Bordeaux, ville apaisée
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Pour répondre à l’urgence climatique et rendre la ville plus sure, plus conviviale, plus attractive, nous avons besoin d’apaiser nos déplacements au quotidien. La majorité des habitants le demandent. A Bordeaux, nous allons donc apaiser tous nos quartiers, y compris extra-boulevards, par un partage plus équitable de l’espace public entre les piétons, les cyclistes, les autres modes alternatifs de déplacement, les transports en commun et les modes motorisés.

Ce programme “pour une ville apaisée” s’inscrit dans notre démarche “Bordeaux grandeur nature” qui vise à rendre plus agréable notre vie quotidienne. Notre objectif est de rééquilibrer la place de chacun des modes de déplacements. Cela passe par des plans de circulation qui préservent les quartiers du trafic de transit intempestif.

Victor Hugo disait à juste titre que “rien n’arrête une idée dont le temps est venu”. Comme d’autres grandes villes de France et comme l’Espagne vient de le décréter pour toutes ses villes, nous allons limiter la vitesse de circulation à 30 km/h sauf quelques axes qui  resteront à 50 km/h. Rappelons que la vitesse moyenne de circulation d’une voiture en ville est de 14 km/h et de 15 km/h pour les vélos.

Nous voulons fluidifier la circulation dans la ville, à l’image de la suppression régulière des carrefours à feux. En apaisant les quartiers et en limitant la vitesse, nous créons les conditions pour nous déplacer beaucoup plus à pied, à vélo, pour nous rencontrer, faire une pause, admirer notre si belle ville, mais aussi jouer, faire du sport, se rendre
dans les commerces. Il s’agit de prendre soin de notre ville et de nos habitants, c’est un enjeu de santé publique et de lien social auquel nous sommes tous attachés, pour que Bordeaux respire !

Pierre Hurmic, maire de Bordeaux
(extrait du plan de présentation  : Pour un ville apaisée – 15 septembre 2021)

Ce mercredi 15 septembre 2021, Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, a présenté lors d’une conférence de presse les actions et orientations politiques de la rentrée pour la ville et ses habitants. La question des mobilités est au cœur d’un grand plan d’action qui doit permettre aux bordelais et bordelaises de retrouver une ville apaisée.

  • Zones piétonnes étendues
  • 30km/h
  • Rue aux enfants
  • Aménagements cyclables supplémentaires
  • Couloirs bus-vélos
  • Réforme du code de la route
  • Plus de parkings relais
  • Davantage de places d’autopartage
  • Meilleur encadrement du freefloating
  • Extension de la journée sans voiture (« Ma rue respire »)

La rentrée intervient après un été marqué par les inondations en Belgique et en Allemagne, les gigantesques incendies en Grèce, les dômes de chaleur dans le nord-ouest américain…Un été marqué par les impératifs tirés du Rapport du GIEC du 9/08/21 : «Il faut décarboner de toute urgence et de manière très radicale nos sociétés et nos économies».

Et ce n’est pas une option, c’est une obligation.

Ce n’est pas à une, mais bien à trois crises auxquelles il faut faire face simultanément : la pandémie de Covid-19, l’érosion de la biodiversité et le dérèglement climatique.

Le Covid-19 n’est à cet égard qu’un amplificateur et un révélateur. Les grandes crises sanitaires ont toujours modifié l’urbanisme.Celle due au Covid-19, en révélant certains maux des espaces urbains, a mis en exergue, encore davantage, l’urgence à agir.

Souvenons-nous de ces expériences à maints égards déroutantes qu’ont été les confinements. Nous avons redécouvert nos rues, nous nous les sommes réappropriées, la faune est revenue, le bruit a reculé, la pollution de l’air aussi. Nous pouvions faire autrement, nous pouvions faire de nos rues des espaces vécus, où l’on circule, où l’on court, où l’on flâne, où l’on se pose, où l’on se parle.

Totalement conçues et formatées au 20ème siècle pour l’automobile, nos structures urbaines doivent se réinventer pour donner une place confortable aux mobilités actives et alternatives à la voiture individuelle que sont les transports collectifs, les deux-roues, et aussi et surtout la marche à pied.

La ville marchable n’est pas une ville sans aucune voiture, mais elle n’est plus dessinée pour la seule voiture et privilégie les modes doux de déplacement.
Créer des continuités vertes piétonnes est important pour qu’il soit agréable de s’y promener.

Il est essentiel de reconfigurer l’espace public en introduisant la Nature chaque fois que c’est possible. Par sa simple présence, la Nature diminue le stress et la fatigue mentale.

Notre objectif : passer d’une végétalisation d’embellissement à une végétalisation pour le bien-être et la santé des citadins, améliorer le confort d’habiter en ville, « un « urbanisme du soin ».

Pour répondre à l’urgence climatique et rendre la ville plus sure, plus conviviale, plus attractive, nous avons besoin d’apaiser nos déplacements au quotidien.
La majorité des habitants le demandent.

D’ici 2050, Bordeaux doit diviser par 6 ses émissions de GES. Quelle est la situation que nous affrontons ?

