Politique culturelle, économies d’énergie, démocratie locale : les interventions des élu-es lors du CM du 27 octobre 2014

Bordeaux Hôtel de ville

Un conseil municipal où le groupe des élu-es écologistes a été, comme souvent, force de propositions, notamment concernant le débat d’orientation culturelle, mais aussi concernant les économies d’énergies et les énergies renouvelables, la féminisation des rues de Bordeaux ou la mise en place de budgets participatifs.

A diverses reprises le Maire a donné raison aux interventions du groupe (voir ci-dessous). Malheureusement la fin de séance a entaché ces bonnes relations, lorsque la Maire a donné une fin de non recevoir à la motion contre le traité TAFTA proposée par les élu-es écologistes : http://bordeaux.eelv.fr/projet-de-motion-du-groupe-ecologiste-sur-le-traite-transatlantique-de-commerce-et-dinvestissement-tafta/ 

D-2014/498 Débat d’orientation culturelle.

M. HURMIC. –
Monsieur le Maire, mes chers collègues, je tiens d’abord à dire que naturellement nous approuvons
totalement le principe de ce débat d’orientation culturelle que vous nous proposez aujourd’hui.
Nous vous en remercions même. Vous noterez que ça fait déjà plusieurs années que nous vous
réclamons l’organisation d’un tel débat, donc nous n’allons pas bouder aujourd’hui notre joie de
participer à cette discussion.
Vous avez rappelé le poids de la politique culturelle dans le budget de notre municipalité. En tenant
compte des reports, c’est vrai que c’est 87 millions d’euros consacrés aux politiques culturelles,
soit 305 euros par Bordelais. Cela mérite bien, effectivement, un vrai débat en Conseil Municipal,
indépendant du débat que nous avons tous les ans sur nos orientations budgétaires.
Sur le constat j’ai trouvé un certain nombre de convergences qui peuvent nous réunir, Monsieur
l’Adjoint, notamment lorsque vous évoquez, mais cela je pense est admis par tout le monde, le
contexte économique et financier que nous avons à affronter, à savoir cette crise financière et
l’argent public rare qui nous oblige, vous en conviendrez, à nous montrer plus inventifs et plus
économes dans nos politiques. Naturellement nous partageons cet objectif.
De même je partage ce que vous écrivez et que vous dites bien d’ailleurs, je vous cite :
« C’est dans ces moments de grande déstabilisation que la culture doit être non plus évoquée mais
bien convoquée pour questionner le sens de notre vie collective. »
Cela est dit et bien dit. Naturellement nous approuvons ce constat qui illustre effectivement un
paradoxe. C’est au moment où elle se doit d’être la plus présente pour nous réconcilier autour de
nos valeurs collectives qu’elle se trouve le plus en danger.

