Covid-19, situation sanitaire, conseil municipal à distance, délégation de pouvoir, grille tarifaire de la restauration scolaire, : notre compte-rendu du conseil municipal du 29 avril 2020
Partager

État des lieux de la situation sanitaire

Intervention de Pierre Hurmic

« Tout d’abord, je tiens à remercier, Monsieur le Directeur général pour la clarté de son intervention, de ses propos. Et avant de lui poser quelques questions spécifiques par rapport aux indications qu’il a pu nous donner, je souhaiterais, moi aussi – excusez-moi si c’est un peu redondant, mais je tenais tout de même à le faire – remercier puisque l’occasion nous en est aussi officiellement donnée, tous les intervenants.

D’abord remercier tout le monde hospitalier au sens le plus large du terme. Vous avez bien fait de rappeler, Monsieur le Directeur général, le nombre d’agents hospitaliers qu’emploie actuellement le CHU. Qu’ils soient tous remerciés pour ce qu’a été leur mobilisation au cours de ces dernières semaines. Les soignants d’abord, les médecins, les infirmiers, les infirmières, les aides-soignantes, les brancardiers, les personnels de salle, de nettoyage, et la liste n’est pas exhaustive, effectivement, tout le personnel hospitalier. On joint également à ces remerciements, vous l’avez rappelé, Monsieur le Maire, naturellement l’ARS et le personnel de l’ARS qui s’est aussi beaucoup mobilisé, à commencer par son Directeur, mais également par tous les personnels de cet organisme, donc qu’ils soient également remerciés.

Vous aviez fait état, Monsieur le Directeur général, de l’élan de solidarité et de générosité envers les soignants qui, apparemment, vous a touché. Je tiens à vous dire que ce n’est qu’un juste retour du dévouement dont tout le personnel soignant de vos services dont je viens de parler a su faire preuve à cette occasion. Je pense qu’il faut également associer à cette reconnaissance de la Ville de Bordeaux tous ceux qui sont devenus, à l’occasion de cette épreuve, des soignants occasionnels, mais très d’abord naturellement tous nos travailleurs sociaux, tous les acteurs de la chaîne alimentaire, des producteurs, aux caissières et aux caissiers, et puis les professeurs, les fonctionnaires territoriaux, mais aussi les associations. C’est là que l’on s’est rendu compte que l’on a la chance à Bordeaux d’avoir un tissu associatif dans le domaine du social et de la solidarité, exceptionnel. Qu’ils soient également associés officiellement à ces remerciements.

Et puis, tous les nombreux bénévoles, toutes les personnes qui ont participé, d’une manière ou d’une autre, en faisant preuve d’adaptation, de réactivité, de générosité pour participer à la gestion de cette crise. Je tenais quand même à démarrer mes propos par ces remerciements. Naturellement, j’ai dû oublier un certain nombre d’intervenants, et je leur prie de bien vouloir m’en excuser.

Alors, les questions maintenant, Monsieur le Directeur général. Vous avez insisté sur le dépistage, et ce qui nous intéresse aussi, c’est ce qui va se passer demain, en qualifiant le dépistage de mesures majeures du déconfinement, effectivement nous partageons ce diagnostic. Vous avez fait état de trois sites. Vous avez appelé cela des drives tout en reconnaissant que le terme manque un peu peut-être de précision ou d’élégance. Je pense que c’est mieux de parler de centres de dépistage donc Pellegrin, Haut Lévêque, Saint-André en précisant que Saint-André sera réservé ou en tout cas plus spécialement dédié aux piétons.

Je dis à cette occasion-là, peut-être pourrez-vous me répondre, que l’on peut apprécier la chance que l’on a à Bordeaux d’avoir un hôpital de cette qualité en cœur de ville. Si j’interviens là-dessus, c’est parce qu’il y a régulièrement un certain nombre de bruits qui ne sont peut-être que des rumeurs, me direz-vous, sur la suppression notamment du service d’accueil des urgences, sur la suppression d’un certain nombre de services essentiels aujourd’hui rendus par cet hôpital d’hyper-centre. Pourriez-vous nous rassurer sur la pérennité de cet outil hospitalier qui a donné toute sa pertinence à l’occasion de cette crise et qui le fera encore plus demain ?

Ma deuxième question concerne, à propos des dépistages, quelles seront les conditions du dépistage parce qu’il faut dire aux Bordelais dans quelles conditions ils pourront avoir accès à ces centres de dépistage. Cela me paraît important.

Je souhaiterais également savoir s’il y aura un dépistage spécifique pour les 25 EHPAD de la Ville de Bordeaux ? Nous savons que c’est quand même des éléments majeurs de la crise que nous traversons. Donc, est-ce qu’il est prévu des dépistages davantage ciblés, sauf erreur de ma part, peut-être qu’à un moment je n’ai pas tout entendu, mais est-ce que vous avez prévu des séances spéciales de dépistage pour ces 25 EHPAD de la ville ?

