Suivi pluriannuel des investissements, Budget primitif 2019, Budget participatif, Cité municipale, Viographie, Petite enfance, Marché des Capucins : Notre Compte-Rendu du Conseil Municipal du 17 décembre 2018

Article Sud Ouest - 18/12/2018

Intervention de Pierre Hurmic en début de séance :

« Oui, Monsieur le Maire, mes chers collègues, trois brèves observations qui ne seront pas hors sujet, mais qui seront vraiment en droite ligne des observations que vous avez pu faire à propos du mouvement des gilets jaunes. Trois observations d’ailleurs qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, en tout cas la première, et les deux suivantes.

La première, vous avez parlé, Monsieur le Maire, d’ouvrir le parking des Quinconces pendant trois jours pour accueillir les véhicules à l’occasion des derniers jours avant les Fêtes de Noël. On ne vous cache pas que nous aurions préféré que vous mettiez à disposition la gratuité des transports collectifs. Je pense qu’au moment où notre Ville est déjà pas mal saturée par le trafic automobile, où nous luttons les uns et les autres contre l’invasion automobile et la pollution générée, je pense que cela aurait eu plus de sens de dire « Pendant ces trois jours, les transports collectifs seront gratuits. Cela permettra d’ailleurs à beaucoup de gens de découvrir pour la première fois les transports collectifs qu’ils n’empruntent pas, et peut être de générer de nouvelles habitudes de déplacement et de consommation ». Nous aurions préféré ce type de disposition.

Deuxième observation que je voudrais faire, oui, c’est à propos des débats citoyens. Pour vous remercier effectivement, très vite, vous avez tendu la main à ce mouvement pour organiser au niveau de la Mairie, les débats citoyens annoncés par le Président de la République et le Premier Ministre. Vous m’avez confié tout à l’heure que vous étiez ouvert à ce que l’opposition participe à ces débats. Je tiens à vous remercier pour cette double initiative qui nous convient parfaitement.

Et enfin, troisième et dernière observation, qui est plutôt une proposition, Monsieur le Maire. Dans le cadre du débat que vous avez eu avec les Gilets jaunes dont on a pu lire les comptes-rendus, vous avez semblé assez réceptif à cette idée qui est assez fondamentale dans leur mouvement, autant à côté d’ailleurs que l’augmentation du pouvoir d’achat, mais qui est très fondamentale, dont ils ont beaucoup parlé pendant ce week-end à savoir l’organisation de Référendum d’initiative Citoyenne. Le Premier ministre d’ailleurs ce matin, dans une interview aux Echos, revient là-dessus en disant qu’il y est favorable. J’ai cru comprendre, Monsieur le Maire, que vous y étiez favorable, mais la proposition que je veux vous faire, c’est de donner un peu l’exemple, c’est-à-dire de faire en sorte que notre ville puisse être moteur sur cette démocratie directe qui est réclamée et qui se met progressivement en place en usant d’un outil législatif à votre disposition, à savoir le Référendum d’Initiative Locale. Le Référendum d’Initiative Locale, j’indique ici que nous vous le réclamons depuis le début de la mandature, c’est-à-dire depuis 2014. Je pense que ce serait une façon de prouver qu’à Bordeaux, on fait ce que l’on réclame au niveau national. Cette démocratie directe balbutiante, on est capable de la mettre en place à Bordeaux.

Je terminerai par une dernière phrase qui me parait assez significative de ce que peut faire l’échelon territorial pour être exemplaire dans ce débat nouveau qui s’est installé dans notre paysage politique, j’ai la conviction que la commune, c’est une petite république dans la grande. Donc, cette petite république bordelaise, elle pourrait être tout à fait pionnière, innovante, dans le cadre des référendums d’initiative locale. Voilà ce que je voulais vous demander, Monsieur le Maire. Merci. »

 

Interventions de Pierre Hurmic et Delphine Jamet sur le suivi pluriannuel des investissements de la Ville. Gestion en AP-CP (Autorisation de Programme / Crédit de Paiement).

Intervention de Pierre Hurmic :

« Monsieur le Maire, deux observations. D’abord un constat.

En ce qui concerne le montant global des autorisations de programme, c’est vrai qu’il augmente d’une année sur l’autre, mais surtout il implique un report de plus en plus loin dans le temps des crédits de paiement afférents. On a remarqué que l’an dernier, c’était jusqu’en 2021 et, cette année, certains crédits de paiement sont reportés jusqu’en 2023 « et suivantes ». Donc, de plus en plus loin à notre sens un tel report. Ce qui signifie qu’avec les choix d’investissement que vous faites aujourd’hui, vous obérez de plus en plus le choix des futures équipes qui gèreront la municipalité après les élections de l’an prochain ou de l’année après.

D’autre part, nous constatons aussi que les crédits de paiement, c’est-à-dire la déclinaison des autorisations de programme en budget d’investissement sur une année, ne sont parfois, on a déjà abordé le thème, ne sont parfois pas consommés. Vous allez me dire : « Ce n’est pas des sommes très importantes », mais en tout cas, il y a un défaut de consommation évident.
C’est ainsi que vous nous expliquez, Monsieur l’Adjoint, dans votre budget prévisionnel 2019 qui décline de cette délibération AP-CP, l’augmentation significative du budget d’investissement (+18.5 M€) par – je vous cite – « le calendrier de livraison des projets d’équipements, notamment l’impact des lissages opérés dans le cadre des autorisations de programme en 2017 pour 13 millions et par la progression des prix dans le cadre des consultations de travaux. » Cela ne nous paraît pas tout à fait convaincant comme explication. D’autant plus que traduis en langage commun « le lissage 2017 pour 13 millions d’euros », il s’agit d’opérations prévues en 2017 qui ne seront réalisées que cette année, soit deux ans plus tard.
En commission municipale Finances, vous nous avez indiqué, Monsieur l’Adjoint, que ce décalage pouvait s’expliquer par une tension sur les services en matière de ressources humaines et des marchés infructueux qui retardent les opérations. Notons bien qu’avec un budget en baisse de 3.6 millions d’euros sur le personnel titulaire cette année, nous craignons que les tensions sur les ressources humaines ne risquent pas de s’améliorer. Et les tensions, à ce niveau-là, risquent d’être de plus en plus importantes.

Comment avoir l’assurance, dans ce cas, que ces décalages ne vont pas se perpétuer d’une année sur l’autre et obérer encore davantage nos marges de manœuvre pour les années à venir ?

