BORDEAUX A L’HEURE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE à BORDEAUX : L’URGENCE D’UNE NOUVELLE TRAJECTOIRE

L’urgence climatique nous impose de proposer des solutions locales à Bordeaux, et de faire de cette cause une priorité. Voici nos propositions :

1/ Renoncer au minéral, végétaliser et rafraîchir la ville

Pourquoi faire ?

  • améliorer le microclimat et l´hygiène atmosphérique
  • développer les fonctions naturelles des sols
  • infiltrer les eaux pluviales et alimenter la nappe phréatique
  • créer et revaloriser l´espace vital pour la faune et la flore

Réviser le PLU 3.1 à l’aune de l’urgence climatique (reprendre qqs propositions mars 2016)[1]Donner toute sa place à la nature dans le PLU

Créer des jardins publics ou squares, prioritairement dans les quartiers qui en sont dépourvus : nous demandons que soit envisagée l’utilisation des ER (emplacement réservé) et des servitudes de localisation d’espaces verts au titre de l’application de l’article L.123-2C du code de l’urbanisme pour la création de parcs et de jardins. Ces jardins et squares pourraient ainsi accueillir des initiatives visant à promouvoir l’agriculture urbaine.

  • renforcer les outils incitant à la végétalisation
  • Systématiser un coefficient de biotope (outil pour penser la ville nature) adapté en fonction des zones (cf. PLU de Paris, Montreuil, Rennes)
  • Permettre une hauteur maximale augmentée pour les constructions avec toitures végétales (cf. PLU d’Orléans)
  • Instaurer un coefficient de pondération permettant de prendre en compte la qualité environnementale des réalisations végétales dans le calcul du ratio des surfaces végétalisées (cf. PLU de Grenoble)
  • Instaurer une obligation de végétaliser majoritairement les aires de stationnement : Nous proposons de remplacer « majoritairement » par « systématiquement » dans le texte du PLU actuel

Renforcer la protection de l’arbre en ville

– Lancer une vaste campagne de recensement des arbres privés pour les protéger.

– Renforcer les outils de classement des parcelles : La protection des secteurs paysagers par le classement des parcelles en zone de protection du patrimoine paysager ne sont pas suffisantes pour protéger des parcelles de l’urbanisation, notamment dans les zones intra-boulevards (Exemple de la parcelle rue Joséphine, 20 arbres de grand développement vont être abattus). Seulement 42 arbres isolés sont protégés dans le PLU !

La ville de Bordeaux déclare planter 1000 arbres par an. 4500 arbres vont être plantés à terme sur le Parc aux Angéliques en bords de Garonne. Nous nous en réjouissons. Cependant, la priorité pour rafraîchir la ville est d’installer davantage d’arbres sur les places très minéralisées telles que les Pey Berland, Victoire, Saint-Michel, Saint-Projet, place de la Comédie, Paul-Doumer, Stalingrad, square des commandos de France…Et dans les rues !

Sortir les esteys des canalisations

« On pourrait aussi envisager de débuser certains cours d’eau qui traversent la métropole. Cela a été fait récemment au centre commercial des Rives d’Arcins, à Bègles, où un estey de l’Eau Bourde a été remis à l’air libre.

Des bénéfices à plusieurs niveaux en découlent : en retrouvant de l’eau en ville, on recrée un îlot de fraicheur, mais aussi un corridor écologique, un espace de biodiversité. Cinq ou six cours d’eau traversent ainsi Bordeaux, comme la Devèze ou le Peugue. Cela améliore le confort de la ville : le fait d’avoir récupéré l’accès au fleuve a apporté de la fraîcheur dans les vieux quartiers. »[2]

– Les fontaines, les brumisateurs, doivent être multipliés

Exemple de la Place Gambetta

Calcul score ICU : 1er résultats (auto-évalués)

– L’aménagement dans sa globalité (notamment grâce à des revêtements de sol plus clairs et plus de pelouse) est un aménagement qui ne dégrade pas le SCORE actuel

– Cependant la coupe des marronniers entraine une diminution de moitié de la surface de canopée (couvert végétal) des arbres à plantation du nouvel aménagement. Et même, à maturité les plantations ne rattraperont pas le couvert actuel des marronniers.

– Au-delà de ces chiffres, il y aura une grosse perte de biodiversité en remplaçant des arbres matures par des jeunes et en remplaçant un cours d’eau « semi naturel » avec son cortège végétal par une fontaine sèche.