Voilà, Monsieur le Directeur général, les questions que je voulais vous poser tout en vous renouvelant tous mes remerciements pour votre exposé. »

Mobilisation de la ville de bordeaux face à la crise sanitaire

Intervention de Delphine Jamet

« Monsieur le Maire, Chers Collègues, bonjour. Tout d’abord, merci pour ce Conseil municipal. Merci à tous les services de la Mairie de Bordeaux, de la Métropole, à tous les bénévoles qui se sont mobilisés depuis le 15 mars, depuis le début du confinement pour la gestion de cette crise.

Je voudrais m’associer aux paroles d’Emmanuelle AJON parce que, moi, j’ai une grosse crainte. Beaucoup de choses reposent sur du bénévolat, et comme vous l’avez dit, ce n’est pas un vrai déconfinement que l’on va vivre, mais un pré-déconfinement. Et qui dit « pré-déconfinement » dit qu’il faut continuer à s’occuper des personnes qui sont dans le besoin. Il y en aura de plus en plus avec la crise sociale qui pointe. Comment allons-nous faire pour continuer à apporter cette aide aux personnes qui sont à la rue, qui sont dans les squats, qui sont en difficulté ? On sait aujourd’hui qu’une reprise de l’école à la normale ne se fera pas.

Et je rejoins Emmanuelle AJON quand elle demande : « Est-ce que vous serez prêt à repousser, si les services, si vous n’avez pas la capacité d’ouvrir dans de bonnes conditions les écoles le 11 mai ? » Beaucoup d’inquiétudes de la part de nos concitoyens, de ma part, de notre part, sur toutes ces modalités.

Concernant les masques aussi, beaucoup d’inquiétudes parce que vous avez pris une bonne initiative en en commandant 800 000 pour Bordeaux et pour la Métropole, mais 800 000, cela représente un masque par habitant. Or, aujourd’hui, on sait que les conditions d’utilisation du masque sont drastiques. C’est-à-dire que quand on met un masque, on ne peut pas l’enlever et le remettre, il faut en prendre un autre. Et là, il y a un problème si nous n’avons qu’un. Quelles sont donc les modalités pour la Ville de Bordeaux pour donner plus de masques, et notamment aux personnes qui n’auraient pas les moyens d’aller s’en acheter dans les officines ou dans les supermarchés, et si surtout ils ne sont pas disponibles, dès maintenant, parce qu’en fait le problème c’est qu’il faudrait porter un masque quand on sort dès aujourd’hui.

Monsieur le Maire, je vous demande clairement si la Ville de Bordeaux va en commander plus et si la Ville de Bordeaux ne pourrait pas s’engager aussi auprès des professionnels. Les couturières qui ont fait cela bénévolement, notamment les couturières professionnelles qui, pendant des semaines, bénévolement ont fabriqué des masques, et qui ne sont pas rémunérées, est-ce que vous serez prêt à leur passer commande pour notamment en distribuer via le CCAS aux personnes qui sont le plus démunies ?

Deuxième question sur les masques, Monsieur le Maire. Aujourd’hui, il y a une communication qui me semble un peu discordante entre les différentes collectivités de la Métropole. Parfois, on nous dit que l’on pourra utiliser 30 fois ce masque, et d’autres, c’est 50 fois. J’attire votre attention sur le fait qu’il est nécessaire aujourd’hui, Monsieur le Maire, d’avoir une communication cohérente entre tous pour ne pas mettre le doute chez les habitants de la Métropole et de Bordeaux, et du Département sur cette question-là.

Pareil pour tout ce qui concerne le nettoyage de ces masques. Aujourd’hui, on entend : « Vous pouvez passer un petit coup de fer à repasser ». « Il faut le laver à 60 ». « Vous pouvez le sécher au sèche-cheveux, cela suffit ». En fait, non, l’AFNOR a émis des recommandations claires, nettes et précises.

Il me semble vraiment important qu’il y ait une grande communication faite sur le nettoyage des masques et sur l’utilisation des masques. Cela va être très, très contraignant pour tous nos concitoyens. Le personnel médical est habitué à partir du moment où ils font des études, quand ils rentrent à l’hôpital d’utiliser le masque. Nos concitoyens et nous, moi, la première, nous ne sommes pas du tout habitués. Nous allons rentrer dans une période plus chaude – aux mois de mai, juin, juillet, certainement août et septembre – où il va falloir porter ce masque avec des températures qui vont augmenter et garder un masque pendant 3 heures, 2 heures ou une heure même, dans des conditions pareilles va être très compliqué, et notamment pour les enfants.