Mon intervention se voudra brève. Elle tournera uniquement autour de deux propositions puisque,
si nous avons bien compris, nous sommes là pour tenter d’enrichir le fameux document qui sera
débattu dans quelques semaines. Donc je vous ferai deux propositions sur la méthode, que nous
considérons tout à fait constructives. Tout à l’heure ma collègue Delphine JAMET fera un certain
nombre de propositions sur le contenu de ce document.
Donc deux demandes portant sur la méthode.
Première demande, elle porte sur une demande d’état des lieux. J’y reviendrai.
Deuxième demande, nous attendons de vous également une vision plus métropolitaine des
orientations de notre politique culturelle que nous n’avons pas sentie dans le document que vous
nous proposez.
Première demande, je vois que ça vous fait sourire, c’est une demande portant sur l’état des lieux,
d’autant plus que cet état des lieux, vous nous l’annoncez, j’ai envie de dire vous nous le promettez.
Je cite ce que vous nous indiquez en page 1 du document :
« Le Conseil Municipal est saisi d’un débat d’orientation culturelle destiné à dresser un état des
lieux sur lequel Bordeaux peut s’appuyer. »
Où est cet état des lieux, Monsieur l’Adjoint ? Ce n’est certainement les 20 et quelques pages que
vous nous proposez aujourd’hui qui permettent d’illustrer un quelconque état des lieux de votre
politique culturelle.
Vous faites référence dans ce document à un travail de recherche qui a permis d’objectiver les
forces et faiblesses, dites-vous, artistiques et culturelles de notre ville.
Effectivement vous nous invitez à aller vers le site Bordeaux.fr ou est présenté de façon synthétique
un document que l’on peut télécharger et que j’ai téléchargé qui s’appelle « Bordeaux Culture une
nouvelle géographie humaine ». Mais ce document-là c’est tout sauf un état des lieux.
C’est une synthèse qui ressemble non pas à un état des lieux mais à une hagiographie de la
politique culturelle suivie depuis quelques années. La définition de l’hagiographie étant un récit
excessivement embelli trop favorable à son objet qui ne laisse pas de place à la critique, je crois
que cela correspond parfaitement à ce que vous, vous appelez un état des lieux de la politique
culturelle. Ce n’est pas un état des lieux c’est une hagiographie.
Nous aurions aimé posséder cet état des lieux qui ne peut être qu’un bilan objectif avec les forces
et faiblesses de notre politique culturelle, avec le positif et le négatif, avec ce qui marche bien et
ce qui marche moins bien. A aucun moment vous n’envisagez cette méthode-là.
A défaut de bilan il y a un chapitre qui s’appelle « Des résultats incontestables » page 5 du
document, qui est une litanie de chiffres sur le nombre de sites, sur le nombre de structures, sur le
nombre d’hectares, sur le nombre de visiteurs, sur le nombre d’acteurs, sur le nombre de places,
sur les chiffres des coûts, mais une analyse exclusivement quantitative de votre politique culturelle
qui n’est jamais qualitative et qui n’est surtout jamais comparative.
Ce qui serait intéressant pour avoir un vrai débat c’est que nous sachions comment se situe
Bordeaux dans le concert des grandes villes françaises comparables à la nôtre. Si vous donnez
des chiffres, donnez-nous des chiffres comparatifs, ça nous permettra d’apprécier réellement la
place que nous tenons dans le concert des villes comparables à la nôtre. A aucun moment vous
n’envisagez une telle comparaison.

Vous vous félicitez de ce que l’enveloppe consacrée à l’aide à la création soit passée de 150.000
à 500.000 euros en 2014. Nous avions approuvé à l’époque ce progrès. Mais je vous rappellerai
ici que 500.000 euros pour la création ne représentent jamais que 2,27% des 22 millions d’euros
de subventions annuelles attribuées au secteur culturel. Cela doit vous amener également à une
certaine modestie sur ce chiffre.
En sus de ce chapitre sur les résultats incontestables que vous nous proposez, nous vous
demandons pour la prochaine fois de faire un chapitre, non pas critique – c’est la politique culturelle
bordelaise, donc naturellement vous ne le ferez pas – mais un chapitre que vous pourriez intituler
« Des résultats plus nuancés », ou « Des améliorations à apporter ». Je pense que cela serait utile
pour que nous puissions avoir un véritable débat constructif.
Vous faites état de l’intérêt croissant des journalistes à l’égard de l’activité culturelle bordelaise
avec des retombées régulières dans les médias. Vous citez Le Monde, France Culture, Télérama,
Libération, etc. Je tiens à vous alerter sur le fait que ça ne fait pas beaucoup d’années que ces
grands médias nationaux s’intéressent à la politique culturelle non parisienne, c’est-à-dire à la
politique culturelle provinciale, mais toutes les grandes villes, sachez-le, ont droit à ces articles,
même d’autres villes ont eu droit à la Une de Télérama. Bordeaux n’est pas la seule à avoir eu la
Une de Télérama ces derniers mois et ces dernières années.
Ne vous laissez pas griser par ces Unes, par ces commentaires, ni par ces classements plus ou
moins étayés.
M. Benoit MARTIN nous disait à juste titre il y a un instant que Bordeaux pouvait s’enorgueillir
d’avoir un patrimoine historique remarquable. Je pense que la richesse de ce patrimoine historique
permet souvent d’illustrer la place importante que notre politique culturelle représente au niveau
national.
Vous allez jusqu’à dire que Bordeaux serait une des villes identifiée comme remarquable du point
de vue de son offre et de sa politique culturelle. Je pense que cela relève plus de la méthode Coué
que d’un authentique bilan que vous ne songez pas à nous présenter.
Je note aussi que dans le fameux document « Bordeaux Culture une nouvelle géographie humaine »
que vous nous invitez à consulter sur Bordeaux.fr, que je qualifiais de véritable hagiographie, vous
dites vous-même en guise de bilan, Monsieur le Maire, qui avez signé l’éditorial :
« Ce document « Bordeaux Culture » tente d’illustrer la richesse de l’offre culturelle de notre ville. »
Point barre.
Si c’est ce que vous appelez un bilan nous ne donnons pas le même sens à des mots importants.
Vous dites enfin, toujours dans ce même document sur la nouvelle géographie humaine de Bordeaux
Culture :
« Bordeaux compte aujourd’hui parmi les rares métropoles françaises reconnues pour leur politique
culturelle forte et identifiable ».
Et vous poursuivez :
« Sa spécialité ? Les avoir toutes. » C’est-à-dire n’en avoir aucune…

