Projet de mandature pas adapté, budget participatif, rapport DD, débat d’orientation budgétaire, politique verte ? Notre compte-rendu du conseil municipal du 19 novembre 2018
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Pierre Hurmic et Delphine Jamet interviennent à deux voix pour commenter l’actualisation du projet de mandature de la municipalité pour la période 2014-2020.

Pierre Hurmic ne constate aucune modification de trajectoire dans ce projet de mandature concernant l’urgence climatique, malgré les paroles d’Alain Juppé suite à la démission de Nicolas Hulot et suite au dernier conseil municipal d’octobre 2015. Il cite ses propos : « Faisons-nous assez au niveau local, je parle de Bordeaux métropole et de la ville de Bordeaux ? Sans doute pas. Et, en accord avec Anne Walryck, j’ai demandé qu’on réfléchisse à la manière d’aller un peu plus loin que le plan climat énergie que nous avons adopté en 2017 et qui est déjà ambitieux, qui est cohérent mais je pense qu’aujourd’hui il faut sans doute passer à la vitesse supérieure sur un certain nombre de points. »

« Pourquoi, Monsieur le Maire, ne faites-vous pas de cette nécessité une urgence, une éthique, qui vous permette de décliner désormais vos urgences municipales ? C’est le plus grand des défis. C’est celui qui conditionne tous les autres. Nous prenons du retard. Il y a urgence. »

Il rappelle que les émissions françaises de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, en France et dans le Monde. Les métropoles françaises sont responsables de 67 à 70% de nos émissions de gaz à effet de serre. Il cite Hervé Le Treut (auteur du rapport Acclimaterra) : « nous ne sommes pas dans une phase d’immobilisme mais de recul »

Il regrette que cette présentation du projet de mandature soit une occasion manquée pour passer à la vitesse supérieure sur cette priorité des priorités.

Puis il évoque un autre sujet, celui de la démolition d’une barre d’immeuble à la Benauge, suite au courrier de l’architecte Christophe Hutin, envoyé à l’ensemble des élu.e.s en amont du conseil municipal. Notre groupe s’est engagé depuis 2012 sur ce sujet, en demandant de privilégier les rénovations de barre d’immeubles (à l’instar des réalisations GHI au Grand Parc), aux démolitions (aux coûts écologiques et sociaux beaucoup plus importants).

Elisabeth Touton lui répond qu’elle était « assez étonnée de ce courrier » d’autant que Christophe Hutin connait le projet de longue date.

Jérôme Siri a complète ses propos expliquant que sur les 120 familles concernées par le relogement, seulement 8 étaient hostiles à quitter la barre D…

Alain Juppé renchérit arguant que cette lettre était « un bon signe du dérèglement de notre démocratie », qu’il était « choquant qu’une personne remette en cause 10 ans de travail » et que le retard pris dans le conventionnement ANRU était lié au fait que la ville a refusé la démolition des deux autres tours, car les résidents y étaient hostiles.

Emmanuelle Ajon (groupe socialiste) a considéré que cela faisait 10 ans que des habitants, des élu.e.s et des associations avaient interpelé la mairie pour dire que la rénovation était une option envisageable. Et que c’était l’abandon d’entretien de Coligny depuis 10 ans qui poussait les résidents à vouloir partir.

Alain Juppé a clos le débat en affirmant « ce qui me choque c’est que cette lettre prenne autant de poids »… »ce n’est pas de la démocratie c’est du désordre »

Voir l’article de Laurie Bosdecher de Bordeaux 7 à ce sujet : http://www.bordeaux7.com/bordeaux-actualites/actu/2018/11/19/proximite-priorite-de-lequipe-de-juppe-2019/?fbclid=IwAR2pSgIwDhltYN4h3jwX1-n-Bj_wvoU226Dtst_szLpszKkWOW_GON46xs8

« La barre qui fâche

Faut-il démolir la barre D de la cité de la Benauge promise à une vaste réhabilitation urbaine ? Pour les élus de la majorité, le sujet n’est plus à débattre « après 10 ans de concertation et d’études ». Les élus d’opposition, socialistes et écologistes, demandent au contraire de réétudier sa rénovation.Leur message fait suite à une prise de position d’un architecte bordelais, Christophe Hutin, qui pointe le « désastre écologique » induit par la démolition d’immeubles. « 160 logements vont également disparaître. Ils étaient sûrement les moins chers de Bordeaux. On ne retrouvera jamais une telle offre », a relevé l’élue socialiste Emmanuelle Ajon. »

Puis il évoque pour finir la décision de la mise en place d’un budget participatif par la municipalité, plus de 4 ans après nos 1ères propositions (https://rue89bordeaux.com/2014/09/alain-juppe-entrouvre-porte-au-budget-participatif/), citant également nos 12 propositions pour améliorer la démocratie locale à Bordeaux, présentées en avril 2016.