Deuxième remarque que je souhaite faire, elle concerne le choix des politiques publiques. Dans le cadre de la refonte du cadre de gestion du budget 2018, suite à la métropolisation, celui-ci est désormais décliné en cinq politiques publiques et une douzaine de secteurs d’intervention dits « AP-CP 2018 »

Je vous rappelle ces cinq politiques publiques :
– Politique de Développement urbain et qualité des espaces de proximité
– Politique culture et patrimoine
– Politique de développement sportif
– Politique pilotage de la collectivité
– Politique services à la population
La gestion pluriannuelle des investissements de la Ville, dont la version 2019 nous est présentée ici, suit cette déclinaison, tout comme le document de gestion du budget primitif 2019 dont nous allons débattre dans un instant.
Ma remarque est que la ville ne pourra pas se doter d’une véritable politique de transition climatique et écologique si elle n’en fait pas un axe prioritaire de politique publique,  un axe transversal à la lueur duquel les autres politiques sont censées s’adapter. Cet axe climatique doit figurer dans ces documents de prospectives budgétaires, et nous ne voyons pas de trace d’engagements forts de la part de la Ville de Bordeaux et c’est également le cas dans le budget primitif 2019. Nous le regrettons fortement. D’autant plus, je vous rappelle, Monsieur le Maire, que lors de notre dernier Conseil municipal, vous avez dit vous-même : « Bordeaux doit faire plus, et plus vite pour la transition écologique ». Vous avez insisté sur cette dimension. Nous aimerions bien la retrouver au niveau des orientations et des priorités. Je sais très bien que vous allez me répondre une fois de plus « mais notre politique irrigue les autres politiques ». Certes, on peut dire cela de toutes les politiques, mais je pense que vous gagnerez en lisibilité si vous vouliez vraiment être une ville opérationnelle sur le terrain de la transition écologique à faire de cette priorité-là une véritable priorité que l’on remarquerait dans le choix de vos politiques sectorielles, et nous regrettons que vous n’ayez toujours pas fait ce choix. Merci. »

 

Intervention Delphine Jamet

« Monsieur le Maire, chers collègues, je souhaite en effet compléter les propos de Pierre HURMIC concernant deux points. Un point global sur le montant des investissements et les taux de réalisation, et un point plus particulier sur le quartier GINKO.

Le point global est lié à nos discussions sur la même délibération, lors du vote du BP 2018, qui se sont déroulées il y a un petit peu plus de 9 mois, le 26 mars 2018. Vous nous disiez, Monsieur l’Adjoint, que l’objectif du taux de réalisation des investissements était de se rapprocher des 70 %; c’est-à-dire 70 % des investissements d’équipements budgétés, réalisés. Or, en 2017, nous sommes à 61 %. Et je m’inquiète pour l’avenir, car vous nous disiez en même temps – toujours il y a 9 mois – que l’on allait retrouver des niveaux d’investissements en équipements après 2018 qui étaient de 92,4 millions d’euros, qui plafonneraient à 70­80 millions d’euros. Or, cette année 2019, nous sommes à 111 millions d’euros. Donc, à notre avis, cette problématique est surtout liée aux reports d’investissements qui ne sont pas réalisés, et aussi à une absence d’anticipation dans les investissements.

Ma seconde remarque concerne plutôt le quartier GINKO. En effet, vous avez eu, Monsieur Pierre de Gaétan, le geste démocratique de me fournir très rapidement l’enquête globale de I’A’Urba sur le quartier GINKO et je vous en remercie vraiment solennellement. Cette enquête est passionnante, et je fais d’ailleurs ici le voeu que ce type d’exercice soit reproduit dans l’ensemble des quartiers de Bordeaux, à commencer par les nouveaux et notamment les Bassins à flot. Cette enquête met en exergue un certain nombre de points positifs et négatifs sur ce quartier dont le manque d’animation et notamment d’un lieu de vie. Vous voyez sans doute où je veux en venir par rapport à cette délibération. Vous avez supprimé, déprogrammé les 4,7 millions d’euros prévus pour la Maison des danses de GINKO sans rien proposer d’autres. Monsieur ROBERT nous a expliqué en mars 2018 que la danse serait représentée par le CND à Bordeaux Sud, mais quel lieu pour GINKO ? Certes, il y a un nouveau gymnase qui vise à faire l’agrafe comme le dit le rapport entre les Aubiers et GINKO, mais pour donner une âme à ce quartier, il manque un vrai lieu culturel, peut-être pas de la danse, mais nous regrettons cet abandon de 4,7 millions avec aucun projet de substitution. Je vous remercie. »

 

Interventions de Pierre Hurmic et Delphine Jamet sur le Budget primitif 2019

Intervention Pierre Hurmic

« Oui, Monsieur le Maire, mes chers collègues, quelques observations sur ce Budget primitif 2019. D’abord, une remarque préliminaire, je suis sûr que dans quelques instants, vous allez me dire « Monsieur Hurmic, vous vous répétez » parce qu’effectivement, je vais vous parler de ce qui, tant pour ma collègue Delphine Jamet, que pour moi-même, est une véritable obsession : l’adaptation de notre ville au changement climatique. Nous ne sentons pas du tout ce budget porteur de cet impératif. Effectivement, je l’ai déjà dit, vous allez me dire : « Vous vous répétez, Monsieur Hurmic », mais vous savez, autorisez-moi à citer un propos du très respectable Pierre Mendès-France qui dit la chose suivante : « Il y a deux sortes d’hommes politiques : il y a ceux qui se répètent et ceux qui se contredisent ». Autorisez-moi, autorisez-nous à faire partie de la première catégorie.  »

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« Nous regrettons qu’au lendemain même de la COP24, cela a été dit effectivement, rendez-vous international plutôt loupé avec cet impératif et nos objectifs pour 2050, au lendemain même, j’ai envie de dire, du moment où, manifestement, depuis la démission de Nicolas Hulot qui incarnait vraiment cet impératif, la voilure a quand même pour le moins baissé.

Au risque de nous répéter par rapport à la délibération précédente, nous ne voterons pas ce budget dans la mesure où il ne traduit à aucun moment les enjeux de l’urgence climatique qui nous menace tant au niveau international (bilan calamiteux COP24), qu’au niveau national (rien depuis le départ de Nicolas Hulot) et enfin au niveau local, qui nous occupe ici.On ne sent pas du tout de volonté gouvernementale de lutter contre ce que Nicolas Hulot a appelé « une véritable tragédie climatique ». Au niveau international, un échec. Au niveau national, on en sent pas le projet très porté. Nous avons tendance à penser que c’est aux collectivités locales qu’il revient de porter fortement ce projet. Beaucoup de gens les incitent à le faire et nous aimerions bien qui Bordeaux soit vraiment une ville motrice sur ce terrain-là. Nous constatons dans ce budget primitif une forte augmentation des dépenses d’investissements, malheureusement pas pour faire face aux impératifs de transition écologique et énergétique, mais principalement pour rattraper des retards d’investissements qui auraient dû être faits en 2017.