D’après ce que j’ai compris, les masques que vous avez commandés sont des masques pour adultes. Quid pour des enfants. Est-ce qu’il y aura des masques à leur taille pour qu’ils puissent les porter, et notamment pour les collégiens pour lesquels il semblerait que le port du masque soit obligatoire au collège ?

Toutes ces interrogations, Monsieur le Maire, je vous les pose. Et j’en pose une dernière concernant les personnes sans domicile fixe. Quand la population va recommencer à sortir, ils seront plus exposés que ce qu’ils ne sont aujourd’hui. Et les sans domicile fixe ne peuvent pas se permettre d’avoir des masques en tissu comme tout le monde puisqu’ils ne pourront pas les nettoyer dans des bonnes conditions. Est-il prévu de leur distribuer des masques chirurgicaux dans des kits d’hygiène ?

Voilà, je vous remercie Monsieur le Maire. »

Modalités d’organisation du Conseil Municipal en visioconférence en période de crise sanitaire

Vote : POUR

Intervention de Pierre Hurmic

« D’abord, vous remercier d’avoir organisé ce Conseil municipal, ce n’était pas évident. Au moment où votre opposition municipale vous l’a réclamé, vous avez été, c’est le moins que l’on puisse dire, un peu réticent en nous disant que les grandes communes ne sont pas en mesure de le faire. Je vous ai dit que toutes les grandes communes étaient en mesure de le faire, et naturellement la Ville de Bordeaux étant une grande commune, elle s’est avérée parfaitement capable de le faire et de l’organiser.

À cet égard, je remercie vos services informatiques qui ont été à la hauteur, et vous voyez que ce Conseil municipal se passe, à mon sens, dans de bonnes conditions de communication. Certes, c’est peut-être un peu moins vivant, je n’irai pas jusqu’à dire « convivial » que nos réunions habituelles, dans la salle du Conseil municipal, mais en tout cas, je considère que la communication se passe bien et que nous avons les outils adaptés. Donc, n’hésitez pas, Monsieur le Maire, à organiser ce type de réunion, et je pense que nous avons bien fait d’insister pour que ce Conseil municipal puisse avoir lieu.

J’ajouterai que, dans cette période de crise, Monsieur le Maire, ce n’est pas le moment de desserrer le lien démocratique. Au contraire, c’est précisément le moment où on doit le plus communiquer entre nous. Vous avez fait état du fait que vous aviez réuni trois fois votre opposition municipale et au-delà depuis les élections. Je rappelle que nous nous situons toujours dans une période assez exceptionnelle de l’entre-deux-tours, donc dans une période de transition électorale. Vous nous avez réunis trois fois en six semaines. Je tiens à vous indiquer qu’au niveau de la performance, beaucoup de vos collègues font beaucoup mieux. Je citerai par exemple la Ville de Nantes. La Ville de Nantes où il y a un entretien régulier entre le Maire et ses oppositions municipales, deux fois par semaine. Vous voyez que certains jouent peut-être davantage le jeu de la concertation. Vous communiquez avec les Bordelais, et vous avez raison de le faire une fois par semaine, n’hésitez pas à communiquer davantage avec la représentation municipale, avec les élus que nous sommes.

Et d’ailleurs, j’ai noté hier, à l’occasion du débat parlementaire qui a eu lieu, que le représentant de votre formation politique, LR, se plaignait du fait que la représentation nationale n’était pas suffisamment associée à la gestion de la crise. J’ai envie de vous retourner un petit peu la remarque : associez au maximum votre représentation municipale à la façon dont vous gérez la crise, au-delà des trois réunions que nous avons pu avoir lieu jusqu’à présent.

À cet égard, et je terminerai là-dessus, vous avez fait état de la rencontre que nous devons avoir le 6 mai. On en a parlé ce matin à l’occasion de la réunion des Présidents de groupe. Je vous ai demandé, je le redemande ici : faites-en sorte que ce ne soit pas uniquement une commission réunie, c’est-à-dire une réunion interne. Faites-en sorte que ce soit un vrai débat municipal, et que cela soit un Conseil municipal qui débatte de votre projet de sortie ou de desserrement, pour reprendre votre expression, de desserrement de la période de confinement que nous vivons. Nous vous demandons donc un Conseil municipal pour la réunion qui est prévue fin mai – début juin où on va débattre de ce que vous appelez les orientations du budget de crise. Pareil, vous nous aviez annoncé une commission réussie, là aussi faites fonctionner au maximum la démocratie et organisez plutôt un débat public, c’est-à-dire un Conseil municipal.

Voilà les observations que je voulais vous faire, Monsieur le Maire, à l’occasion de cette délibération tout en vous remerciant, une nouvelle fois, d’avoir bien voulu organiser ce Conseil municipal et en me félicitant, avec vous, de la façon correcte dont il se déroule jusqu’à présent, dans un esprit, je dois le dire, de concorde et d’unité qui, à mon avis, sied parfaitement à la période de crise que nous sommes en train de traverser.