Intervention de Delphine Jamet sur la politique des mobilités actives, la santé environnementale, la démocratie locale et en particulier l’accès à la donnée

Monsieur le maire, chers collègues.

Ce projet de mandature actualisé appelle pour nous, comme vous pouvez le deviner, certaines critiques et observations. Mon propos, s’articulera autour de 3 domaines constitutifs de la transition écologique de nos territoires.

Au chapitre des mobilités, vous nous dites que « Le 2e plan vélo métropolitain approuvé par Bordeaux Métropole en décembre 2016 pour la période 2017-2020 est, avec un budget de 70 M€, le plus ambitieux au plan national en termes de dépenses par habitant. »

Cette affirmation est un mensonge. Le plan vélo, voté en conseil de Métropole a un budget 44 142 393 €, auquel vous avez ajouté 20 893 500 € d’estimations de la part vélo dans les grands investissements (« GRANDES OPÉRATIONS CONTRIBUANT AU DÉVELOPPEMENT DU VÉLO SANS POUR AUTANT ÊTRE COMPTABILISÉES DANS LE PLAN DE FINANCEMENT », comme le précise l’annexe II du plan).

Soit si vous faites le total, avec vos estimations des plus approximatives, un budget de 65 045 893€. Et, depuis le départ, vous affirmez qu’il est de 70 millions d’€ !

La vérité, c’est que vous communiquez sur un chiffre inexact, ou alors qui va bien au-delà de 2020.

Déjà, l’intégration d’estimations de la part vélo dans les grands investissements dans un budget, me semble intellectuellement fallacieux, mais encore plus quand ces estimations concernent des grands projets qui ne seront même pas mis en œuvre avant 2022, voir 2023. Je vous rappelle, que les BHNS et le pont Simone Veil prennent beaucoup de retard et ne seront pas livrés en 2020. Donc, sur les 24M d’estimations vous pouvez déjà en enlever 10 !

D’ailleurs nous vous avions demandé un budget réactualisé en commission municipale, que nous n’avons malheureusement pas eu.

J’ai calculé le budget par habitant à partir de plusieurs hypothèses afin de comparer avec la Métropole qui investit le plus par habitant, à savoir Strasbourg, qui depuis 2013 consacre 15€ par habitant à sa politique vélo.

Donc si je prends, les 2 plans vélos successifs de Bordeaux métropole, nous obtenons sur la période 2013-2020 :

– Hypothèse 1 :budget clairement défini dans le dernier plan vélo : 11,17€

– Hypothèse 2 : budget avec les estimations des grands projets  :14,66 €

– Hypothèse 3 : budget avec les estimations des grands projets, en déduisant le pont Simone Veil et le BHNS :12, 99 €

– Hypothèse 4 : Budget improbable avec vos 70 M d’euros : 15,48€

Donc, comme d’habitude vous tordez les chiffres pour faire croire que Bordeaux est la meilleure et que vous allouez « le budget le plus ambitieux au niveau national » !

J’aurais aimé qu’il en soit ainsi, car, avec 11,17€ / habitants, vous n’arriverez pas à atteindre vos objectifs, notamment l’achèvement du Réseau vélo express et la résorption des discontinuités cyclables et donc à atteindre, en 2020, 15 % de part modale sur la Métropole.

Aujourd’hui, les déplacements sont effectivement en forte croissance, mais sans les aménagements nécessaires dédiés à cette pratique vous allez vous heurter de plus en plus à des problématiques liés au partage de l’espace public et cette croissance va stagner à 8-10 % sur la métropole !