Sur certains investissement qui nous souhaiterions critiquer, j’aborde la ligne budgétaire « Efficacité énergétique et énergies renouvelables du patrimoine municipal » en déplorant que ce budget-là plafonne toujours à 1,5 millions d’euros. Alors, certes, nous reconnaissons, Madame Walryck, que des efforts ont été faits en matière d’amélioration d’efficacité énergétique de notre patrimoine municipal, nous sommes parfaitement lucides des efforts qui ont été faits, mais, par contre, cette ligne concerne également les énergies renouvelables du patrimoine municipal. Et là non seulement cela plafonne toujours aux mêmes sommes, mais rien n’est fait. Autorisez-nous à rêver d’une ville dans laquelle la plupart des bâtiments municipaux seraient couverts de panneaux solaires. Si vous voulez que les Bordelais s’adaptent à ce type de promotion de ces énergies renouvelables, commencez par donner l’exemple. Donc ce n’est pas avec une budget de 1,5 millions qui est chargé d’améliorer l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables de notre patrimoine municipal que, manifestement, nous y arriverons.

Autre ligne budgétaire qui nous parait aussi tout à fait inconséquente, c’est le budget consacré à la précarité énergétique. Il diminue, ce budget. Vous allez me dire et vous avez raison que c’est précisément parce que le dispositif devient métropolitain. Effectivement, c’est tout à fait normal, mais cela fait -223 440,00 € affectés à ce budget. Vous allez me dire d’accord : « La Métropole s’en occupe », mais ce n’est pas une raison pour le désinvestir. Je pense que deux budgets ne sont pas superflus, compte tenu des besoins en matière d’amélioration de l’habitat sur le terrain de la précarité énergétique et au niveau métropolitain, et au niveau bordelais. Nous regrettons, au motif de ce transfert, que vous ayez considérablement réduit la voilure pour la lutte nécessaire contre la précarité énergétique alors que les besoins continent d’augmenter.

Concernant les recettes de fonctionnement de ce budget, elles progressent fortement du fait des recettes de stationnement (+7 millions€) et des recettes fiscales (+8 millions € pour la taxe d’habitation et la taxe foncière). Cette progression des recettes fiscales induit une très forte hausse du ratio qui mesure le produit des impositions directes par rapport à la population, qui passe de 889 au budget primitif 2018 à 918 aujourd’hui. Alors que je vous le rappelle et là, les chiffres sont incontestables puisque ce sont ceux que vous nous fournissez, ce ratio de la moyenne des communes de la même strate, il est de 640 ! Il était de 624 l’an dernier, il est passé à 640. La moyenne est à 640, et nous sommes à 918. Vous pourrez nous produire tous les graphiques du monde comme vous le faites, il parait difficile de nier que Bordeaux se trouve quand même dans la strate supérieure d’imposition des communes de même strate, et le tout sans améliorer considérablement les priorités que je viens d’évoquer.

Un dernier mot aussi, mais n’aurait pu le faire plus tard lorsque l’on abordera les budgets participatifs dans quelques instants, nous regrettons que vous n’ayez pas budgété les budgets participatifs alors que vous connaissez parfaitement le montant qui leur sera consacré. Vous nous avez déjà répondu, « mais cela sera pioché ici et là », mais le budget participatif, cela ne se pioche pas. C’est une vraie ligne budgétaire en disant « Cette année, nous allons consacrer telle somme… » puisque vous la connaissez « …au budget participatif » sans nous dire : « On va prendre ici ou là en fonction de l’évolution et des restes à réaliser dans les différents budgets ». Donc, là aussi, nous regrettons, et nous vous l’avions fait remarquer au niveau des orientations budgétaires, persuadés que vous alliez corriger le tir, eh bien non, vous en restez sur cette position qui consiste à piocher sur les restes à gagner dans les autres budgets.

Voilà ce que je voulais vous dire. Donc bien sûr, pour l’ensemble de ces raisons et des tas d’autres, nous voterons contre ce budget et Delphine Jamet complètera mes propos. »

 

Intervention Delphine JAMET

« Monsieur le Maire, chers collègues, je m’attarderai quant à moi sur les crédits alloués aux politiques publiques dans ce BP 2019, c’est-à-dire dans la troisième partie de votre rapport de présentation.

Vous commencez par le domaine de l’éducation. Dans ce secteur, le budget prévisionnel est en baisse de 6 millions d’euros par rapport au BP 2018, dont 5,4 millions d’euros de prévisions en moins en investissements. En commission municipale, vous avez expliqué cette différence par des retards d’avancement de chantiers. Nous sommes donc toujours dans cette problématique de retard dans nos chantiers d’investissement.

Sur la partie éducation, sont évoqués aussi des travaux d’aménagement d’espaces extérieurs avec notamment des réfections et végétalisations des cours. Nous appelons de nos voeux à ce qu’il y ait une revégétalisation de l’ensemble des cours, bien entendu, des écoles de Bordeaux, et notamment attirons encore votre attention, Monsieur le Maire, à l’installation des aires de jeux en matières synthétiques, la plupart du temps qui sont issues de granulats de pneus. Outre plusieurs métaux lourds, les granulats de pneus contiennent plusieurs hydrocarbures aromatiques polycycliques en particulier du benzopyrène qui est un produit cancérogène avéré. Donc, je vous demande, Monsieur le Maire, comme je l’ai fait par courrier très récemment, de surseoir à la pose de ce genre de matières et de terrains dans nos écoles et dans nos crèches. Une étude est en cours, Monsieur le Maire, au niveau du Sénat avec l’ANSES sur ces questions-là, et je pense effectivement qu’il est bon ton aujourd’hui de prendre toutes les précautions requises et d’attendre avant de vous engager dans cette voie. En plus, rien de mieux pour lutter contre le dérèglement climatique et les îlots de chaleur que la revégétalisation de nos cours d’école.

Concernant les crèches, Monsieur le Maire, je voudrais intervenir aussi dans ce domaine, car on constate dans ce budget une forte augmentation des dépenses d’investissements qui visent à accueillir de nouveaux petits bordelais, nous nous en réjouissons, et qui, je vous le rappelle, deviendront aussi très bien tôt de futurs petits écoliers avec des dépenses d’investissements qui devront suivre. Nous serons donc très vigilants dans ce domaine.

