Pour une démocratie permanente à Bordeaux : notre tribune de la rentrée 2018

Démocratie_Ouverte

En mai 2014, nous écrivions, dans le magazine municipal : « pour réconcilier les Bordelais, et notamment les 62 756 abstentionnistes de cette élection municipale, avec la démocratie locale, il faut développer des formes de démocratie permanente et ne pas se contenter d’une démocratie intermittente. La politique, à l’âge de la défiance, a besoin d’être réinventée pour éviter qu’elle ne devienne l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. A cet égard, nous ferons des propositions concrètes très prochainement. »

Nous avons donc présenté, en avril 2016, 12 propositions pour renouveler la démocratie locale à Bordeaux : démocratiser les conseils de quartiers, instituer des budgets participatifs, interpeller le conseil municipal, développer la participation numérique et libérer les données, élargir le champ du dialogue public et évaluer la démocratie locale…

Aucune de ces 12 propositions, accueillies avec mépris par la majorité municipale, n’a fait l’objet d’une quelconque mise en chantier.

Pourtant, depuis quelques mois, des villes de la métropole telles que Talence, Pessac, Floirac ont mis en place des budgets participatifs tandis que Bordeaux se fige sur ses méthodes de « concertation » à l’ancienne.

Nous avons interpellé le Maire pour lui demander si Bordeaux serait la 28ème commune de la métropole à faire ce choix…

Avenir du Parc Lescure, extension de la politique de stationnement, installation d’un projet privé sur l’espace public Allée Serr à La Bastide (villa Shamengo), abattage des arbres Place Gambetta, et dernièrement lancement du projet urbain de La Jallère : autant d’exemples où le Maire et sa majorité confondent information avec consultation et concertation sans jamais aborder la question de la co-construction des projets avec les habitants et pas seulement quelques TLM (« toujours les mêmes »), ou « concertés institutionnels ».

Ainsi, le terme de « démocratie participative » nous semble abîmé par ces concertations se résumant à un simulacre pour valider une politique déjà actée en haut lieu.

Il est temps aujourd’hui de mener la bataille politique de la démocratie permanente, en instaurant par exemple un principe de révocation (permettant de révoquer les élus en cours de mandat s’ils sont jugés défaillants), en mettant en place des instances de contrôle et d’évaluation avec des jurys citoyens, ainsi que d’autres mesures déjà présentées en 2016 comme le budget participatif, le dispositif d’interpellation citoyenne et le référendum d’initiative locale…

Car, comme l’affirme l’historien Pierre Rosanvallon : « Ce qui fait la qualité du lien représentatif, en démocratie, ce n’est pas seulement le mode de désignation des représentants, c’est aussi la façon dont ils mènent au quotidien leur action, sous l’œil vigilant du public. »

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