Toujours dans le chapitre des mobilités actives, nous regrettons, encore et toujours que la Ville et la Métropole ne fassent rien pour les piétons ! Quand allez-vous enfin élaborer et mettre en œuvre un plan piétons ? Vous estimez à 29 % la part modale sur la Métropole de la marche à pied, et pourtant rien n’est fait, c’est un comble !

Enfin, concernant ce volet mobilité, je réitère ici notre demande d’obtenir enfin, l’étude complète du CEREMA réalisée l’année dernière. Cela fait plusieurs fois que nous la demandons et nous ne l’avons toujours pas obtenue ! C’est, quand même assez incroyable que les élus et les citoyens ne puissent accéder à ce document !

Concernant, l’axe 4 : Bien-être, santé et environnement préservé : se sentir bien dans une ville saine

Vous nous dites que « L’élaboration du deuxième Contrat Local de Santé est en cours dans le cadre d’une large concertation. Il devrait être présenté au conseil municipal d’ici la fin de l’année 2018 et signé au début de 2019 pour une durée de 5 ans. »

Nous serons très attentif à ce document et nous espérons que vous allez enfin intégrer un une part importante à la santé environnementale en impliquant, notamment, la ville dans le réseau « villes sans perturbateurs endocriniens » du RES (réseau environnement santé), comme nous vous le suggérons depuis de nombreux mois.

Le paragraphe, 4.4. La lutte contre toute forme de pollution ne prend absolument pas en compte la lutte contre les perturbateurs endocriniens (plastique, pesticides…), ce qui à notre vis n’est guère encourageant pour le contrat local de santé à venir et à fortiori pour notre santé !

Enfin, le grand sujet absent de votre projet de mandature est l’ouverture des données publiques et l’utilisation des logiciels libres. Grand absent car c’est un volet de politique publique et de gouvernance que vous méprisez complètement.

Je vous rappelle, M. le Maire, que le décret d’application de la loi pour la République numérique impose qu’« Au plus tard le 1er octobre 2018, l’acheteur offre, sur son profil d’acheteur, un accès libre, direct et complet aux données essentielles des marchés publics. » Or, rien n’est en ligne à ce jour !

Quant aux logiciels libres et à la désaddiction de nos services au GAFAM, le bilan et la perspective sont incroyablement sombres. Non seulement, rien n’est envisagé pour dé-GAFAMéiser nos services, mais bien au contraire, vous nous enchainez de plus en plus aux géants du WEB.

Peut-être pourriez-vous au moins mettre, par défaut, le moteur de recherche français Qwant, sur les postes de nos agents et des lieux publics (bibliothèques…). Cela a été fait à l’Assemblée nationale, cela peut donc bien se faire à l’échelle de notre collectivité. Au lieu de cela vous développez l’usage de Google et Microsoft.

Aussi, monsieur le maire, chers collègues, puisque vous indiquez en introduction que ce projet de mandature n’est pas un document figé, puisque nous constatons que vous n’êtes pas complètement fermé puisque vous avez fini par proposer, enfin, un budget participatif, je ne peux que vous encourager à continuer dans votre lancée en faisant votre les quelques propositions émises dans cette intervention.

Présentation du rapport sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes

Monsieur le maire, chers collègues

Conformément à la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et hommes et préalablement au vote du budget, vous nous présentez aujourd’hui la situation en matière d’égalité femmes-hommes, intéressant le fonctionnement de la collectivité, les politiques menées et les actions développées visant à améliorer la situation.

Je tenais donc à intervenir sur plusieurs points.

De façon globale, je pense que ce rapport établit un recensement des grandes problématiques dans une volonté de transparence et je vous en remercie.

J’émettrai toutefois quelques remarques et interrogations :

Premièrement, le rapport ne reprend pas les obligations des collectivités territoriales : à savoir notamment que la collectivité territoriale doit s’engager, dans un objectif d’égalité dans une dizaine de domaines d’action : lutte contre les violences faites aux femmes et les atteintes à leur dignité, lutte contre la précarité des femmes, égalité professionnelle et salariale, mixité dans les métiers, égal accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives, égalité de traitement, entrepreneuriat féminin….Ces obligations, même si on les retrouve pour la plupart, me semble étrangement peu problématisées, peu articulées, et parfois mal étayées dans ses axes de progrès.