Concernant les dépenses de fonctionnement des crèches, je voudrais faire ici un focus sur les différences très importantes du coût des places en crèche selon le mode de gestion, qu’il soit municipal, associatif privé, à but lucratif en délégation de service public ou privé à but lucratif en réservation de berceaux. Suite à notre demande, vous nous avez présenté une étude sur des coûts par place qui ne correspond pas tout à fait à nos propres recherches et résultats avec les éléments que vous nous avez fournis dans ce BP. Ce qu’il ressort c’est qu’il y a un coût exorbitant des places que vous achetez en réservation de berceaux auprès de crèches privées, et ces réservations de berceaux, ce coût, ce financement est de plus en plus élevé dans votre politique de la Petite enfance. En 2 ans, il aura pratiquement doublé, et aujourd’hui, vous avez un budget alloué pour les crèches privées en réservation de berceaux aussi important que pour les crèches privées en délégation de service public pour un nombre bien moins important d’enfants accueillis, et ce qui revient à un coût moyen par enfant accueilli très, très élevé, bien plus élevé que pour les crèches municipales, les crèches associatives et les crèches privées en délégation de service public. J’attire donc votre attention, Monsieur le Maire, sur ce point-là, et vous invite à cesser cette façon de procéder, et notamment ces réservations de places en crèche. Je vous remercie. »

 

Sur le budget participatif, M. Jupé a « ten[u] à remercier M. Hurmic d’avoir été persévérant pour nous convaincre de mettre en place un budget participatif. Et sa collègue Delphine Jamet. »

Intervention de Pierre Hurmic sur le Budget participatif

« Monsieur le Maire,mes chers collègue, quelques mots de commentaires d’abord pour vous remercier d’avoir reconnu notre opiniâtreté pour avoir porté cette création des budgets participatifs depuis le début de la mandature, c’est-à-dire depuis 2014. Je me suis amusé à retrouver les premiers Conseils municipaux, dès 2014, où nous avions abordé pour la première fois cette question. J’ai envie de dire, je ne veux pas être taquin, après que vous ayez eu l’amabilité de reconnaître notre rôle d’initiative, mais ô combien nous avons été mal accueillis lorsque nous avons fait cette proposition. On nous a dit : « Mais on ne vous a pas attendu. On fait déjà de la participation, Monsieur Hurmic, Madame Jamet avec nos Conseils de quartiers exemplaires, etc. ». Voilà, c’est vous-même, je vois que vous vous reconnaissez, Monsieur l’Adjoint. Effectivement, on n’a pas été très bien accueilli. Un autre disait : « Mais le budget, cela doit rester entre les mains de l’exécutif ». « Le budget, cela ne se partage pas. C’est la pièce maîtresse de notre travail, etc ». Enfin bon, des réticences. Je vois que le travail de lobbying, si on peut appeler cela ainsi, a porté ses fruits, et Delphine Jamet et moi-même nous nous en félicitons.

Sur la façon dont ces budgets participatifs ont été élaborés, je mettrais un petit bémol non pas par esprit, mais lorsque nous parlez de co-construction, c’est peut-être un peu excessif, la co-construction. Vous nous avez invités à une réunion de travail. Effectivement, nous sommes venus, d’ailleurs, tous les deux. Il y avait certains points en vert de votre projet qui étaient discutables et amendables, mais j’ai envie de dire que ce n’étais pas l’esprit même du budget participatif qui était co-construit. C’était un document que l’on a pu discuter. Mais reconnaissez avec moi, Monsieur Florian, sur des points inscrits en vert, je ne sais pas si c’était à notre destination, mais des points qui pouvaient être discutés sur lesquels la discussion a été ranche, mais il n’y a eu qu’une seule réunion. Après, vous nous aviez annoncé un nouveau document que l’on pourrait rediscuter, cela n’a pas été le cas. Bon, cela a été fait un peu dans la précipitation. Après quatre années où nous en avons parlé, on a eu un peu l’impression que cela a été fait un peu dans la précipitation.

Ensuite, je voudrais vous féliciter, Monsieur le Maire, du fait que les sommes qui sont accordées à ce budget participatif, c’est 10 euros par habitant. C’est effectivement supérieur à la moyenne nationale qui est de 5 euros, vous l’avez rappelé. Les chiffres sont exacts, mais reconnaissez qu’il y a beaucoup de petites communes, les communes moyennes qui ont adopté les budgets participatifs et que donc, les chiffres ne sont pas très parlants parce que c’est un pourcentage du budget d’investissement de la ville, un pourcentage qui va entre 2,5 et 5 %. Donc, la petite commune, effectivement, ne va pas consacrer comme nous 10 euros. C’est effectivement inenvisageable compte tenu de son budget d’investissement. Ce qui est plus significatif, ce sont les pourcentages précisément accordés par les villes à ces budgets participatifs, qui sont plus ou moins significatifs. Je me souviens très bien, Monsieur le Maire, que lorsque l’on a parlé du budget participatif de la Ville de Paris en vous disant que c’était 5 % du budget d’investissements de la ville, c’est énorme, 5 % du budget d’investissement, vous nous avez dit, je vous cite : «Je me suis fait expliquer assez longuement ce que sont les budgets participatifs de la Ville de Paris. Je peux vous dire que ce n’est pas bézef ». Si, précisément, c’est bézef. Nous, on est 10 euros par habitant, eux, ils sont à 45 euros par habitant. 10 euros, nous, 45 euros. Les Parisiens vont peut-être dire que Bordeaux ce n’est pas bézef, mais l’inverse en tout cas n’est certainement pas exact.

Je confirme également, et vous l’avez bien noté Monsieur FLORIAN qu’effectivement, il n’y a pas de ligne budgétaire dans le budget. Je n’ai pas bien très compris votre coup de passe-passe en disant « On verra en juin, etc ». Vous nous dites qu’il y aura 2,5 millions, dans la délibération, il y aura 2,5 millions qui y seront consacrés. Rien ne vous interdisait de les mettre dans le budget puisque l’on vient de voter le budget. Rien ne vous interdisait de les mettre dans le budget, là, cela aurait donné un peu plus de consistance à votre proposition.