Peut-être allez-vous aller jusqu’au bout de votre raisonnement. Nous sommes peut-être moyens
partout. Nous ne l’avons pas toujours été. Nous avons été brillants sur un certain nombre de
politiques culturelles il y a de cela quelques années, sans faire référence au CAPC et à d’autres
évènements culturels. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, comme vous le dites vous-même, nous
n’avons aucune spécialité, nous les avons toutes. C’est-à-dire que nous sommes moyens en tout.
Donc pas de bilan. Ma première demande c’est que nous ayons un véritable bilan objectif, comme
vous nous l’annoncez, de notre politique culturelle.
Ma deuxième demande, vous allez peut-être la considérer comme deuxième critique mais c’est
plutôt une demande d’enrichissement de ce texte, c’est que nous attendons de vous une vision
plus métropolitaine de la politique culturelle.
Vous évoquez à plusieurs reprises effectivement la métropole dans ce document. Vous dites, je
cite :
« La culture participe pleinement à la création de richesses, de l’attractivité économique et au
rayonnement international d’un territoire. »
Ce territoire vous semblez à un moment donné l’inscrire à l’échelle métropolitaine. Je vous cite :
« Si une très grande partie de l’offre culturelle est concentrée sur la ville centre, les pratiques
s’inscrivent dans un territoire métropolitain. »
Vous avez raison.
Quand vous évoquez les enjeux nouveaux des politiques culturelles qui doivent être réinventées
vous dites, je cite :
« Confrontées à ce changement de paradigme les villes et métropoles ont un rôle de premier plan
à jouer et n’ont pas d’autre choix que d’évoluer. »
Vous évoquez même la loi de création des métropoles en faisant référence à l’offre d’opportunité
de réfléchir à un modèle de gouvernance sur un territoire pertinent, à savoir la métropole.
Même si je suis d’accord avec vous pour déplorer que la loi précitée se limite à proposer un transfert
des équipements d’intérêt métropolitain, vous conviendrez avec moi que la loi nous offre aussi cette
opportunité de réfléchir à un modèle de gouvernance métropolitain, et cette offre d’opportunité
vous ne la saisissez pas. Mais peut-être allez-vous le faire par la suite.
Votre projet est tout à fait décevant, voire incomplet à cet égard.
Où sont des propositions concrètes pour une déclinaison à cette échelle ? Vous vous abstenez
de toute réflexion à ce niveau-là. Vous vous complaisez même dans une vision ultra-municipale
des enjeux culturels. Je vous cite. Quand vous évoquez « la culture facteur d’attractivité et de
rayonnement d’un territoire » vous évoquez uniquement la politique culturelle de la ville qui forge
son identité est le sentiment d’appartenance de ses habitants.
Où est la métropole qui va devenir notre horizon territorial nouveau et indépassable dans à peine
deux mois ? Que va devenir notre quotidien institutionnel ? N’est-ce pas avec la culture qu’on va
forger son identité ? N’est-ce pas avec et grâce à la culture que nous donnerons du sens, de la
visibilité, du rayonnement, de l’attractivité à ce territoire nouveau ?