A titre d’exemple, le volet commande publique, me semble bien léger concernant les obligations des entreprises retenues. La ville a-t-elle mis en place des moyens pour contrôler ses soumissionnaires et ses délégataires ?

Il ne me semble pas que dans les rapports de délégation de service public un focus soit fait sur la politique d’égalité femmes-hommes menée dans ces entreprises.

Je n’ai pas vu non plus d’éléments sur l’entreprenariat féminin. Qu’en est-il à Bordeaux ? Comment la ville le soutient ? Quel budget alloué à cette question ?

– Par ailleurs, je n’ai rien trouvé dans ce rapport qui fasse référence à un budget sensible au genre, connu aussi sous le nom de «gender budgeting». Pourtant, si ce rapport est présenté en amont du débat d’orientation budgétaire c’est aussi pour montrer comment dans votre budget vous prenez en considération la question du genre dans vos politiques publiques. La budgétisation sensible au genre est également l’un des engagements de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, dont vous êtes signataires. Je pense que vous avez là une grande marge de progression !

– De même, il me semble que le rapport ne fait pas état de politique intégrée en faveur de l’égalité FH, ou « gender mainstreaming » (le gender mainstreaming est : « la (ré)organisation, l’amélioration, l’évolution et l’évaluation des processus de prise de décision, aux fins d’incorporer la perspective de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines et à tous les niveaux, par les acteurs généralement impliqués dans la mise en place des politiques ».).  C’est dommage !

De ce fait, on a parfois l’impression que ce rapport est un peu fourre-tout et qu’il y a un grand mélange entre égalité FH, minorités LGBT, mémoire de l’esclavage, question de la diversité, avec, de plus, effet cumulatif d’une série d’événements non spécialement reliés. On devine le dessein de la recherche de la cohésion sociale, mais l’objet du rapport, c’est : l’égalité FH et pas autre chose.

On devine aussi que l’entrée privilégiée que vous amenez à travers ce rapport est la lutte contre les discriminations. Entrée, certes, intéressante car elle permet de traiter les discriminations à raison du sexe, du genre, de l’orientation sexuelle, de l’identité sexuelle et, aussi, la question intersectionnelle. Encore eût-il fallu le préciser en préambule par exemple… En revanche, l’inconvénient de l’entrée par les discriminations est que l’on obtient un phénomène de dilution de la question centrale de l’égalité FH.

De ce positionnement, on constate qu’un effort est fourni sur les pratiques discriminatoires en ville (lutte contre le harcèlement de rue, notamment), mais qui demande à être accentué et élargi aux usages des espaces publics : quels usages ? Quel mobilier urbain ? Pour qui ? Et comment introduire inclusion et bienveillance ?

Concernant la situation au sein de la collectivité, le rapport montre qu’hormis dans l’encadrement où la situation s’améliore, les inégalités professionnelles au sein de la municipalité sont tout de même particulièrement embarrassantes : écarts de salaire, temps partiel, précariat concernant les femmes ; répartition socio-sexuée caricaturale et, de plus, accentuée par la métropolisation.

Concernant le temps partiel de droit, je tiens aussi à préciser qu’il court jusqu’aux 3 ans de l’enfant et non jusqu’au 6 mois du premier enfant et jusqu’au 2,5 du second comme cela est indiqué p.35.

Enfin, sur le plan des actions mises en œuvre, je suis étonnée que vous ayez décidé d’abandonner l’accompagnement des familles monoparentales de la mairie de Bordeaux. C’est un vrai point aveugle des politiques publiques me semble-t-il.

Concernant la question de l’égalité FH, j’approuve l’attention accordée aux quartiers prioritaires mais attention cependant à la méthode, et à ne pas stigmatiser ces quartiers. De manière générale, il faudrait permettre une plus grande porosité entre les quartiers et une plus grande mixité des populations.

Vous connaissez mon attachement à la féminisation de la toponymie, c’est-à-dire les noms des rues, places, boulevards et des équipements publics. Aujourd’hui, la commission viographie tente de réajuster la donne, mais il est important de ne pas le faire seulement dans les nouveaux quartiers, mais aussi au cœur de la ville. Il faut donc systématiser ces dénominations en centre-ville quand le cas ce présente, comme cela a été fait pour le gymnase Alice-Milliat.