Et également une observation que je voudrais faire. Vous avez eu, à mon avis, la bonne idée de faire venir, il y a
de cela 10 jours, l’Adjoint à la démocratie participative de Grenoble, Pascal CLOUAIRE qui est venu vous expliquer comment cela marchait à Grenoble. Je regrette que vous l’ayez fait venir un peu tard. Vous l’avez fait venir une fois que vous aviez déjà bouclé votre système participatif. Je suis persuadé, Monsieur FLORIAN, que si vous l’aviez fait venir avant, Monsieur CLOUAIRE, il vous aurait expliqué ce qu’il nous a expliqué à nous en marge de votre réunion, qu’il y a une faille importante dans votre dispositif. Oui, Monsieur CLOUAIRE de Grenoble vous aurait expliqué ce qu’il nous a expliqué, il y a une faille dans votre budget participatif et dans votre dispositif de participation. C’est dans les 5 étapes. C’est lui qui nous l’a expliqué, en commission on n’en a pas beaucoup débattu, nous ne l’avions pas vue cette faille, mais lui, il nous l’a expliquée. Il nous a dit : « Mais vous ne serez jamais l’équivalent de Grenoble en termes de démocratie. Pourquoi ? Vous avez fixé 5 grandes étapes du budget participatif bordelais avec la première étape Dépôt de projet, et la deuxième Analyse des projets ». Mais il nous a dit : « La différence entre votre projet et celui de Bordeaux, c’est qu’à Bordeaux, l’analyse des projets va être faite par l’administration, il va y avoir une sélection des projets alors que nous, à Grenoble, qui avons la prétention d’avoir des budgets vraiment participatifs, l’étape entre le 1 et le 2, elle est démocratique ». C’est-à-dire que ce n’est pas un comité de Théodule qui va choisir quels sont les projets qui vont être retenus, qui sont recevables, c’est le forum. C’est le forum des citoyens. Il nous a dit : « À Grenoble, 100 projets sont issus des propositions. Il y en a 30 qui sont sélectionnés non pas par l’administration ou par des élus, mais qui sont ceux sélectionnés par un forum démocratique ». Je pense que cela donne une dimension encore plus démocratique, Monsieur FLORIAN, au système que vous nous proposez aujourd’hui, mais peut-être que votre système est amendable. En tout cas, nous aimerions bien qu’il le soit sur ce terrain-là.

Et puis, un dernier point, et je vais finir là-dessus, Monsieur le Maire, je vous ai dit au début de notre Conseil municipal que nous adoptions enfin les budgets participatifs, mais en même temps que nos budgets participatifs, nous vous avions fait la proposition de mettre en œuvre, y compris dans notre règlement intérieur, le Référendum d’initiative Locale. Le référendum local, il est prévu par la loi. Vous vous êtes fait, je le redis ici parce que vous ne m’avez pas répondu sur ce terrain-là, vous avez été très réceptif à la proposition des Gilets jaunes sur le Référendum d’Initiative Citoyenne, moi, j’aimerais vraiment que vous nous disiez très rapidement si vous entendez que Bordeaux soit une ville motrice pour développer ce Référendum d’Initiative Locale. Je pense qu’il y a certains projets qui pourraient être débattus et adoptés ou rejetés par la population.

Voilà les quelques observations que je voulais faire sur cette délibération, mais naturellement, Delphine JAMET et moi-même voterons pour ces budgets participatifs dans quelques instants. »

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Pour rappel voir nos 12 propositions pour renouveler la démocratie locale à Bordeaux, présentées en avril 2016 : http://bordeaux.eelv.fr/nos-12-propositions-pour-renouvele…/

Intervention de Pierre Hurmic sur le Contrat de partenariat de la Cité municipale de Bordeaux

« Monsieur Le Maire, mes chers collègues,

Vous avez raison, on est dans le cadre du contrat, M. Florian, mais le contrat est un peu laxiste sur certains domaines et je vais intervenir notamment sur un domaine : c’est le fait que cette Cité Municipale se voulait être un bâtiment exemplaire dans le domaine des bâtiments à énergie positive. Considérons que même si on reste dans le cadre du contrat, nous ne sommes pas encore un bâtiment exemplaire. Je prendrais quelques exemples : le bilan 2017 – 2018 fait état de consommations énergétiques qui ont dépassé de 9,6% la production d’énergie sur la période d’aout 2017 à juillet 2018. Est-ce qu’on peut se féliciter de cette augmentation de la production d’énergie même si, vous avez raison, nous restons dans le tunnel de tolérance qui était quand même assez laxiste puisqu’on était entre + et – 10% contractuellement, donc on reste dans les 10% mais on augmente la consommation de 9,6%, on ne peut pas dire que ce soit tellement le chemin de la sobriété qui est emprunté par ces résultats. On nous dit que ces résultats décevant sont justifiés par plusieurs périodes de forte chaleur à l’été 2018, ce n’est pas des évènements exceptionnels, ne nous présentez plus des étés chauds comme des phénomènes exceptionnels qui ne nous permettent pas de tenir quelques engagements. De plus en plus nous aurons des étés qui seront de plus en plus chauds et nous aurons de plus en plus besoin d’une ville revégétalisée pour lutter précisément contre ces étés de plus en plus chauds, donc on ne va pas les regretter à chaque fois mais on va se donner les moyens je l’espère ensemble, de lutter contre des îlots de chaleurs qui font qu’à Bordeaux on aura du mal à subir ces étés chauds. Je vous rappelle à cet égard qu’avec un arbre, nous pouvons économiser à peu près 5 climatiseurs. Je pense que c’est important de le rappeler.

Pareil, pour la consommation de l’électricité, une augmentation de 7%, on nous dit que c’est dû à la climatisation à la ventilation et au chauffage, c’est des adaptations au climat mais ne nous présentez plus ces adaptations vraiment comme des phénomènes exceptionnels.

Nous avons noté aussi un différentiel de 18 et 12% respectivement pour les mois d’aout et novembre sur la consommation brute d’électricité par rapport à l’année précédente, ben ce n’est quand même pas un bon résultat que l’augmentation de notre consommation d’électricité de la Cité Municipale, même si nous restons dans les clous du contrat, augmente dans des proportions aussi importantes.

Voilà les observations que je voulais vous faire. Vous l’avez rappelé, nous sommes dans les 10% de tolérance, ces 10% étaient très tolérants, je pense que nous pouvons faire des efforts supérieurs  pour diminuer vraiment nos consommation d’électricité à la CM et pour que l’on devienne un bâtiment exceptionnel, ou en tout cas, remplissant des obligations d’énergie positive. Merci. »

 

Intervention de Delphine Jamet sur le Versement des subventions aux associations en charge de structures d’accueil des jeunes enfants ou de l’accompagnement et du soutien aux familles

Abstention de notre groupe

« Monsieur le Maire, chers collègues, nous nous abstiendrons sur cette délibération non pas parce que nous nous opposons à l’attribution de subventions aux crèches associatives, bien au contraire, mais pour marquer notre rejet dans la distorsion dans l’attribution des subventions. Nous estimons que les subventions accordées comportent des écarts bien trop importants d’une crèche à une autre. J’ai calculé, comme au mois de mars dernier, quelques ratios des montants de subvention par place. Cela va de 4 118 euros à 9 914 euros. Même si les projets sont différents, et j’en suis bien consciente, un tel écart me paraît très surprenant. Et si on enlève les ratios des deux crèches avec des projets atypiques comme APIMI et Nuage Bleu, on arrive tout de même à des écarts de 4 118 euros à 8 770 euros, du simple au double. Vous nous avez fourni, et je vous en remercie, une étude comparative des coûts par mode de gestion dans le domaine de la Petite Enfance, et vous nous indiquez que le coût par place dans les crèches collectives associatives oscille entre 5 900 euros à 10 000 euros. Or, quand on calcule, le coût minimum est bien de 4 118 euros, et pas de 5 900 euros. Je m’étonne donc des résultats de votre étude, car si on prend cette somme, on voit bien que la fourchette n’est pas la même. Je m’inquiète donc, comme je l’ai fait en mars dernier, de cette différenciation de traitement qui met en grandes difficultés certaines crèches associatives et les structures sur lesquelles elles sont adossées.

