie.

Grosses différences de prix de la place par an pour la ville entre les différentes crèches en DSP :

Larralde 4114€/place : Le montant de la compensation Ville au titre de 2017, hors régularisations, est de 246 822 euros. La capacité de la crèche étant de 60 berceaux, le prix par place pour la Ville est de 4 114 euros en 2017.

Mirassou 3035€/place : Le montant de la participation Ville réelle au titre de 2017, calculée conformément au contrat s’élève à 182 113 euros pour 60 berceaux, soit un prix par place pour la Ville de 3 035 euros.

Détrois 3816€/place Le montant de la compensation Ville au titre de 2017, hors régularisations sur exercices antérieurs, est de 228 933 euros. La capacité de la crèche étant de 60 berceaux, le prix par place pour la Ville est de 3 816 euros en 2017.

Berges du Lac (7 mois 2017) 6028€/place : Le coût réel d’une place pour la Ville sur les sept premier mois 2017 est de 3 516 euros, soit 6 028 euros, si l’on rapporte ce montant sur 12 mois, ce qui correspond à une diminution du coût par place de 582 euros (-8,80%).

Berges du Lac (1/8 au 31/12/2017) 5227€/place Le coût réel d’une place pour la Ville sur cette période est donc de 2 178 euros, soit 5 227 euros si l’on rapporte ce montant sur 12 mois. Le coût réel par place pour la Ville sur les cinq derniers mois de l’année 2017 est égal au coût prévisionnel contractuel.

Suite à cette intervention, et en amont du conseil du 17/12/2018 nous avons redemandé l’étude comparative des coûts des crèches.

Voici la réponse que nous avons reçue. Les chiffres seront remis en cause par Delphine lors du CM du 17/12/2018.

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Encore trop de produits phytosanitaires au golf de Bordeaux !

Intervention de Delphine Jamet

Monsieur le Maire, Chers Collègues, Bordeaux a été assez innovante sur la politique zéro phyto. Et clairement quand on me pose la question, Bordeaux au niveau écologie, c’est l’exemple que je cite. Aujourd’hui, le Golf de Bordeaux, c’est une aberration. Franchement, la tache sur la politique zéro phyto de la Ville de Bordeaux, c’est le Golf de Bordeaux. Les dépenses en produits phytosanitaires ont explosé en 2017, passant de 7 881 euros en 2015 à 14 413 euros en 2016, et à 18 218 euros en 2017, soit une augmentation de 130 % en 2 ans. Sur le papier, on nous parle d’une démarche nationale « Golf nature » avec un plan d’action pour le Golf de Bordeaux et de la démarche « Pelouse sportive écologique » engagée depuis 2015, mais dans les faits, quand on regarde les comptes, on constate que les dépenses de produits phytosanitaires connaissent un delta de 130 % d’augmentation entre 2015 et 2017. Je vous rappelle que le plan d’action 2017 pour la préservation de la biodiversité joint à ce rapport indique un objectif de diminution de la gestion des effluents phytosanitaires pour 2016. Aujourd’hui, on voit que cela augmente encore,
encore et encore. Cela fait 3 ans, 4 ans que l’on intervient sur ce sujet-là, et on voit que rien n’est fait.
Le golf est à proximité d’une réserve naturelle. C’est quand même assez incroyable, aujourd’hui en 2018, que l’on en soit encore là. Et je vous demande vraiment de faire en sorte que le Golf de Bordeaux fasse vraiment ce qu’il dit et ne pas mettre juste sur le simple papier. Nous sommes toujours encore sur des intentions et jamais dans des réalisations, et c’est cela qui est quand même assez désespérant. Je vous remercie.

Réponse de MME PIAZZA, adjointe au sport
Je vous ai bien entendue. Je pense qu’il y a encore un gros travail à faire. Vos chiffres demandent à être vérifiés, mais je les entends. J’espère que, l’année prochaine, sur le prochain rapport annuel, on saura vous dire et faire évidemment mieux que les années précédentes. Merci.

Voici les chiffres présents dans le rapport :

Produits phytosanitaires Golf de Bordeaux

Produits phytosanitaires Golf de Bordeaux

OIN Euratlantique : étude d’impact de la ZAC Garonne Eiffel. Nous votons contre l’avis favorable de la ville de Bordeaux