Au sujet de la mémoire de l’esclavage, il est dommage que vous n’abordiez pas la question de l’égalité femmes-hommes par le prisme du viol négrier, de la vision occidentale sur les femmes esclaves et de leur rôle dans la société (nourrices entre autre). Des travaux ont été menés par des historiens sur le sujet et il pourrait être intéressant d’aborder ces sujets.

Pour finir, je suis ravie de voir qu’une commission Egalité femmes-hommes va être instaurée dans le cadre de l’observatoire de l’égalité. Il aurait été intéressant de connaître sa composition ou d’avoir des éléments sur sa feuille de route.

De même, il me paraît intéressant de former les professionnels socio-éducatifs et les représentants des conseils citoyens et on pourrait peut-être élargir à d’autres conventionnements avec d’autres institutions publiques.

Je trouve aussi, le projet « Bougeons sans bouger » tout à fait intéressant et vous engage à continuer à soutenir ce projet et à aller plus loin au niveau des pratiques muséales en vous dotant d’une charte comme celle de la métropole de Rouen qui comporte 20 actions, claires et précises.

Et, pour finir sur une note humoristique, je vous invite l’année prochaine à éviter le rose-rouge pour les femmes et le bleu pour les hommes dans les graphes que vous nous présentez. Des couleurs genrées pour un rapport sur la question de l’égalité Femmes-hommes c’est comment dire : une coquille ?!

Présentation du rapport sur la situation en matière de développement durable 2017-2018

Intervention de Delphine Jamet

On note cette année une amélioration de ce rapport développement durable, renforcé par la présentation de rapports intermédiaires sur les politiques publiques mises en œuvre par votre majorité sur les questions de l’égalité femme/homme et sur la nature en ville.

Et surtout, on obtient enfin un nombre d’indicateurs qui nous permettront, quand ils seront mis à jour avec les années antérieures et renforcés, d’évaluer les politiques menées. Ce que nous réclamons depuis maintenant 4 ans.

Je vous propose néanmoins de revoir ce tableau afin qu’il soit mieux équilibré entre les 3 axes que nous vous avons suggérés afin d’être en cohérence avec le plan d’action métropolitain « pour un territoire durable à haute qualité de vie » [belle ambition] voté en 2017 en conseil de Bordeaux métropole.

Concernant l’axe 3 « accompagner tous les acteurs vers la transition énergétique et écologique » on devrait y retrouver, notamment, des indicateurs sur la thématique « Encourager la participation citoyenne », ainsi que des indicateurs sur le nombre d’emplois créés spécifiquement sur ce secteur de la transition énergétique et écologique.

Je sais que Mme Walryck va retravailler sur ces indicateurs l’année prochaine pour prendre en compte les 17 objectifs mondiaux de développement durable. Cela devrait donc permettre de voir entrer dans ce rapport des éléments aujourd’hui laissés de côté, comme les politiques petite-enfance, éducative, jeunesse et sport, culturelle, consommation responsable, de gouvernance et participation citoyenne ou encore la réduction des inégalités sociales et l’emploi durable.

La transition écologique des territoires passe par une appréhension globale du territoire. Nous ne pouvons pas voir cette transition par le seul prisme de la transition énergétique et des mobilités qui aujourd’hui représentent 50% des critères d’évaluation que vous nous proposez. Nous n’avons jamais cessé de le répéter, les questions environnementales et les questions sociales sont liées, et les disjoindre constituerait une erreur majeure. 

S’il y a eu un effort de fait, il reste donc à enrichir et à consolider.

Je vous invite, aussi, Monsieur, le Maire, Madame l’adjointe à mettre en ligne ces indicateurs, afin que chacun puisse en tirer les conclusions. Pour ce faire, vous pouvez suivre l’exemple de la ville de Paris, qui vient de mettre à disposition des citoyens un outil nommé indicateurs-parisdata.fr, qui permet de visualiser clairement les avancées (ou non) de la ville en matière de transition écologique tout en renvoyant vers les jeux de données.

Par ailleurs, nous tenons à rappeler que les indicateurs ne sont pertinents que s’ils sont mis en perspectives d’objectifs politiques clairement définis.

Or, les objectifs n’y sont pas ! Le seul présent est celui de l’aménagement des digues !