Nous souhaitons donc que la métropole soit au cœur de la définition d’une politique culturelle
nouvelle et ambitieuse tournant résolument le dos aux vieux égoïsmes strictement municipaux.
A la place de cette ambition, provisoirement j’espère, vous vous contentez du minimum légal : le
transfert d’équipements d’intérêt métropolitain.
La seule innovation méthodique d’échelle métropolitaine que vous nous proposez est, je vous cite :
« des temps de rencontres et de débats entre adjoints à la culture des communes de la future
métropole ». N’est-ce pas un peu court, Monsieur l’Adjoint ?
Vous dites clairement, et là je cite un article récent de Sud-ouest que j’ai retrouvé, qui date du 26
avril 2014 : « On ne veut pas d’une politique culturelle portée par l’agglomération. »
C’est dommage, mais en tout cas ça a l’avantage d’être clairement dit.
N’avez-vous pas le sentiment de passer à côté de ce challenge en continuant à considérer que
le sentiment du bien vivre ensemble des habitants doit demeurer cantonné à l’échelon communal
jugé indépassable ?
Nous ne sommes pas des « jusqu’auboutistes ». Nous ne sommes pas favorables à ce que la culture
devienne l’apanage exclusif de la métropole, mais seulement à ce que la métropole se saisisse le
plus vite possible de la construction partagée d’une politique culturelle métropolitaine.
Vous n’êtes pas favorable à ce que la culture devienne l’apanage exclusif de la métropole. Nous
sommes d’accord. Une politique culturelle de proximité doit demeurer toujours l’apanage des
communes au nom du principe de subsidiarité auquel nous adhérons. Mais est-ce une raison pour
tourner le dos à un grand projet culturel ? A l’instar d’ailleurs de ce qui avait été esquissé ici
lorsque nous avions candidaté avec nos faiblesses et sans résultat au challenge « Bordeaux Capitale
Européenne 2013 », où là, effectivement, pour la première fois nous avions esquissé ce que pourrait
être une véritable politique culturelle d’agglomération. Depuis on n’en a plus jamais entendu parler.
Je terminerai en vous disant très simplement, Monsieur l’Adjoint, que si vous intégrez ces
propositions constructives au futur document d’orientation culturelle que vous nous proposerez
nous considérerons que notre politique culturelle aura beaucoup gagné en lisibilité, en efficacité
et en attractivité.

