Ça chauffe en terrasse ! – Tribune de février 2020
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Alors que nombre de personnes s’offusquaient d’apprendre il y a peu que le Qatar souhaitait climatiser ses rues, ces mêmes personnes devraient aussi s’offusquer de voir les terrasses des cafés et restaurants chauffées en plein hiver. Qu’elles le soient au gaz propane c’est-à-dire avec un brasero au propane ou avec un chauffage électrique, l’impact environnemental est conséquent.

L’association Négawatt estime que pour une terrasse de superficie moyenne, soit 5 m de large sur 15m de long chauffée avec des braseros de 8 kW, sur une période allant de mi-novembre à mi-mars de 8h à 22h, 50 400 kWh par hiver serait consommés et 13,7 T de gaz carbonique seraient émis dans l’atmosphère. Cela équivaut aux émissions d’une berline neuve qui roulerait 122 000 km, soit 3 fois le tour du globe terrestre à l’équateur.

Pour cette même terrasse qui serait, cette fois-ci chauffée avec un chauffage électrique radiant à infrarouge de 2000W, sa consommation électrique hivernale s’élèverait à 25 200 kWh. Cela équivaut à la consommation annuelle en électricité de 9 familles (hors chauffage et eau chaude).

Rennes, première grande ville à avoir interdit le chauffage des terrasses, a fait preuve de courage politique. Nous avons interpellé le maire de Bordeaux à ce sujet, une nouvelle fois, lors du conseil municipal de décembre dernier. Interdire le chauffage des terrasses n’est pas un acte liberticide. Il ne s’agit pas d’interdire les terrasses, il s’agit simplement de considérer le chauffage de l’air extérieur aussi anachronique que sa climatisation.

D’autres villes de taille moins importante l’ont déjà fait. En France, c’est notamment le cas de Thonon-les-Bains dont le climat haut-savoyard est nettement moins clément que le climat du Sud-Ouest. C’est aussi le cas dans de nombreux pays de l’Est et du Nord. Les terrasses n’y sont pas vides. Elles sont animées, occupées par des personnes qui ont des plaids à disposition.

Pour l’heure, le maire de Bordeaux, devant notre insistance, a seulement concédé un début de réflexion avec les commerçants avec toute la prudence qui sied aux périodes électorales.

A l’heure de l’urgence climatique et de l’économie des ressources naturelles, le temps n’est plus aux prudentes tergiversations mais à l’action. L’heure du civisme écologiste et climatique impose de prendre des décisions courageuses.

C’est dans ce sens que ce se sont orientées d’autres mairies comme celle de Rennes, avec l’accord des commerçants concernés qui après concertation, ont admis la futilité du chauffage de l’air extérieur ambiant.

Prendre aujourd’hui des mesures imposées par l’impératif climatique participera à rendre notre vie future moins contrainte sur cette Planète. Meilleurs vœux.