Il reste donc encore beaucoup de travail pour satisfaire les soi-disant « enfants gâtés de l’écologie », que nous sommes.

La question est de savoir comment on agit vraiment à la hauteur des enjeux ? Où on va et comment on y va ?

Aujourd’hui, je dirais que vous n’allez pas très loin, et à petits pas, parce que vous-même ne savez pas trop où vous allez…

Nous, nous ne pouvons pas rester, là assis, sur ces bancs à applaudir vos politiques et à se contenter des petits pas. Nous avons le devoir de dire haut et fort que vous n’êtes pas la hauteur des enjeux et c’est notre devoir de vous dire que ce n’est pas un peu plus loin qu’il faut aller mais beaucoup plus loin et beaucoup plus vite.

Concernant la communication de Magali Fronzes sur l’état d’avancement de la « politique verte ». Ce n’est pas la dénomination de la délégation de Magali Fronzes, qui est « la nature en ville ». Nous ne sommes pas propriétaires du terme « vert » mais c’est assez drôle. Je suis consciente du travail mené par le service des espaces verts de la ville.

Nous avons demandé le 17/10 dernier un état des plantations et abattages d’arbres dans toute la ville de Bordeaux

Lors du conseil municipal du 26/02/2018, Mme Fronzes a indiqué « En moyenne, sur ces 15 dernières années, ce sont environ 1000 arbres que nous plantons chaque année » et que « le patrimoine arboré de la ville de Bordeaux est constitué d’environ 46000 arbres et là je ne compte pas le bois de Bordeaux et les espaces naturels du nord de la ville »

Est-il possible de connaître les zones de plantation de ces 1000 arbres annuels en moyenne depuis les 10 dernières années ?

Est-il possible de connaître également les projets d’abattage pour cette année et jusqu’en 2020 ?

Sachant que l’open data indique seulement 35262 sujets (dont certains à l’état de souche : http://opendata.bordeaux.fr/content/patrimoine-arbore).

Est-il possible d’avoir un document à jour sur les arbres recensés à Bordeaux ?

Je voudrais quand même reparler ici des arbres de Gambetta, parce que c’est symbolique, c’est particulièrement symbolique. Ces arbres, on aurait pu éviter de sles couper. On vous appelle encore Monsieur le Maire à réfléchir à cette question car les arbres jeunes replantés n’ont pas les mêmes apports que les vieux arbres. Oui les arbres jeunes, dans 25 ans, auront une belle canopée mais pendant 25 ans, que fait-on ? Monsieur Le Maire, nous vous demandons de revoir votre position sur ce sujet ! Je vous remercie.

Rapport sur les orientations budgétaires pour l’exercice 2019

Intervention de Pierre Hurmic

Monsieur le Maire, monsieur l’adjoint, chers collègues,
Vous nous présentez un rapport avec des équilibres financiers pour 2019 et jusqu’en 2022 qui divergent complètement de ceux présentés lors des orientations budgétaires de l’année dernière, il y a seulement 9 mois (DOB 2018 présenté en février 2018).

Ainsi, les recettes de fonctionnement sont évaluées en nette hausse (+5M€) en 2019 par rapport aux prévisions pour cette même année il y a 9 mois et, à l’inverse, les dépenses de fonctionnement sont évaluées en nette baisse (-6M€).
Cette différence de 11M€ on la retrouve dans l’épargne nette disponible, qui passe de 18M€ prévus en février 2018 à 29M€ aujourd’hui.
Quand on sait que l’épargne nette mesure l’épargne disponible pour les dépenses d’investissement brutes, après financement des remboursements de dette, et quand on voit que les prévisions d’investissement explosent dans ces orientations budgétaires, on ne peut être que dubitatifs sur la fiabilité de l’évaluation budgétaire présentée.

D’autant qu’en allant comparer le DOB 2018 par rapport au BP 2018 on a constaté un écart, en 1 mois d’écart entre DOB et BP, (tenez-vous bien) de 27M€ de prévisions de recettes de fonctionnement en moins et 6M€ de prévisions de dépenses en plus !