  • 40 % de nos émissions de GES proviennent de la mobilité et 54 % de ces émissions sont issues de la voiture individuelle.
  • 70 % des émissions de NO2 (Dioxydes d’azote) vient du secteur des transports.

Nous subissons des dépassements réguliers : Rocade, Boulevards, Cours, Quais et dans les établissements recevant du public sensible : écoles, crèches, EHPAD…
600 décès annuels sont liés à l’exposition chronique aux particules fines dans notre métropole.

Diminuer drastiquement nos émissions polluantes est ainsi, non seulement un impératif légal mais aussi un impératif sanitaire. Faire de Bordeaux une ville apaisée doit être une priorité.

A Bordeaux, nous allons apaiser tous nos quartiers, y compris extra-boulevards, par un partage équitable de l’espace public entre les piétons, les cyclistes, les autres modes alternatifs de déplacement, les transports en commun et les modes motorisés. Notre programme “pour une ville apaisée” s’inscrit dans notre démarche « Bordeaux Grandeur Nature » qui vise à rendre plus agréable notre vie quotidienne.

Notre objectif est de rééquilibrer chacun des modes de déplacement et d’accueillir tous les usagers confortablement : les Bordelais, les habitants de la métropole et du département, les touristes, sont tour à tour piétons, automobilistes, cyclistes, usagers des transports en commun, skaters, motards, et j’en passe.
Nous voulons faciliter, sécuriser et fluidifier leurs déplacements.

Pour y parvenir, notre action municipale et métropolitaine va être massive, et nous souhaitons offrir ce plan d’action à tous et toutes avec détermination.
Je comprends celles et ceux qui me disent : “je ne prends pas le vélo, sur mon trajet, il n’y a pas de pistes cyclables, et j’ai peur”. 

Nous devons accélérer le développement des itinéraires cyclables sécurisés. Nous en avons réalisé 14 km en un an, sans compter les 10 km de couloirs bus. Il nous faut continuer sans relâche. Nous voulons simplement un partage plus équitable de nos rues, trop souvent devenues des routes.

Certes, nous sommes conscients que beaucoup de nos concitoyens auront toujours besoin de leur voiture pour se déplacer mais nous nous adressons principalement à ceux qui peuvent s’en passer, c’est un impératif civique.

Sachant que sur la métropole, 30 % des déplacements de moins de 2 km se font en voiture et qu’en centre-ville, 1 déplacement sur 2 fait moins de 2 km , les marges de progression sont évidentes et nous devons les encourager. Pour que celles et ceux qui n’ont pas d’autres choix que de se déplacer en voiture ou en véhicules utilitaires puissent circuler de manière plus fluide qu’aujourd’hui. C’est essentiel : Bordeaux doit cesser d’être la 3ème agglomération la plus embouteillée de France, ceux d’entre nous qui avons le choix, décidons de faire ce geste individuel pour le collectif.

Changeons nos habitudes !

Je veux offrir à chacune et à chacun les moyens de changer ses habitudes de transport pour qu’elles deviennent plus, ou encore plus, vertueuses pour la planète, pour la santé, pour le porte-monnaie…

Aujourd’hui, c’est un véritable plan d’action que nous vous présentons.

Comme d’autres grandes villes de France (comme Nantes, Rennes) et comme l’Espagne vient de le décréter pour toutes ses villes, nous allons limiter la vitesse de circulation à 30 km/h sauf quelques axes qui resteront à 50. Le temps est venu !

En apaisant les quartiers et en limitant la vitesse, nous créons les conditions pour que les habitants se déplacent beaucoup plus à pied, à vélo, qu’ils puissent se rencontrer, faire une pause, aller dans les commerces, admirer notre si belle ville, mais aussi jouer, faire du sport.

Il s’agit de prendre soin de notre ville et de nos habitants, c’est un enjeu de santé publique et de lien social auquel nous sommes tous attachés. C’était un engagement fort de notre programme électoral :

  • pour mieux partager l’espace public entre la voiture et les autres modes de déplacement, pour un partage plus équitable et juste et que le trafic de transit ne traverse plus les quartiers
  • pour baisser le nombre de voitures qui circulent en ville et baisser ainsi la pollution
  • pour renforcer l’attractivité économique de la ville avec un développement de nouveaux métiers (logistique à vélo, artisans et médecins à vélo…)

Le projet municipal place Bordeaux sur la voie d’un renouveau profond avec au centre des préoccupations : le bien-être, la sécurité et la santé de ses habitants.
Tout au long de son déroulement, le plan d’actions 2020- 2026 « Ville apaisée » sera discuté avec les habitants.

Il se décline en deux grands axes :

  • apaiser les quartiers dans l’ensemble de la ville
  • faciliter les mobilités douces et actives

Il s’inscrit dans le plan de mobilités décliné à l’échelle de la métropole.

Dossier de presse à retrouver au bout de ce lien.


Sur le plateau de TV7, il est revenu sur l’une des dispositions importantes du plan d’action : Bordeaux, ville apaisée… à 30 km/h