Bordeaux Fête le Vin 2020 – Convention de partenariat entre la ville de Bordeaux et l’Office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole – conseil municipal du 2 mars 2020
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Intervention de Delphine Jamet

« Bordeaux fête le vin en est à sa 12ème édition et nous pourrions reprendre bons nombre des commentaires déjà effectués sur cet évènement.

Je citerais deux exemples :

D’abord, la très petite place faite au vin bio : une soirée dégustation-concert à Darwin alors qu’on sait que développer notre filière bio c’est aussi développer notre filière viti—vinicole à l’export.

Ensuite, l’absence de bilan carbone depuis l’unique bilan réalisé sur l’édition 2009 suite à une demande de Patrick Papadato (187 T de Co² sur 2 jours de manifestations). C’est une remarque que nous avions faite en 2018 et M. Juppé nous avait répondu « Je suis sûr que Monsieur DELAUX écoutera ces bons conseils. ». Il faut croire que non, nous ne trouvons pas trace d’une budgétisation d’un tel projet pour l’édition 2020. Nous n’avons pas de bilan carbone de l’édition 2019 et nous croyons que ces grands évènements doivent être faits, conçus, aujourd’hui en fonction de l’impact carbone qu’ils peuvent représenter. Sans bilan carbone, comment faire pour améliorer l’impact de ces grands évènements ?

Ensuite, Monsieur le Maire, j’aimerai ajouter deux autres remarques.

Après la démarche Zéro plastique adoptée en octobre dernier, nous aurions aimé voir apparaitre une quelconque mention de la volonté de l’organisateur de supprimer tout plastique à usage unique de la manifestation. Nous aurions été rassurés que cette nouvelle politique soit intégrée d’une manière ou d’une autre aux documents de présentation de cet évènement. Je crois qu’aujourd’hui, on ne peut plus se permettre de ne pas mettre ce genre de prérequis dans l’organisation de ces grands évènements.

Je voulais revenir également sur les 3 feux d’artifice prévus – 4 si la préfecture n’avait pas mis le holà –  qui coûtent au total 166 500€ (cachet, sécurité, sonorisation, sécurisation…).

Ce coût économique s’ajoute au coût environnemental. Un feu d’artifice est constitué principalement de poudre noire servant de combustible, elle est composée de charbon, de soufre, de salpêtre, et d’un agent oxydant. Il est également composé de particules fines métalliques pour donnent leur couleur aux feux d’artifice. Du cuivre pour le bleu, du strontium ou du lithium pour le rouge, du baryum pour le vert vif ou le blanc. Bref, des métaux dont on viendra bientôt à manquer et qui partent en fumée en quelques secondes. Des métaux qui polluent l’atmosphère lors de l’explosion des feux, et sur la durée.

Les particules fines libérées dans l’atmosphère lors de l’explosion des bombes provoquent des pics d’émission de plus de 3000% dans la zone de tir. La concentration de particules fines demeure encore 42% plus élevée durant les 24h qui suivent un feu. Cette pollution peut engendrer des problèmes de peaux, des effets nocifs sur le cœur, l’intestin, de l’asthme.

Ce n’est pas tout. La combustion de la poudre noire entraîne un important dégagement de CO² : le feu d’artifice du 14 juillet à Paris projette 14,7T de CO² dans l’atmosphère, soit l’équivalent d’un trajet de 67 000 km en voiture essence.

Les poussières émises lors des feux polluent aussi les sols et les cours d’eau. Là, il est émis depuis la Garonne, donc tous les déchets retombent dans la Garonne. La pollution peut aussi être visible avec les résidus de carton et papier qui se retrouvent partout dans la nature.

Je vous vois déjà me répondre que nous sommes contre la fête etc. Je pense, Monsieur le Maire, qu’il y a aujourd’hui d’autres options, qu’on peut faire bien mieux et que les spectateurs seraient ravis si on essayait d’autres types de spectacles : des sons et lumières, on pourrait essayer avec les drones, vous l’aviez fait l’année dernière et cela avait eu un franc succès et pour lesquels on a une très bonne structure bordelaise qui est sur place. Je pense qu’il est aujourd’hui temps de réfléchir à un autre mode de festivité. Je vous remercie »

 

Puis

« Pour les drones, ça dépend des usages qu’on en fait. Évidemment, pour les drones militaires, je ne suis pas pour. Par contre, quand ça peut amener du bonheur, je pense que ça peut être utilisé et c’est déjà employé dans de nombreuses villes aussi, ça fait le service, si on fait un son et lumière, ça peut être très populaire aussi et tout le monde va apprécier mais on peut essayer et innover. C’est-à-dire qu’à un moment donné pourquoi s’arcbouter sur des traditions qui polluent qui ne sont pas dans la sobriété quand aujourd’hui on a les moyens de faire autrement donc c’était ça mon point de vue et je ne disais pas que je ne voulais pas amener du bonheur aux gens, bien au contraire, il faut que les gens aient du bonheur, je n’ai pas dit qu’il faut pas faire de grands évènements comme celui-là, je dis qu’il faut le faire dans la sobriété, et je pense que le feu d’artifice aujourd’hui est un peu dépassé et que cela serait intéressant de faire travailler notamment les entreprises locales qui sont à la pointe de l’innovation sur ces technologies pour voir ce qu’on peut faire et proposer à Bordeaux. Voilà mon propos. »