MME JAMET. –
Monsieur le Maire, Monsieur ROBERT, chers collègues, comme Pierre HURMIC et Mathieu
ROUVEYRE je souhaitais vous remercier de nous donner l’occasion de nous exprimer sur la politique
culturelle de la Ville.
Je vais articuler mon propos sur 4 points, à savoir les manques du DOC sur le fond et sur la
forme, ensuite sur la méthode, et une petite conclusion, sachant que j’essaierai toujours d’être
assez constructive pour demander plus d’éléments.
D’abord sur l’état des lieux, je voudrais y revenir parce qu’effectivement à la lecture du document
on a un inventaire un peu à la Prévert des actions qui ont été menées, ou même des services dédiés
à la culture, mais il manque indéniablement un état des lieux.
Dans un état des lieux culturel on attend une étude des publics, des usages, des infrastructures, des
structures sur un territoire social. Or dans ce document on ne ressort pas ce genre d’informations.
Et plus que tout il nous a manqué pour préparer au mieux ce débat les références citées dans
ce DOC. C’est-à-dire que nous n’avons jamais eu accès aux documents que vous avez cités, sur
l’évaluation d’Evento, par exemple, ou sur le document que Pierre HURMIC citait sur Bordeaux.fr ;
effectivement nous avons pu le télécharger, mais il s’agit d’une synthèse et pas du document
original fait par l’Université de Bordeaux 4.
Tout ceci, aussi, parce que nous n’avons pas eu connaissance du DOC en commission. Si on avait
eu ce DOC en commission on aurait pu demander ces éléments à ce moment-là. Nous n’avons eu
ce document que lundi dernier, donc c’était préjudiciable pour préparer ce débat de ne pas avoir
tous les éléments en main. Du coup j’ai dû faire les recherches par moi-même.
Sur l’état des lieux à un moment donné vous dites qu’il y a 4 salles de musique sur la Métropole,
certes, mais sur Bordeaux : 1, la Rock School Barbey.
Le problème dans cet état des lieux c’est qu’on mélange à la fois ce qui est sur Bordeaux et ce qui
est sur la métropole. Sauf que le débat il est ici, sur la commune de la Ville. Donc à un moment
donné il aurait été plus clair pour tout le monde d’avoir un état des lieux sur la commune, puis
un état des lieux sur la CUB qui aurait pu servir, mais ne pas mélanger les deux parce que ça
fausse les données.
De même dans cet état des lieux il y a 10 galeries d’art contemporain sur Bordeaux. La DRAC en
référence 4. Moi je n’ai pas d’éléments comparatifs, je n’ai pas les éléments pour aller chercher
les 10 galeries d’art contemporain. Sur le rapport de la DRAC 2013 il y en a 4. C’est tout ce que
j’ai pu constater. Voilà à titre d’exemple.
Ensuite il nous manque une vraie cartographie des équipements culturels par quartier, ce qui aurait
quand même apporté des éléments au débat. Je n’ai pas ce document, M. ROBERT.
Non, c’est une synthèse qu’on a sur Internet. Il n’y a pas la cartographie. Je suis désolée. Donc
on n’a pas tous ces éléments pour pouvoir bien visualiser tout ça, et pour préparer un débat c’est
compliqué.
Ensuite, là je vais rejoindre Mathieu ROUVEYRE, il manque effectivement des éléments de budget.
Parce que s’il y a de très bonne choses dans ce document et de très bonnes orientations, on ne
voit pas comment on va pouvoir les mettre en place sans une orientation budgétaire.
Enfin, il n’y a absolument pas de plan d’action. Je suppose que ça viendra après ce débat, mais
effectivement c’est un grand manque. J’appelle vraiment de nos voeux à ce qu’il y ait un vrai plan
d’action lorsque nous en débattrons ultérieurement.
Sur le fond, un manquement particulier : le terme de gastronomie n’est jamais évoqué dans le DOC.
Sachant que la gastronomie française a été classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2010,
il serait peut-être bon que la politique culturelle de la Ville prenne en compte cet aspect.
Ensuite, il me semble que tout ce qui est cinéma et audiovisuel est très peu développé. On nous cite
les cinémas, certainement, mais pas toute la politique cinématographique que pourrait orienter la
Mairie de Bordeaux, notamment sur les tournages, la production de documentaires, etc. Je pense
qu’il faudrait améliorer le DOC de ce point de vue-là.
Ce qu’il manque aussi c’est sur les apprentissages. On nous dit : « l’apprentissage dès le plus
jeune âge », certes c’est très bien, mais ce n’est pas que dès le plus jeune âge qu’il faut faire les
apprentissages, c’est à tous les âges. C’est d’une importance fondamentale parce qu’il y a des
gens qui n’ont pas eu accès à la culture dès leur plus jeune âge et ils pourraient y avoir accès à
l’âge adulte ou en tant que senior.
Pour finir, il y a un paragraphe sur la diversité culturelle. Je pense qu’il faudrait l’étoffer, notamment
valoriser le patrimoine immatériel des cultures immigrées, populaires et occitanes. Le terme
« occitan » est inexistant dans le texte. Sauf que Bordeaux fait partie d’une terre occitane qui
devrait quand même la revaloriser. A l’image de l’apprentissage dans les écoles, au moment des
TAP on pourrait promouvoir la culture occitane puisque c’est une culture territoriale.
En ce qui concerne la méthode vous nous parlez de « faire ensemble ». C’est très bien. Mais à
un moment donné vous nous expliquez que les citoyens ont été consultés. J’aimerais savoir où,
quand et comment ?