– Mettre à jour les données publiques (et les porter à la connaissance du public)

– Débitumer les cours d’école, les rues (notamment les places de stationnement et les trottoirs)

2/ Propulser les mobilités actives

– Accélérer l’incitation au covoiturage et aux modes de transport actifs (marche, vélo) en développant un environnement propice : végétalisation, propreté, confort d’usage des trottoirs et des pistes cyclables à la hauteur des enjeux (réseau vélo express, vélo-rue, résorption des discontinuités, imposer une piste cyclable pour accéder à chaque école de la commune…), zones de circulation apaisée.

– Panneaux indicateurs de durée de trajet (à pied ou à vélo)

3/ Initier la ville post carbone

3.1 – Utiliser tous les leviers disponibles pour faciliter la transition énergétique des énergies carbonées vers les énergies renouvelables

En s’appuyant sur la loi pour la transition énergétique le PLU permet de définir des secteurs dans lesquels il est imposé de respecter des performances énergétiques et environnementales. Il peut  ainsi imposer une production minimale d’ENR.

Il est regrettable que le nouveau PLU3.1 affiche une ambition insuffisante sur le volet énergie climat, aucune disposition opérationnelle dans le domaine énergétique, en dehors de préconisations générales et des réseaux de chaleur.

  • Nous proposons que pour certaines opérations individuelles d’une certaine taille, sur des grandes parcelles, l’instauration de panneaux solaires soit obligatoire ou bénéficiaire d’un bonus (cf. Lausanne).
  • Une majoration du coefficient d’occupation des sols devrait être possible pour les constructions qui se dotent de dispositifs de production d’énergie renouvelable ou de récupération (cf. PLU de Lille)
  • Les éléments et locaux techniques liés à la production d’énergie renouvelables doivent pouvoir être admis en dépassement des hauteurs maximales (cf. PLU d’Orléans)
  • Par ailleurs, dans certains secteurs de protections patrimoniales (quartiers d’échoppes par exemple) la règlementation rend impossible la pose de panneaux photovoltaïque, nous demandons que cette règle qui n’autorise pas l’installation de panneaux côté rue soit supprimée afin de favoriser le développement des ENR.
  • Systématiser la pose de panneaux solaires sur tous les nouveaux bâtiments municipaux ou financés par des fonds publics (exemple du SIVU, gymnase Bassins à flots)
  • Proposer une charte d’urbanisme éco-énergétique

Cela permettrait d’éviter la réalisation de bâtiments d’habitations complètement noirs, tels qu’il en existe dans le nouveau quartier (soit disant éco) de Ginko, ou aux Bassins à Flot.

En 2010, la Ville de Montréal a par exemple modifié son règlement d’urbanisme. Désormais les nouvelles constructions ou rénovations majeures doivent être réalisées en conformité avec des critères éco-énergétiques ou écologiques.

3.2 – Soutenir et développer les circuits courts

la MIEL – Monnaie locale complémentaire.

En septembre 2017, nous avons écrit au maire de Bordeaux[3] afin que notre ville s’associe à la dynamique des monnaies locales complémentaires, en étudiant la possibilité́ d’accepter le paiement de certains services publics en monnaie complémentaire (piscines, musées…). A titre d’exemplarité le versement des indemnités des conseillers municipaux en monnaie locale pourrait être envisagé.

Avec la monnaie locale, un nouveau type d’échange peut être instauré, plus éthique, plus solidaire, plus responsable : soutenir une dynamique économique locale en favorisant des échanges de proximité, promouvoir des biens et services de qualité respectueux de la santé publique et de l’environnement, et stimuler de nouveaux liens sociaux.

Nous avons eu une fin de non-recevoir de la part de la mairie qui ne comprend pas, semble-t-il, les enjeux de transformation écologique, sociale, climatique induits par le développement d’une monnaie locale.

3.3 – Pratiquer le désinvestissement carbone

En novembre 2015, notre vœu pour le désinvestissement de la ville de Bordeaux dans les secteurs contribuant au dérèglement climatique a été adopté à l’unanimité, à quelques jours du début de la COP21[4]. Le Maire de Bordeaux a cependant demandé de retirer la phrase suivante : « La ville de Bordeaux s’engage à inciter les établissements bancaires et financiers avec lesquels elle contractualise à désinvestir leurs fonds dans le secteur des énergies fossiles ». Dans ce vœu, la ville s’engageait néanmoins à faire connaître ses initiatives dans une campagne sur le désinvestissement des énergies fossiles et à réaliser un point d’étape régulier sur la mise en œuvre de ce vœu. Ce qui n’est pas le cas.