MME JAMET
Monsieur le Maire, Chers Collègues, lors du Conseil municipal du 3 avril 2017, nous nous sommes abstenus au sujet de la délibération portant sur l’enquête publique de cette même ZAC relative à l’autorisation de loi sur l’eau où la Ville donnait également un avis positif. Les raisons de cette abstention étaient liées à l’absence de prise en compte de l’avis de l’autorité environnementale, notamment en lien avec la protection des espèces animales protégées et recensées sur le site.
Aujourd’hui, vous nous confirmez que l’alyte accoucheur, espèce de batracien protégée patrimoniale en Aquitaine et peu commune en Gironde, est présente sur le site, et que l’aménageur, je cite, « fera intervenir un écologue de façon à disposer d’une mise à jour des espèces protégées présentes, de leur localisation, de leur évolution afin d’ajuster, si nécessaire, les projets. »
Hormis cette espèce que vous citez nommément dans la délibération, il y a aussi le crapaud commun, la grenouille rieuse, et la grenouille verte, trois espèces protégées qui ont été recensées dans la zone. Je ne vais pas revenir sur ce que j’avais dit déjà en 2017 sur l’importance de ces espèces en termes de biodiversité et d’intérêt pour les humains que nous sommes.
Nous demandons à nouveau un avis positif sous réserve d’une réelle adaptation du projet à la conservation et à la survie de ces espèces. Quand je lis, dernière page de l’étude d’impact, que la conservation des amphibiens va être confiée aux promoteurs sur les lots qu’ils vont commercialiser, laissez-moi avoir quelques doutes sur la survie de ces
espèces menacées. On arrive aujourd’hui déjà à ne pas protéger les arbres pendant les chantiers. Alors, comment on va protéger ces grenouilles et ces crapauds ?
Quant à la compensation des zones humides détruites, rien ne vaut l’évitement, car la loi demande en priorité d’éviter la destruction des zones humides, et de les compenser qu’en dernier ressort. Un tiers est conservé, et nous nous en réjouissons. Nous allons donc compenser, ce qui est à moindre mal, mais vous y êtes obligé donc on va passer sur ce sujet-là.
Enfin, je voulais aussi attirer votre attention sur les enjeux climatiques. Vous nous dites, je cite, que « l’aménagement de surfaces importantes d’espaces verts, 17 ha, permettra de rafraîchir l’atmosphère du territoire Garonne Eiffel ». Et un peu plus loin, que « l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre liée au déplacement des riverains et aux activités de la ZAC est limitée par la mise en service de transports en commun, et notamment d’une ligne de TCSP ».

Sur les espaces verts, 17 ha pour 19 000 habitants, cela fait 0,0009 ha d’espace vert par habitant, soit 9 m² d’espaces verts par habitant. Nous vous rappelons que la moyenne des 50 plus grandes villes de France est de 48 m² par habitant et que Bordeaux plafonne à 28 m² par habitant. Donc, aujourd’hui, on va diminuer encore ce ratio. Sur les transports, un TCSP pour 19 000 habitants nous paraît un peu léger pour se substituer aux modes de déplacement carbonés.
Pour toutes ces raisons, nous ne souhaitons pas émettre un avis favorable à cette étude d’impact, et nous voterons donc contre cet avis favorable que vous proposez. Je vous remercie.

VŒU de SOUTIEN A L’APPEL POUR UN « PACTE-FINANCE-CLIMAT EUROPEEN »

Pierre Hurmic lit le vœu que le groupe a proposé au vote en septembre 2018 et que le maire a souhaité amender :

Le 31 octobre 2017, l’ONU alertait solennellement sur l’écart « catastrophique » existant entre les engagements pris par les Etats et les réductions des émissions de gaz à effet de serre qu’il faudrait opérer pour maintenir le réchauffement en-dessous de 2°C, et si possible en-dessous de 1.5°C.

Le réchauffement climatique provoquera non seulement des catastrophes naturelles (sécheresses, canicules, inondations, ouragans…), engendrant des bouleversements agricoles, économiques, et politiques, mais aussi des famines et des déplacements de population meurtriers.

Que se passera-t-il dans 20, 30 ou 40 ans si des centaines de millions d’hommes et de femmes étaient dans l’obligation de quitter leur terre natale, devenue invivable ?

A moyen terme, nous le savons maintenant toutes et tous, c’est la paix mondiale et l’avenir de notre civilisation qui sont menacés, si nous ne sommes pas capables de réduire, drastiquement et très rapidement, nos émissions de gaz à effet de serre.

Alors que le président des Etats-Unis a retiré son pays de l’Accord de Paris au nom de l’emploi, l’Europe doit maintenant démontrer au monde qu’il est possible de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre, tout en créant des emplois.

Le collectif « CLIMAT 2020 pour un pacte finance-climat européen » réunit des citoyens de tous milieux, des femmes et hommes politiques de tous bords, des chefs d’entreprise, des syndicalistes, des intellectuels et universitaires, des salariés, des chômeurs, des paysans, des artistes, des artisans, des responsables associatifs, convaincus que l’Europe doit, de toute urgence, apporter une réponse claire et très ambitieuse pour lutter contre le dérèglement climatique.

Les signataires de cet appel demandent solennellement aux chefs d’Etat et de Gouvernement européens de négocier au plus vite un Pacte Finance-Climat, qui assurerait pendant 30 ans des financements à la hauteur des enjeux de transition énergétique sur le territoire européen, et permettant également de renforcer fortement notre partenariat avec les pays du Sud.

Paragraphe modifié :

« Ils souhaitent que la création monétaire de la Banque Centrale Européenne soit mise au service de la lutte contre le dérèglement climatique, et que soient mis en place des outils financiers permettant d’investir dans la recherche et la lutte contre le réchauffement climatique ».

Remplacé par le paragraphe suivant :

« Nous nous associons à cet appel en demandant que des moyens financiers européens à la hauteur des enjeux soient consacrés sans tarder et durablement aux politiques volontaristes à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique et financer la recherche dans ce domaine ».

Le Conseil municipal de Bordeaux, réuni en assemblée plénière le 15 octobre 2018, sur proposition du groupe écologiste, soutient l’appel pour un pacte finance- climat européen.

A l’issue de la lecture de ce vœu, Alain Juppé s’exprime : « Faisons-nous assez au niveau local, je parle de Bordeaux métropole et de la ville de Bordeaux ? Sans doute pas. Et, en accord avec Anne Walryck, j’ai demandé qu’on réfléchisse à la manière d’aller un peu plus loin que le plan climat énergie que nous avons adopté en 2017 et qui est déjà ambitieux, qui est cohérent mais je pense qu’aujourd’hui il faut sans doute passer à la vitesse supérieure sur un certain nombre de points. »

Nous attendons toujours.

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