Ensuite vous nous parlez du Conseil Consultatif des Acteurs Culturels, ce qui est une très bonne
chose, mais quelle place pour les citoyens dans ce conseil ? Il n’y en a aucune.
Je pense que la culture ne doit pas être faite par les acteurs culturels. Elle doit être faite par tout
le monde. Ça doit être quelque chose de commun. Donc il faut remettre le citoyen au coeur de
cette politique culturelle.
Nous vous proposons plutôt un Conseil consultatif des arts et de la culture composé par les acteurs
culturels et des citoyens, qui pourra être régulièrement renouvelé, avec des avis consultatifs sur
la vie culturelle bordelaise.
Nous vous proposons aussi de soumettre le projet culturel que vous allez finaliser à la réflexion
des Conseils de quartiers. Puisqu’il y a une forte dimension à développer dans les quartiers, je
pense qu’une réflexion pourrait être menée auprès des Conseils de quartiers pour que les citoyens
puissent s’exprimer là-dessus.
Et enfin commencer peut-être par des Assises de la Culture comme l’a fait la Ville de Toulouse
en 2008 ou 2009.
Tout ceci m’amène à la conclusion qu’il existe une forme de politique culturelle au niveau
international qui s’appelle « Les Agendas 21 de la Culture ». Nous vous invitons à suivre ce plan
d’action d’un Agenda 21 de la Culture et de doter Bordeaux de ce plan d’action puisque la culture
est le quatrième pilier du développement durable, que des outils existent et ont fait leurs preuves.
De grandes villes y ont adhéré : Barcelone, Lille, Mexico, Milan, Buenos Aires.
Il faut donc à mon avis renforcer le DOC en adoptant le plan d’un Agenda 21 de la Culture, à savoir
un état des lieux circonstancié, parler de droit culturel, le terme droit culturel est inexistant dans
le DOC, et donc faire les chapitres suivants :
Culture et droit de l’homme ;
Culture et gouvernance ;
Culture inclusion sociale et lutte contre la pauvreté, sachant que, si je peux me permettre, je tiens
à vous féliciter sur l’inclusion sociale. Je trouve que le DOC est assez riche à ce niveau-là ;
Culture et écologie, puisque la culture peut être un accélérateur des processus éco-responsables,
et en plus dans le DOC il n’est nullement mentionné l’impact environnemental que peuvent avoir
les grands évènements, donc peut-être renforcer le DOC à ce niveau-là aussi ;
Culture et éducation, en incluant les opportunités d’apprentissage pour tous les âges ;
Culture et économie ;
Culture et économie sociale et solidaire.