3.4 – Revoir la politique de gestion des déchets 

Mettre en place une redevance incitative sur la collecte des déchets au poids et non à la levée comme c’est actuellement expérimenté pour une durée de 3 ans.

Le temps de l’expérimentation est passé il faut maintenant passer à l’action.

Développer et faciliter la pose de composteurs collectifs.

Communiquer sur la réduction des déchets à la source, en commençant par donner l’exemple (bannir les plastiques).

3.5 – Repenser l’aménagement de LA JALLERE

Dès le mois de novembre 2015, nous alertions la ville sur la nécessaire sanctuarisation des dernières zones humides du territoire bordelais.

Après des mois d’interventions, nous avons fini par gagner, appuyés par quelques adjoints favorables à nos préconisations.

Ainsi, Alain Juppé a fini par renoncer à urbaniser les zones humides identifiées par le cabinet d’études GEREA/SOLENVIE en 2014 puis par le cabinet EDEIS en 2017.

Le plan guide de septembre 2015 prévoyait une urbanisation des zones humides avec système de compensation, puis le plan guide de mai 2017 une destruction partielle des zones humides, puis le dernier plan guide, un évitement total des zones humides.

Ce que nous proposons aujourd’hui :

– Rendre ce site à la nature en commençant par ne pas urbaniser les 40 ha propriété de BM ainsi que les 8.3 ha de zones humides de l’îlot GAN/GROUPAMA.

Nous pourrions proposer que La Jallère rejoigne « la réserve écologique des Barails » (parc floral + bois de Bordeaux = 150 ha) soit un total de réserve de 200 ha de suite :

– Conserver et restaurer les zones humides de l’îlot GAN et les améliorer en faisant des corridors écologiques depuis la Garonne.

– Planter des arbres sur les 40ha propriété de BM : meilleur outil de captation de CO2 !

Dans le cadre d’une forêt urbaine, les plantations sont de l’ordre de 1200 arbres par ha, soit 48 000 arbres sur 40 ha !

[1] https://bordeaux.eelv.fr/plan-local-durbanisme-3-1-notre-contribution-a-lenquete-publique/

[2] http://bet-ecic.fr/4-idees-decic-pour-rafraichir-bordeaux-metropole/

[3] https://bordeaux.eelv.fr/une-monnaie-locale-pourquoi-sen-priver-notre-tribune-bordeaux-mag-octobre-2017/

[4] https://bordeaux.eelv.fr/desinvestissement-des-fonds-lies-aux-energies-fossiles-notre-voeu-a-ete-adopte-a-lunanimite-en-conseil-municipal-de-bordeaux/

Retours presse :

Rue 89 Bordeaux

« Mais les élus écologistes à la mairie de Bordeaux et à la métropole jugent le travail « encore très peu abouti sur la question de la végétalisation des espaces publics, par exemple ». Ils critiquent certains choix récents, comme la rénovation de places publiques sans plantation d’arbres, ou la construction de bâtiments de couleur sombre.

« Les documents de planification urbaine sont encore insuffisamment prescriptifs en termes d’adaptation au changement climatique (orientation des façades ou choix des matériaux par exemple) », estiment-ils.

Contre-sens politiques ?

Sur les transports, la métropole s’est dotée d’un important réseau de tramway, d’un plan vélo, et s’est réjouie récemment d’un premier recul de la part modale de la voiture. Les écologistes dénoncent toutefois « une dichotomie politique entre l’extension de la rocade, les projets de barreaux autoroutiers et la nécessaire réduction de la place de la voiture dans la métropole au vu des enjeux climatiques ». Alain Juppé, président de la métropole, a ainsi encore dit vendredi devant la ministre des transports son souhait de voir relancer le grand contournement routier de Bordeaux.

Les élus verts déplorent que rien ne soit entrepris « pour résorber l’augmentation du trafic aérien. Au contraire, la métropole développe l’accès du tram jusqu’à l’aéroport ». Concernant les modes doux, ils estiment que « le plan vélo n’est pas assez ambitieux et ne se développe pas assez vite » (l’objectif de 15% de part modale du vélo en 2020 risque de ne pas être atteint). Et attendent toujours le « plan piéton prévu avant 2020 ».

Sud-Ouest

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