Convention Opéra National de Bordeaux entre l’Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et la régie personnalisée de l’Opéra 2018-2022 – Conseil municipal 07/10/19
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Intervention de Pierre Hurmic :

« C’est rare que, dans cette assemblée on parle de l’Opéra. Enfin, il y a quelques années, on en a beaucoup parlé, maintenant on en parle beaucoup moins. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, on a une délibération qui nous permet d’aborder, brièvement en ce qui me concerne, la question de l’opéra, tout en étant d’accord avec ce qui a été dit. D’ailleurs, nous voterons cette délibération, mais on peut avoir une vision qui n’est pas que contemplative de l’opéra et avoir une vision, je dirais, plus nuancée, je ne dirais pas critique, mais plus nuancée que celle à laquelle nous venons d’avoir droit. Et je ferai à cet égard deux observations.

La première observation, elle porte sur le statut de l’Opéra. Nous avons adopté le statut de Régie personnalisée, à l’époque, c’était nécessaire pour obtenir le label national. Donc, nous l’avons fait, je crois que c’était en 2001, et cela fait plusieurs années que nous vous réclamons ici un changement de statut en disant « C’est un peu vieillot une Régie personnalisée », et nous vous demandons d’opter pour un statut qui nous paraît plus adapté, plus moderne qu’est le statut d’Établissement Public de Coopération Culturelle qui, vous le savez, Monsieur ROBERT, prodigue la souplesse nécessaire à une entreprise de création artistique avec une gestion plus élargie, plus collégiale à l’établissement, et avec une meilleure intégration d’autres collectivités territoriales et des usagers. Autant la régie était adaptée à une époque où c’était la Ville de Bordeaux qui portait à bout de bras cette structure métropolitaine et régionale, autant maintenant que nous avons trouvé des partenaires, il faudrait aussi songer à changer et à trouver un statut plus ouvert. Vous savez que le statut d’EPCC dont nous vantons les mérites existe depuis 2002, et que bien d’autres opéras l’ont adopté avec succès comme celui de Rouen, Lille, Toulon ou encore Montpellier.

Dans la délibération que vous nous avez communiquée, c’est intéressant parce que vous avez joint également – cela, c’est très intéressant, le projet d’établissement de ‘Orchestre National de Bordeaux, de l’ONB, et je vous remercie de cette communication, et de cette transparence, mais l’étude approfondie de ce projet d’établissement de l’ONB est quand même très intéressante. Moi, j’ai trouvé un certain nombre d’éléments, par exemple, qui militent en faveur du changement de statut que nous vous proposons ici, depuis plusieurs années. Je cite ce qui est dit, page 30 du document « Au regard de contraintes fortes de fonctionnement liées à ce statut, et des opportunités de développement des ressources propres, il est opportun d’interroger l’efficience d’un tel statut juridique et d’étudier les alternatives possibles. » « Le statut actuel ne permet notamment pas de développer des activités commerciales, et génère aujourd’hui un suivi administratif très lourd, freinant, voire même entraînant des projets de développement ». J’ai envie de dire : « On est dans le débat là. Pourquoi vous ne l’abordez pas spontanément ? Pourquoi attendez-vous que ce soit moi qui aborde ce sujet-là ? » Vous avez un rapport qui vous dit qu’il est temps maintenant de réfléchir sur le statut de l’Opéra, et je vous ai rappelé in extenso les propos. Mettez-le sur la table, ce débat. Je ne dis pas que l’on a forcément raison, et je ne dis pas que I’EPCC, c’est forcément la panacée, mais acceptez au moins d’ouvrir le débat et de reconnaître que le statut de Régie personnalisée est peut-être un peu dépassé à l’heure actuelle. C’était ma première observation. Deuxième observation, elle porte un peu sur l’ambiance qui est peut-être beaucoup moins idyllique à
l’intérieur de l’opéra que ce que vous laisseriez entendre si on s’en tenait à vos déclarations. Je note, là aussi, toujours dans le projet d’établissement des informations quand même assez intéressantes. Là, je suis page 7, il nous est indiqué : « li s’ensuit un constat… » je cite « un constat aujourd’hui que l’ONB voulant répondre positivement à l’ensemble des missions et demandes s’est dispersé dans une diversité d’actions. Ce manque de hiérarchisation et d’étude des conséquences financières et de temps de travail crée des tensions et fragilise le coeur de métier de l’ONB ». Crée des tensions et fragilise le coeur de métier de l’ONB. J’ai envie de dire « Qu’est-ce que vous attendez pour nous en parler? ». Il y a quand même actuellement un malaise quand même à  l’Opéra. Oui, mais si je n’en avais pas parlé, Monsieur Fabien ROBERT, je pense que vous ne l’auriez certainement pas abordé spontanément. Je regrette d’ailleurs que quand vous.., je termine Monsieur…

Je dis « Si vous la commentez » puisque je ne m’en tiens pas qu’à la délibération « … vous la commentez, essayez de la commenter de façon moins contemplative, peut-être un peu plus nuancée que celle à laquelle on a eu droit ». Alors, quand j’aborde un peu le malaise qui règne actuellement à l’Opéra, je m’étonne de trouver toujours dans le même document… Lorsque l’on parle des défis ressources humaines pour l’ONB, je trouve parmi les premiers défis même si c’est tout petit, j’arrive à le lire, il est indiqué parmi les causes « Démotivation ». Certes, mais l’explication de la démotivation, c’est « Phénomène français en augmentation ». Vous ne croyez pas que vous pourriez trouver un peu quand même que cette explication un peu générique, j’ai
envie de dire, un peu décliniste, nous dire que s’il y a une démotivation à l’opéra, vous n’êtes pas obligé de la rattacher à ce que vous appelez un « phénomène français en augmentation ». Je trouve que cela manque quand même un peu de rigueur, d’analyse que de s’en tenir à des propos aussi généraux et aussi généralistes. Je ne pense pas que soit dû à ce que vous appelez e ce phénomène français de démotivation» lorsque vous avez quand même des musiciens qui distribuent des tracts, lors d’un concert, pour exprimer un malaise affirmant qu’ils étaient 95 % à ne plus souhaiter jouer sous la direction de Marc MINKOWSKI. Si cela, ce n’est pas un vrai malaise dont on peut parler un jour dans cette assemblée, je pense que c’est peut-être le moment de l’aborder ici. Donc, voilà, je ne veux pas être long. Je suis content de vous tendre la perche puisque spontanément, naturellement, vous entendiez aborder ces questions-là, donc, je vous tends la perche. Je ne dis
pas que le changement de statut en EPCC va régler tous les problèmes, loin de là, mais je pense que l’EPCC me paraît plus adapté aux finalités et aux fonctions nouvelles et aux partenaires nouveaux que vous entendez trouver pour notre régie personnalisée de l’Orchestre National de Bordeaux. Je vous remercie. »