D-2014/514
Compte-rendu d’activité de l’exercice clos au 31 décembre 2013
Concession de distribution publique d’électricité (ERDF et EDF)
Information
M. HURMIC.
Monsieur le Maire, mes chers collègues s’il devait y avoir un vote sur ce compte rendu notre groupe
voterait résolument contre. Nous considérons qu’aujourd’hui le rapport qui nous est présenté par
notre concessionnaire, à savoir EDF et ERDF ne nous rend pas réellement compte de son activité
2013 sur notre territoire communal.
Je prendrai brièvement trois points.
Premier point. EDF nous dit :
« Pour répondre aux ambitions énergétiques des territoires EDF se veut innovante pour les aider
à faire des économies d’énergies ».
Vous regardez le document qui fait plus de 100 pages, il n’y a pratiquement rien sur ce terrain des
économies d’énergies hormis page 7 : « La sensibilisation des personnes en situation de précarité
énergétique aux économies d’énergies », ce qui est une excellente chose, mais ça nous paraît
très insuffisant pour un concessionnaire qui a fait de la lutte pour les économie d’énergies une
des priorités.
Deuxième point que j’aborderai encore plus brièvement c’est le fait qu’EDF nous annonce page
63 du document le respect de l’environnement et de la biodiversité. J’ai regardé les chiffres qui
nous sont fournis par EDF, il nous est annoncé 1,26 million d’euros investis dans les exigences
environnementales et réglementaires. On nous dit : c’est formidable il y a +25% par rapport à
2012, mais quand vous regardez ce que représente cet investissement d’EDF ça représente à peine
5,8% des investissement totaux.
Et quand vous prenez dans ce chapitre « Exigences environnementales et réglementaires » ce
qui ressort de l’environnement vous avez une somme de 65.000 euros qui est consacrée à
l’environnement, soit 0,30% des investissements de notre concessionnaire qui sont consacrés à
l’environnement.
Vous me direz : qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur de ce chapitre intitulé « Exigences environnementales
et réglementaires » ? Je vous le donne en mille, on a même l’impression que c’est de la provocation
de mettre sur ce chapitre-là ce qu’EDF met, je l’indique, il s’agit des déplacements d’ouvrages du
tram pour desservir le grand stade.
Sachant ô combien est importante la contribution du grand stade à l’environnement et à la
biodiversité bordelaise je trouve que c’est de la provocation que de mettre ces modifications
d’ouvrages sur ce terrain de l’environnement.
Enfin pour la biodiversité qui est censée également être respectée par EDF, vous pouvez regarder
à la loupe le document, pratiquement il n’est jamais question de la protection de la biodiversité.
Troisième et dernier point, EDF nous annonce un engagement concret dans la transition énergétique
des territoires comme étant un fait marquant en 2013. Là aussi vous pouvez regarder attentivement
le document, vous voyez très très peu d’engagements de la part d’EDF et d’ERDF concernant cet
accompagnement dans la transition énergétique des territoires.
Nous trouvons cela d’autant plus regrettable que, comme vous le savez, la semaine dernière
l’Union Européenne nous a exhortés à prendre l’engagement de réduire nos consommations
énergétiques et à propulser nos énergies renouvelables. Ce n’est certainement pas avec l’aide de
notre concessionnaire particulièrement défaillant que nous arriverons à répondre à ces exigences.
Enfin et ce sera ma conclusion, ce rapport ne nous rassure pas du tout sur les intentions d’EDF
et d’ERDF pour nous accompagner sur la voie de la transition énergétique. Je pense qu’EDF a pris
de très mauvaises habitudes quand il était en situation de monopole. Ce n’est aujourd’hui plus le
cas, d’autres opérateurs existent, s’installent en France et même sur notre territoire. Je pense
par exemple à ENERCOOP. Vous savez qu’il y a d’autres communes assez importantes comme
par exemple Lorient, 57.000 habitants, qui ont choisi cet opérateur ENERCOOP qui, lui, garantit la
production d’énergies 100% renouvelables dans l’énergie fournie aux villes.
Je pense qu’il serait temps de dire à EDF que la concurrence existe : « vous n’êtes plus en
situation de monopole et la Ville de Bordeaux est entièrement disposée à regarder ce que font
d’autres opérateurs comme ENERCOOP ». Je pense que cela irait dans le bon sens de la transition
énergétique.
Voilà ce que je voulais vous dire.
M. FLORIAN voulait apporter des éléments de réponse.
M. FLORIAN. –
Je transmettrai toutes ces remarques au concessionnaire. De toute façon vos remarques
concernent des sujets qui dépassent le cadre de notre commune sur l’énergie renouvelable, les
efforts qui sont faits en termes d’environnement.
ENERCOOP, j’attends de voir qu’ils puissent tenir leur engagement de 100% d’énergies
renouvelables qui sont fournies à la Ville de Lorient. Mais pourquoi pas.
M. LE MAIRE. –
Cela dit il ne nous est pas interdit de faire savoir à notre concessionnaire que nous sommes
insatisfaits sur un certain nombre de points. Je partage ce qui a été dit sur l’insuffisance
d’engagement dans la transition énergétique. C’est vrai que c’est un peu absent du compte rendu
qui nous est distribué.
Mais je mets M. HURMIC tout à fait à l’aise, il n’y a pas de vote, donc il ne sera pas obligé de
voter contre.

D-2014/517
Fonds d’Intervention Local 2014. Affectation de subventions.

M. HURMIC. –
J’ai demandé à ce qu’elle soit dégroupée pour rappeler que nous allons continuer, comme nous
l’avons annoncé la dernière fois, à voter contre tant que nous ne nous serons pas acheminés sur
la voie des budgets participatifs dans les quartiers.
Nous attendons cette décision majeure avant de réviser notre position sur le FIL.

