Sauvons La Jallère ! Notre tribune d’octobre 2016

Plan aérien zones humides La Jallère

Il y a un an, lors du conseil municipal du 26 octobre, notre groupe s’opposait à l’instauration d’un périmètre de prise en considération sur le secteur de la Jallère qui initiait les prémices d’un projet d’urbanisation. Il s’agit d’un périmètre stratégique concernant le risque inondation, dans ce secteur du lac au nord de Bordeaux qui était autrefois un immense marais.

Ce projet urbain détruirait 9.1 hectares de zones humides, dont 5.3 ha sur l’îlot actuellement occupé par Groupama/Gan, îlot cartographié en zones d’aléas fort donc globalement inconstructible dans le cadre de la révision du plan de prévention des risques d’inondations (PPRI). Une modification de zonage, auquel nous sommes opposés, a pourtant été proposée dans le cadre du nouveau plan local d’urbanisme pour autoriser la construction de logements sur ce périmètre potentiellement inconstructible.

La Jallère ilôt Gan/Groupama zone humide à enjeu fort

La Jallère ilôt Gan/Groupama zone humide à enjeu fort

Après la « ville intime » à Bastide Niel, l’urbanisme négocié aux Bassins à Flots, l’écoquartier à la sauce Bouygues Immobilier à Ginko, « l’urbanisme en liberté » à Brazza, on nous propose maintenant un nouveau concept : « l’urbanisme de clairière », dont on nous promet « une dimension expérimentale incontestable en matière d’aménagement urbain ».

Pour sûr, construire en zone rouge du plan de prévention des risques d’inondations et sur une zone humide cela relève de l’expérimentation, voire de l’inconscience écologique !

Rappelons que les zones humides remplissent de nombreuses fonctions fort utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines : des fonctions hydrologiques comme la régulation naturelles des inondations des cours d’eau ; des fonctions épuratrices, les zones humides étant les « filtres naturels » des bassins versants (fort pollués aux métaux lourds) qui permettent de maintenir et d’améliorer la qualité de l’eau ; et enfin des fonctions écologiques permettant un développement extraordinaire de la vie. Ces milieux représentent un lieu d’alimentation, de reproduction, d’abri, de refuge et de repos pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères et d’amphibiens… En France, 50% des oiseaux et un tiers des espèces végétales dépendent de leur existence.

Nous avons vécu, il y a un an également, un épisode tragique d’inondations en zones urbaines, certes à quelques centaines de kilomètres de chez nous, mais nous considérons qu’il est de notre devoir de préserver le peu de zones humides qu’il nous reste sur notre territoire urbain pour favoriser la biodiversité mais aussi éviter des catastrophes naturelles, écologiques et humaines à venir.

Pourrons-nous un jour cesser de considérer nos espaces naturels comme des espaces potentiels à urbaniser pour envisager d’inverser notre prisme c’est-à-dire de considérer nos espaces naturels et agricoles comme l’armature fondatrice de notre projet urbain d’agglomération ?

C’est le parti pris de certaines agglomérations, résolument orientées vers la transition écologique et l’après COP 21.

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