Notre CR du conseil municipal du 15/10/2018

pacte finance climat européen

Peupliers et Limancet au Grand Parc. Intervention de Delphine Jamet

peupliers grand parc

Monsieur le Maire, chers collègues,
En 2014 nous nous inquiétions déjà du projet de construction d’un immeuble par InCite qui devait être construit à proximité du dernier ruisseau à ciel ouvert de la ville de Bordeaux : le limancet. Et qui porte aujourd’hui le même nom.
Dans le journal d’incite de Janvier 2015 on peut lire : « Ce projet consiste à intégrer un bâtiment à la limite du Grand Parc en utilisant le talus qui borde le terrain. »
En effet, le talus a tellement bien été utilisé que 13 peupliers majestueux, qui vivaient là en totale harmonie avec le ruisseau, depuis l’origine du grand parc c’est à dire depuis presque 60 ans ont été ou vont être abattus prochainement par Incite suite à un diagnostic de l’ONF qui écrit en mai 2018 : « L’état mécanique est actuellement préoccupant sur 9 arbres et des actions de mise en sécurité sont nécessaires. Ces états sont le résultat des dégâts occasionnés par les engins de chantiers et la conduite délaissée des arbres. »
Il se trouve que les actions de mise en sécurité dont parle l’ONF dans son rapport consiste en l’abattage pur et simple de ces arbres qui on une espérance de vie de 150 ans. Tout cela à cause de défaillances dans la conduite du chantier par l’entreprise de terrassement du promoteur.
De nombreux habitants sont choqués et nous ont interpellé à cette occasion. Lors d’une réunion publique qu’il a été contraint d’organiser après l’abattage des 1ers arbres sans concertation avec les habitants, le directeur d’InCite s’est engagé à replanter des arbres juvéniles qui mettront 60 ans à procurer les mêmes bénéfices éco systémiques que les peupliers condamnés.
Je demande votre plus grande vigilance, Monsieur le Maire, chers collègues, pour que ce type d’incident cesse de se reproduire à Bordeaux.

Et j’attire votre attention sur le cours d’eau du Limancet, pour que d’une part il soit à nouveau nettoyé (car c’est un véritable dépotoir on vous le dit depuis 2015), et d’autre part pour que les arbres qui seront plantés soient aussi des arbres de ripisylve comme les peupliers noirs d’Italie qui régulaient l’écosystème de la rivière.
En août 2014 suite à nos interrogations sur le respect de cet écrin de nature rare vous nous répondiez :
« le traitement paysager a fait l’objet d’une étude et d’engagements sérieux de la part du pétitonnaire dans le cadre du permis (de construire) délivré.
Compte tenu du potentiel paysager du site, les élus et nos services ont été attentifs sur ce sujet. Nous aurons à vérifier le respect de ces engagements, mais dans la perspective de leur réalisation, tout porte à croire que ce site sera dans un meilleur état qu’il ne l’est aujourd’hui.
Aujourd’hui 13 peupliers de 60 ans et de 30 mètres sont abattus, la rivière est dans un état déplorable, l’immeuble connaît des malfaçons… Bref, ce projet, dont l’insertion dans son environnement naturel n’a pas été réfléchi, n’a rien amélioré du tout quant au cadre de vie des habitants du quartier, bien au contraire.
Je vous remercie.

Pierre Hurmic termine ce conseil en lisant notre proposition de vœu de soutien à l’appel du pacte finance-climat, que nous avions proposé au vote en septembre dernier et qu’Alain Juppé avait décalé d’un mois pour pouvoir davantage analyser la question de la création monétaire de la banque centrale qui était mentionnée. Dans cette version finale, votée à l’unanimité du conseil, à l’exception du groupe rassemblement national, qui selon son représentant Mr Jay « ne participe pas à la foi dans le réchauffement climatique », la question de la création monétaire n’est plus présente.

VŒU de SOUTIEN A L’APPEL POUR UN « PACTE-FINANCE-CLIMAT EUROPEEN »

Le 31 octobre 2017, l’ONU alertait solennellement sur l’écart « catastrophique » existant entre les engagements pris par les Etats et les réductions des émissions de gaz à effet de serre qu’il faudrait opérer pour maintenir le réchauffement en-dessous de 2°C, et si possible en-dessous de 1.5°C.

Le réchauffement climatique provoquera non seulement des catastrophes naturelles (sécheresses, canicules, inondations, ouragans…), engendrant des bouleversements agricoles, économiques, et politiques, mais aussi des famines et des déplacements de population meurtriers.

Que se passera-t-il dans 20, 30 ou 40 ans si des centaines de millions d’hommes et de femmes étaient dans l’obligation de quitter leur terre natale, devenue invivable ?

A moyen terme, nous le savons maintenant toutes et tous, c’est la paix mondiale et l’avenir de notre civilisation qui sont menacés, si nous ne sommes pas capables de réduire, drastiquement et très rapidement, nos émissions de gaz à effet de serre.

Alors que le président des Etats-Unis a retiré son pays de l’Accord de Paris au nom de l’emploi, l’Europe doit maintenant démontrer au monde qu’il est possible de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre, tout en créant des emplois.

Le collectif « CLIMAT 2020 pour un pacte finance-climat européen » réunit des citoyens de tous milieux, des femmes et hommes politiques de tous bords, des chefs d’entreprise, des syndicalistes, des intellectuels et universitaires, des salariés, des chômeurs, des paysans, des artistes, des artisans, des responsables associatifs, convaincus que l’Europe doit, de toute urgence, apporter une réponse claire et très ambitieuse pour lutter contre le dérèglement climatique.

Les signataires de cet appel demandent solennellement aux chefs d’Etat et de Gouvernement européens de négocier au plus vite un Pacte Finance-Climat, qui assurerait pendant 30 ans des financements à la hauteur des enjeux de transition énergétique sur le territoire européen, et permettant également de renforcer fortement notre partenariat avec les pays du Sud.

Paragraphe modifié :

« Ils souhaitent que la création monétaire de la Banque Centrale Européenne soit mise au service de la lutte contre le dérèglement climatique, et que soient mis en place des outils financiers permettant d’investir dans la recherche et la lutte contre le réchauffement climatique ».

Remplacé par le paragraphe suivant :

« Nous nous associons à cet appel en demandant que des moyens financiers européens à la hauteur des enjeux soient consacrés sans tarder et durablement aux politiques volontaristes à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique et financer la recherche dans ce domaine ».

Le Conseil municipal de Bordeaux, réuni en assemblée plénière le 15 octobre 2018, sur proposition du groupe écologiste, soutient l’appel pour un pacte finance- climat européen.

A l’issue de la lecture de ce vœu, Alain Juppé s’exprime : « Faisons-nous assez au niveau local, je parle de Bordeaux métropole et de la ville de Bordeaux ? Sans doute pas. Et, en accord avec Anne Walryck, j’ai demandé qu’on réfléchisse à la manière d’aller un peu plus loin que le plan climat énergie que nous avons adopté en 2017 et qui est déjà ambitieux, qui est cohérent mais je pense qu’aujourd’hui il faut sans doute passer à la vitesse supérieure sur un certain nombre de points. »

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