Enfin, Monsieur le Maire, Madame COLLET, je suis dans l’obligation d’intervenir à l’occasion de cette délibération sur la gestion du dossier de la crèche de l’Eau-Vive. En effet, alors que vous nous avez affirmé en commission avoir anticipé la fermeture de cette crèche associative, il semble que vous ayez oublié dans la gestion de ce dossier, le volet communication. Les parents des enfants fréquentant cette crèche et le personnel de cet établissement ont été dans le flou le plus absolu du mois de juillet au 19 novembre dernier, date officielle de l’annonce de la fermeture de la crèche au 21 décembre alors qu’en septembre, on leur annonçait que la crèche serait ouverte jusqu’en juillet 2019. Alors que vous anticipiez la réservation de places auprès de crèches privées et dans d’autres structures de l’association et publiques, vous avez tout simplement oublié le volet humain de ce dossier et l’accompagnement des personnes concernées. C’est avec un vrai sentiment de gâchis que je déplore la fermeture de cette structure, fermeture précipitée sans transparence pour les familles, au détriment des enfants et des personnels de l’APEEF. Aujourd’hui, avec la fermeture de cette structure, la Ville perd 20 places d’accueil dans une structure aux projets de grande qualité et vous économisez 200 000 euros là où vous les reportez sur de la réservation de berceaux dans des crèches privées. Je ne vous cache pas mon inquiétude quant au devenir de I’APEEF en elle-même où il règne aujourd’hui un climat social délétère. L’Inspection du travail a été saisie. Beaucoup d’arrêts-maladie sont en cours et une dizaine de licenciements sont prévus pour 2019. Monsieur le Maire, vous avez été saisi par les parents de l’Eau-Vive. Vous ne leur avez pas répondu. Je pense sincèrement, Monsieur le Maire, que ces familles méritent toute votre attention. Je vous remercie. »

« Monsieur, je me mets à la place d’un parent. »

« Non, non, ce n’est pas démagogique. À un moment donné, quand on est au mois de novembre, quand on fait sa rentrée avec un enfant en bas âge parce que ce sont des enfants en bas âge…. »

« Quand même, à un moment donné, cela aurait été bien aussi de la part de la Ville qui avait ces éléments puisque la Ville a anticipé et je vous en remercie d’avoir anticipé pour réserver des places. Peut-être aurait-il été bien que les parents en soient informés pour qu’ils sachent de quoi ils allaient pouvoir se retourner, et comment ils allaient voir les choses. »

 

 

Intervention de Delphine Jamet sur  la Dénomination de voies et d’espaces publics

« Monsieur le Maire, chers collègues, je tenais aussi à remercier la commission viographie et le Conseil municipal pour cette liste très agréable à lire, je dois le dire parce que, non seulement on y voit des noms de femmes, on y voit des noms d’anticolonialistes, on y voit des noms d’océanographes, on y voit de noms de militantes américaines emblématiques, et on y voit le nom d’esteys. Et, à propos d’esteys, je voulais, Monsieur le Maire, vous interpeller sur une question liée à la viographie notamment, c’est celle de la place dans notre histoire locale de la culture de la langue gasconne de notre territoire. Il me semble que nous pourrions faire beaucoup, beaucoup mieux sur cette question-là. La Ville de Bordeaux regorge de noms de rues, de quais, de places, d’impasses qui nous rappellent que nous sommes bien une terre gasconne : la Saint-Christoly, rue Maucoudinat, rue Carpenteyre, rue des Menuts, rue Saint-James, rue du Peugue, quai de Paludate, rue du Cancera, quai des Salinières, et tant d’autres. Aussi, il serait intéressant, me semble-t-il, Monsieur le Maire, de lancer un recensement de l’ensemble des lieux issus de cette culture toujours vivante. Outre le fait que cela permettrait de montrer votre intérêt pour cette culture, cela permettrait à terme de mettre en valeur ce travail sur l’espace public en apposant notamment des plaques explicatives et rappeler que Bordeaux souhaite soutenir et développer la pratique de la langue et des cultures occitanes. Un adhérent de l’Ostau Occitan effectue, depuis plusieurs années, une visite bilingue des quartiers de Bordeaux une fois par mois. Cette action devrait déboucher avant la fin 2019 sur l’édition d’un plan des rues de Bordeaux au nom gascon. Bordeaux, à mon avis, aurait tout intérêt à s’y associer. Où que l’on vive en Aquitaine, les noms de lieux, des rues et de villes, des paysages parlent occitan. Alors que l’enseignement de l’occitan se développe, il me semble primordial que le chef-lieu de région, Bordeaux, s’approprie son histoire, la mette à l’honneur et permette aux habitants, élèves et touristes de se rendre compte que nous évoluons dans un espace marqué par une forte culture gasconne.

Après l’ouverture d’un site bilingue à l’école maternelle publique du Bouscat en septembre 2017, l’inspecteur chargé des classes bilingues à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) de la Gironde souhaite en ouvrir une à Bordeaux ; projet possible pour la prochaine rentrée ou la suivante. Toute ouverture de site bilingue étant soumise à l’accord du Maire, vous devriez, Monsieur le Maire, être sollicité très prochainement par la DSDEN. J’espère que votre réponse sera positive.

Enfin, Bordeaux est la plus grande ville de l’aire linguistique gasconne, suivie par Pau. Cela, personne ne peut le contester, et il convient maintenant d’en faire un étendard au bénéfice de Bordeaux et un élément de fierté. Je vous remercie. »

Ressources :

Rua Maucoudinat = Rue Maucoudinat : Au sens littéral, Maucoudinat signifie « mal cuisiné », mais il ne semble pas s’agir pourtant d’un mauvais cuisinier, mais plutôt du travail d’un boucher, tripierou autre. C’est ainsi que l’on note un article des statuts de Bordeaux : « Pareillement est défendu aux bouchers, crabiers et tripier de jeter les eaux usées sur la voie publique. » Dans cette rue se trouvait beaucoup d’eaux sales appelées vulgairement : « mal cousinat ».