Je ne sais pas si les prévisions de ce DOB 2019 seront aussi éloignées du budget primitif 2019 mais laissez-moi avoir quelques doutes.
D’autant plus de doutes que les prévisions d’investissement explosent littéralement, non seulement en 2019 par rapport aux prévisions précédentes mais aussi dans les années qui suivent : 2020, 2021, 2022.
A nouveau, on trouve un écart gigantesque entre les prévisions d’investissement prévues au DOB 2018 par rapport au BP2018 (+22M€) et ici un écart de 26M€ entre les prévisions 2019 du DOB 2018 (86M€) et les montants inscrits dans ce document (112M€).
Concernant les écarts au niveau du plan pluriannuel d’investissement, on constate une différence de 88,4 millions d’€ entre les prévisions 2018-2022 d’il y a 9 mois et celles d’aujourd’hui, soit le montant d’une année pleine d’investissement à l’époque où nous n’avions pas les ACI (attributions de compensation des dépenses d’investissement portées par la métropole au profit de la ville).
Vous comprendrez que ces écarts extrêmement importants nous semblent préoccupants.
Vos services et votre adjoint nous ont expliqué en commission que ces différences s’expliquaient par des reports d’autorisations de programme d’investissement et des crédits de paiement qui leur sont attribués et par un affinage des prévisions d’investissement des services pour les années à venir.

Tout de même, cela remet en cause l’ensemble des documents de prévisions budgétaires que vous nous présentiez jusqu’à présent où les investissements, après un pic disiez-vous lié aux grands projets, allaient plafonner aux montants d’avant 2010.
Vous vous rendez compte, comme de nombreux maires de la métropole, que créer des nouveaux quartiers implique de créer de nouveaux équipements scolaires, sportifs, culturels…cela avait été sous-évalué, tout comme les montants importants d’attribution de compensation des dépenses d’investissement portées par la métropole au profit de la ville.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que des prévisions d’investissements qui nous semblent primordiales pour faire face à l’urgence climatique comme les dispositifs de lutte contre la précarité énergétique culminent à 351.000€ en 2020 puis sont réduits comme peau de chagrin a 80.000€ en 2021 et 2022 ! Vu les efforts gargantuesques à fournir, il faudra pourtant cumuler les budgets municipaux et les budgets métropolitains dans ce domaine.
Enfin, sauf erreur de notre part, nous n’avons pas trouvé trace dans ce DOB des 2,5M€ prévus pour les budgets participatifs.

Vous comprendrez, monsieur le maire, chers collègues, qu’au vu de ces différents constats, nous ne pouvons adopter ce DOB en l’état.
Je vous remercie.

Retours presse au 20/11/2018

– Sud Ouest (voir illustration article)

« Vous allez à petits pas alors qu’il faudrait aller beaucoup plus vite et plus loin », sanctionne Delphine Jamet à propos du développement durable. Les chiffres sont en tout cas cruels sur les déchets : les Bordelais en ont jeté 256 kilos par habitant l’an dernier, soit 3 % en plus qu’en 2016 quand le but était d’arriver à moins 3 %. » (…)
 » Pierre Hurmic pour Europe Écologie-Les Verts redoute un écart important entre les prévisions et le budget définitif « comme cela a été le cas en 2018 » et pointe la non mention de la part participative du budget (2,5 millions d’euros) décidée par la majorité après moult réclamations de sa part. » (…)
« les 17 marronniers de Gambetta font à nouveau parler d’eux. PS et Verts réclament à Alain Juppé de les épargner. Ce ne sera sans doute pas le cas. »

– Rue 89 : « Mais lors du débat en conseil ce lundi, l’opposition a jugé que la politique de la municipalité et de la métropole n’était pour l’heure « pas à la hauteur des enjeux » écologiques, selon l’écologiste Delphine Jamet »

https://rue89bordeaux.com/2018/11/bordeaux-faire-plus-plus-vite-transition-ecologique-selon-juppe/?fbclid=IwAR0H0e5dBlPp7yJfmJ4UsG9s_UBY03rRAlsZAlDizF_z5qijUq4_UUEi6Hk

-Bordeaux 7 : http://www.bordeaux7.com/bordeaux-actualites/actu/2018/11/19/proximite-priorite-de-lequipe-de-juppe-2019/?fbclid=IwAR2pSgIwDhltYN4h3jwX1-n-Bj_wvoU226Dtst_szLpszKkWOW_GON46xs8