D’ailleurs, nous votons les délibérations – ce qui est assez exceptionnel dans l’histoire municipale – nous votons toutes les délibérations qui nous sont aujourd’hui proposées. C’est bien la preuve que nous sommes en mesure de participer à cet esprit d’union et de concorde qui correspond bien à ce qu’est l’état d’esprit de nos concitoyens dans la période difficile que nous vivons. Merci. »

Délégation de pouvoirs du conseil municipal au Maire

Vote : POUR

Intervention de Pierre Hurmic

« Monsieur le Maire, mes Chers Collègues, d’abord pour vous dire que nous voterons cette délibération. Mais j’attire votre attention sur un point précis. Vous avez délégation en vertu des ordonnances du 25 mars 2020. Vous avez obtenu une délégation pour l’attribution de subventions aux associations. L’ordonnance vous en donne cette possibilité, vous l’avez fait. Nous étions dans une situation d’urgence et j’ai envie de dire, vous l’avez bien fait.

Néanmoins, l’ordonnance du 20 mars 2020 vous donne également obligation d’informer vos élus municipaux de la façon dont ces subventions sont octroyées, les montants, les associations. Vous n’aviez pas joint à la délibération les noms des associations, les montants des associations ainsi que l’ordonnance vous en faisait obligation. J’attire un peu votre attention sur le respect d’un certain légalisme même en période d’urgence. C’est la raison pour laquelle, nous vous avons écrit pour vous dire : « Envoyez-nous la liste des associations ». « Envoyez-nous le montant des subventions votées. » Je vous remercie. Je remercie vos services de l’avoir fait. Nous les avons reçus, je crois, hier soir. Vos services ont été diligents. Mais j’attire votre attention sur le fait que nous n’avons pas besoin de le demander, cela doit être obligatoirement intégré à la délibération que vous nous proposez. Aujourd’hui, on la vote si on sait quelles sont les associations et quels sont les montants.

Et je vais vous demander, et je vais terminer là-dessus, à l’avenir – je ne sais pas quelle sera notre prochaine réunion – ce qui serait bien, c’est que régulièrement vous nous teniez informés des associations qui vous sollicitent et des montants qui sont alloués à ces associations. Je pense que c’est une façon de nous tenir informés. Là, je vais même au-delà des prescriptions de l’ordonnance, mais je pense que vous ne verrez pas de difficultés à nous tenir régulièrement au courant, pourquoi pas, une fois par semaine des associations que la Ville de Bordeaux a décidé d’aider. En tout cas, nous approuvons cette délibération grâce aux renseignements que vous nous avez fournis, et nous voterons pour. »

Crise sanitaire et sociale due au Covid-19. Aide aux familles. Révision de la grille tarifaire de la restauration scolaire année scolaire 2019-2020.

Vote : POUR

Intervention de Delphine Jamet

« Monsieur le Maire, Chers Collègues, je voulais intervenir sur cette délibération qui me semble un peu précoce par rapport à votre plan de déconfinement notamment. Si elle va aider bon nombre de nos concitoyens, il n’empêche que cela va favoriser surtout les personnes qui ont le plus d’argent et qui paient le tarif le plus important. Elle me semble égalitaire, mais pas équitable. J’aurais souhaité notamment que l’on donne plutôt une aide aux personnes qui ont des coefficients familiaux très bas pour pouvoir subvenir justement aux besoins actuels. Aujourd’hui, ils n’ont pas forcément les moyens de pouvoir nourrir, dans de bonnes conditions, leurs enfants et donc d’avoir des chèques alimentaires pour pouvoir subvenir à leurs besoins…. Aujourd’hui, il faut faire trois repas par jour, ce qui n’était pas forcément le cas en période scolaire puisque les enfants mangeaient à la cantine à des tarifs très préférentiels pour les personnes qui ont le moins d’argent dans nos concitoyens.

Il me semble que cette aide qui divise par 2, de 50 % le tarif à la cantine, n’est pas vraiment équitable puisque ceux qui paient le plus vont gagner le plus dans cette action-là, et pas ceux qui paient le moins.

Donc je pense, Monsieur le Maire, que vous devriez pas revenir forcément sur cette délibération parce que cela peut s’entendre que l’on fasse payer moins aussi à tout le monde parce qu’il va y avoir une offre de service qui va forcément être dégradée, malgré les efforts des agents du SIVU, mais il n’empêche que ce que l’on veut par cette délibération normalement, c’est permettre aux gens de mieux nourrir leurs enfants. Ce sont les chèques alimentaires qui le permettent, comme de nombreuses collectivités ont pu le faire jusqu’alors. Monsieur le Maire, je vous demande si c’est possible d’envisager cette solution.

Je vous remercie. »