Rue des Menuts : La rue des Menuts aux moines franciscains appelés en gascon frays menuts (« frères mineurs »)

Lo Pradeù : Cette place a subi une déformation orthographique et portait autrefois le nom de « pradeau » venant du gascon « Pradèu » qui signifie une place communale couverte d’herbe, donc une promenade. Autrefois, le cimetière Saint Serin se trouvait sur cet emplacement.

Rua dau Castèth de l’Ombrèira = rue du château-de-l’Ombrière : En 1262, la place est signalée dans le livre des Bouillon. Cependant, l’explication est floue : s’agit‐il d’un endroit ombragé par des arbres en général ou par des ormes, ou encore un endroit planté d’ormes…Il s’agit pourtant d’un lieu d’ombre indiqué par le mot « ombrièra ». Au X° siècle, le Palais de l’Ombière abrita les Ducs d’Aquitaine et fut détruit en 1800 pour l’ouverture de la rue.

Rua Sent‐Jacme = Rue Saint-James : Cette rue nommée Saint‐Jaime, dès le XIII° siècle, permettait aux pèlerins de Saint‐Jacques de Compostelle d’accéder à l’hôpital du même nom.

Impassa Joan Hustèir : L’impasse du Pas‐Saint‐Georges s’appelait « Jehan Fustey, soit Jean Cherpentier. » Un texte du XIV°
siècle laisse penser que l’appellation vient du nom « Fuster ». Au XVIII° siècle, l’impasse s’appelait « ruette Fustey » (fabriquant de barriques).

Rua dau Peugue : Le nom témoigne de la présence de ce cours d’eau qui se situe cours Alsace‐Lorraine avant de se jeter dans la Garonne. (Peugue signifie en Gascon « l’élément liquide », mais aussi « la mer », « l’océan », « le Bassin d’Arcachon », et « la pêche en pleine mer ».)

Rua dau Cancera = Rue du Cancéra : Le nom d’origine latine (cancerallius) signifie portier, préposé à la grille. De « cancerallius », on est passé au gascon « cancera ».

Rua de las Eiras : Cette rue tirerait son nom de là où elle est née : « A las Eiras », c’est à dire « aux Eaux », désignant ainsi la région marécageuse située à l’ouest de la ville romaine où les eaux du Peugue se joignaient à celles de la Devèze. (Bonnemason) D’après Charles Higounet il faut rapprocher cette « Aire » gascon du latin « area », c’est à dire « lieu, emplacement à bâtir ». Un dérivé de ce mot en gascon a d’ailleurs donné le fameux airial (airiau) landais. (Galy)

Cai de la Grava : La grave est la francisation du gascon « grava » signifiant « grève ». Ce terme désigne en français le terrain plat et uni couvert de gravier le long d’un cours d’eau. Jusqu’au XVIeme siècle ce nom de grave s’appliquait à tous les quais longeant la Garonne. « Pantagruel, passant à Bordeaux – écrit Rabelais – y observa des gabariers jouant à la luette sur la grave ». (Jean Bonnemason)

Rua de la Rossèla : Une explication de la Rousselle peut être trouvée dans le gascon « rossèu », qui désigne le poisson appelé « pagel » en français.La famille Montaigne y demeurait au numéro 23 et 25.

Rua de las Palancas = rue des Palanques : De la rue des Palanques qui descendait vers le Peugue, on empruntait un pont fait de « palancas », pour se rendre à la cathédrale Saint André. Un extrait d’un acte de 1415, nous apprend qu’un tenancier du chapitre de Saint André déclare : « Estre teneu demettre trois planches (les palancas en gascon), bonnes et suffisantes, chascune d’ung pied d’ample, au pont dudict moulin : et est teneu de faire et refaire perpétuellement, ffoys et quantes que besoing sera, le pont bon et seur, mettant les dictes trois planches et non plus ». Une « palanca » est bien une « pièce de bois grossièrement équarrie et dont on fait des passerelles pour les ruisseaux. » (Bonnemason)

Impasse Mau Cohada : Du gascon « Maucoihada », mal coiffée, ce surnom a dû s’appliquer à une personne de genre plutôt négligé, habitant la rue. (Roger Galy)

Plaça Sent Cristòli= Place Saint-Christoly : Sur une pierre située à l’angle des actuelles rues du Temple et Poquelin‐Molière, on peut lire l’inscription rue Saint Christoly. L’église Saint‐Christoly, dont il ne reste rien denos jours, avait été construite au XIIIeme siècle à l’angle des actuelles rues Poquelin‐Molière et de Grassi. Cette église, dédiée à Saint Christophe a conservé son nom gascon d’origine de Saint « Cristòli ».

Rua Permentada : La rue « Permentada » en occitan est, selon Galy, l’ancienne rue des paveurs « peimentadors ». Selon Bonnemason, un texte de 1438 noteles anciens noms « peymentad de maucalhau, peymentad de calculo ». C’est à dire « la rue pavée de mauvais cailloux ».

Rua Maubec : C’est une très ancienne voie connue depuis 1400. Sans doute doit‐elle son nom à celui d’un propriétaire surnommé en gascon « mauvais bec, mauvaise langue ».

Rua Mautrec : Connue en 1939 sous le nom de Mautreit avec le sens gascon de « mauvais trajet » car elle était habitée par des bouchers qui écorchaient des animaux et y abandonnaient encore les immondices au XVI° siècle. (Desgraves)

Rua de la Maison Daurada : Selon Drouin « cette voie doit son nom à l’hôtel bâti pour le président de Pontac par Hardouin‐Mansart : on l’appelait communément la Maison Daurade en raison de la grande quantité de dorures qui en décoraient les appartements ». En gascon « Maison Daurada » signifie littéralement « maison dorée ».

Rua deu miralh = Rue du Mirail : Nommée ainsi depuis le XIII° siècle cette rue doit son nom à la légende suivante : Au milieu du carrefour formé par les rues Gratiolet et des Augustins existait un basilic dont le regard tuait tous ceux qui se penchaient pour puiser de l’eau. Une jeune fille plaça sur la margelle un miroir (miralh) et le basilic croisant
son propre regard tomba mort

Rua deus Putz deus casaus : Cette rue existe depuis 1400, date à laquelle est attestée la présence d’un puits dans des jardins (casaus).