D-2014/542 Dénominations de voies

MME JAMET. –
Bonjour Monsieur le Maire, chers collègues, juste pour signaler à la commission Viographie qu’une
étude a été faite par un analyste citoyen à partir de l’open data de la CUB sur les noms des rues
de la CUB et de la Ville.
La Ville de Bordeaux compte seulement 10% de noms féminins. Donc nous souhaiterions qu’un
travail soit fait pour augmenter le nombre de noms de rues féminins à Bordeaux.
M. LE MAIRE. –
On dit bien « Une » Gabarre » non ? Et puis c’est « La » Nancy…
(Rires)
M. LE MAIRE. –
Donc là, sur 5 il y a 2 noms féminins. Il faut qu’on monte en puissance.
C’est noté M. DAVID ?

D-2014/571
Accompagnement des associations sportives bordelaises. Association Tennis Club de Bordeaux. Subvention d’équipement. Adoption. Autorisation

MME JAMET. –
C’est juste pour interpeller la municipalité et vos services. Nous allons voter
contre cette délibération pour une bonne raison. Ça concerne les travaux d’éclairage.
En commission j’avais demandé quel type d’éclairage allait être positionné. Il avait été dit des
éclairages halogènes. J’ai eu une réponse me disant que ce n’était pas possible de mettre des
éclairages leds.
Après des recherches il s’avère qu’on peut mettre des éclairages leds sur des courts de tennis :
c’est extérieur, c’est tout à fait bénéfique pour le rendu visuel des tennismen, c’est aussi économe
en énergie et surtout il y a beaucoup beaucoup moins de maintenance.
Ce dispositif a déjà été réalisé dans une commune de Midi-Pyrénées qui s’appelle Castelnau-le-Lez.
J’invite donc les services à demander un nouveau devis, ou en tout cas à demander à cette
commune comment cela a été réalisé.
Je voudrais vous rappeler que la durée de vie d’un spot à led est 14 fois plus importante que la
durée de vie d’un spot halogène.
Ensuite je voudrais rappeler que le Prix Nobel de Physique 2014 a été attribué aux inventeurs de la
led. Ce n’est pas pour rien. Donc il est peut-être intéressant que la Ville de Bordeaux aille un peu
plus loin dans ces nouvelles technologies, notamment pour les équipements sportifs.
Enfin je voudrais interpeller M. JUPPE pour essayer d’influencer au mieux le président du SDEEG, le
Syndicat Départemental de l’Energie Electrique de la Gironde, sur le développement de ces poteaux
à led pour l’éclairage public dans les communes de la Gironde.
J’ai assisté récemment à une commission « Economie d’énergies – énergies renouvelables » où
l’on voit que c’est très peu systématisé dans les communes de la Gironde toujours dans un rapport
qualité/prix, et on ne parle jamais du poids de la maintenance sur les équipements halogènes.

MME PIAZZA. –
Très rapidement Monsieur le Maire. Je vous remercie.
Mme JAMET, je comprends cette remarque. Nous y avons réfléchi. Nous y avons renoncé.
Un coût important d’installation, 18.000 euros sur deux terrains.
3 pylônes de plus. Ça fait 11 pylônes autour de 2 terrains, donc ce n’est pas très esthétique.
Et puis Castelnau-le-Lez, qui est dans l’Hérault et pas dans les Pyrénées, a sûrement fait un choix
qui n’est pas le nôtre. Il faut savoir que ces terrains extérieurs éclairés ne servent que 6 mois
dans l’année. Le reste du temps on joue avec la lumière du jour. Dans une salle c’est différent. A
l’extérieur c’est moins important. On peut faire avec. Je pense que le retour sur investissement
est faible.
Donc nous avons choisi cette option parce que c’était vraiment un coût supplémentaire pour le club.
M. LE MAIRE. –
Je ne suis qu’à moitié convaincu.
M. LE MAIRE. –
Bon… C’est tout ?
(Rires)
MME PIAZZA. –
Je vous propose d’y réfléchir un peu mieux, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE. –
Regardez à nouveau et parlez-m’en.
MME PIAZZA. –
D’accord.
M. LE MAIRE. –
Je suppose que les Verts s’abstiennent pour l’instant ?
Ils votent contre, et nous on va regarder.

En fin de séance :

M. HURMIC. –
Il y a une motion.
M. LE MAIRE. –
Non. Je n’ai pas inscrit la motion à l’ordre du jour. Ce Conseil n’a pas compétence pour délibérer
du Traité Transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis.
Merci.

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