Rua Cantamèrle :« Cette voie a été ouverte sur un terrain planté d’oseraies où abondaient les merles » (Desgraves)
« Canta mèrle » = chante merle.

Rua de las Alaudetas : Cette rue des alouettes existait déjà en 1334.

Rua deus Alamandèirs : Selon Drouyn, « un titre daté du 3 novembre 1374 nous apprend qu’un amandier s’élevait dans le
cimetière de Saint Michel d’où était sans doute venu le nom de la rue ».

Rua dels Faures : Desgraves présente cette rue comme peuplée de forgerons d’épées et d’armures.

Lo Mercat : Jusqu’au XIX° siècle se trouvait le plus grand marché de Bordeaux avec au centre une tour de pilori
où les condamnés étaient exposés au public.

Rua Leitèira : On peut supposer qu’à l’origine (vers 1254) il s’agissait de la rue des « marchands de lait ».

Rua deus tres conilhs : Ce nom vient d’une ancienne hôtellerie dont l’enseigne portait trois lapins (conilhs).

Rua de la Fustaria / Rua Carpentèirs = Rue Carpenteyre : Ces deux mots désignent les tonneliers. Drouyn précise : « On sait bien que les mots carpenterie et fusterie sont presque synonymes et s’appliquaient à l’industrie des charpentiers et fabricants de barriques ». Carpenteys = charpentier de barrique ou de maison

Rua deus Caperans :Un caperan était en occitan de Gascogne un « chapelain, un curé».

Rua Font d’Audèja : Cette rue tire son nom de la fontaine où l’estey* l’Audège prend sa source. Au Moyen Âge, cette rue était empruntée par les marchands de sel.
*Estey : cours d’eau bordelais qui se jette dans la Garonne.

Rua Cap de vila : « Cap de vila » désignait l’extrémité de la ville de l’époque romaine.

Cai de Palutada : Ce nom rappelle que Bordeaux fut construite sur des marécages (paluds).

Cai de las Salinièras : Quai où l’on débarquait le sel. Dans « salinièras » on retrouve le mot « sal » qui signifie sel.

http://oc.montesquieu.free.fr/…/bonnemason_jean__noms_occit…

http://bordographe.com/…/27/histoire-noms-de-rues-de-borde…/

http://www.ieo-oc.org/IMG/pdf/pub2013_externe_22012014-2.pdf

http://www.ac-bordeaux.fr/…/enseignement-bilingue-francais-…

Intervention de Pierre Hurmic sur le Stationnement payant sur voirie. Remboursements d’abonnements (zone C)

« Oui, brièvement, beaucoup de choses ont été dites, mais je m’associe totalement aux propos que vient de tenir Nicolas GUENRO effectivement sur l’outil informatique qui ne place pas tous les Bordelais dans une voie d’égalité vis-à-vis du stationnement. Mon intervention consiste aussi, Monsieur DAVID, à vous interroger sur la concertation actuellement avec les représentants des quartiers Saint-Augustin, Caudérès, et Grand parc puisque nous avons été destinataires, nous aussi, comme la presse, du courrier qu’ils ont écrit dans lequel ils se plaignent du problème de la concertation qui fonctionne actuellement mal selon eux. Donc, je souhaiterais, Monsieur DAVID, que vous puissiez nous faire un point sur l’état de la concertation avec les représentants de ces trois quartiers, étant précisé que ce ne sont pas des gens hostiles au stationnement payant pour la plupart d’entre eux. Ils veulent, simplement, discuter des modalités du stationnement payant dans leur quartier.

Et, en plus, un dernier mot, je pense que l’on a tout intérêt à ce que la concertation aboutisse, que l’on évite ce qui s’est déjà passé pour Saint-Augustin et pour Caudéran parce que quand on voit le bilan chiffré de ce que cela a coûté à la collectivité, le fait d’avoir d’abord prévu le stationnement et ensuite de l’avoir retiré, on est quand même sur une addition de 246 465 euros. 17 664 euros de remboursement, plus 10 horodateurs 63 600 euros, marquage au sol Caudérès Saint-Augustin 165 201 euros. C’est vrai que cela a coûté relativement cher. Le total, je l’ai fait, c’est 246 465 euros. Si on peut s’éviter à l’avenir ce type de dépenses par une concertation le plus en amont possible et le plus efficace possible, je pense que l’on a tout intérêt à y gagner, y compris financièrement. Merci. »

Intervention de Delphine Jamet sur l’Exploitation du marché des Capucins et de ses parcs de stationnement

« Monsieur le Maire, chers collègues, c’est la fin, je vais faire court.

Nous ne sommes pas tout à fait satisfaits de la situation. Nous intervenons à nouveau sur le marché des Capucins pour attirer votre attention sur le fait que la question des déchets n’est toujours pas réglée à l’heure où je vous en parle, et à la mesure des enjeux. Que le groupe GÉRAUD est toujours en infraction par rapport à la loi sur le tri des biodéchets, 40 % des 486 tonnes de déchets produits en 2017. Que vous avez interpellé, Madame BERNARD, en commission tripartite, Monsieur AUGUSTE sur le tri des cartons qui devait être mis en place et que rien n’a été fait à ce jour, soit 30 % des 486 tonnes de déchets en 2017. Voilà, je voulais juste attirer votre attention sur ce fait. Merci. »

 

 

Retours de la presse sur le Conseil Municipal du lundi 17 décembre 2018 :

Sud Ouest « Presque la concorde par temps de gilets jaunes » – 18/12/2018Article Sud Ouest - 18/12/2018

« Quant à Pierre Hurmic, il plaide pour un référendum d’initiative locale, possibilité qu’il défendait avant le fameux « RIC » des gilets jaunes ».

« Concrètement, les projets, orientés développement durable, pourront être déposés à partir de janvier sur un site dédié, puis seront sélectionnés avant d’être soumis au vote de tous pour une exécution sous deux ans. Personne n’y trouve à redire. Sauf Pierre Hurmic pour regretter que l’initiative ne fasse pas l’objet d’une ligne dédiée au budget primitif »

« De la tension, il y en aura malgré tout à propos des subventions versées aux associations assurant l’accueil des tout-petits. En l’occurrence, Nicolas Guenro, Matthieu Rouveyre et Delphine Jamet relaient le sentiment « d’irrespect » des parents et des salariés à l’annonce, intervenue en novembre, de la fermeture ) la fin de l’année du Jardin de l’eau vive à Sainte Croix. »

 

Rue 89 Bordeaux « Les Gilets jaunes s’invitent dans les débats du conseil municipal de Bordeaux » – 18/12/2018

Les Gilets jaunes s’invitent dans les débats du conseil municipal de Bordeaux

 

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