Démarche zéro plastique à usage unique : validation du plan d’action – Conseil municipal du 20/11/2019
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Intervention de Delphine Jamet

« Nous pouvons effectivement que nous réjouir de voir passer cette délibération parce que cela fait longtemps que nous portons le sujet au sein de ce Conseil municipal. Ce que je veux dire, c’est que cette question du plastique, c’est une question qui n’est pas que liée aux déchets. Elle doit être vue dans son ensemble.

Le plastique, c’est quoi ? C’est des produits pétrochimiques. Donc vous avez un problème énergétique, d’énergie fossile, etc., forcément, il va falloir les réduire. Le plastique est un déchet qui se décompose très, très lentement et qui dégrade l’environnement, surtout nos océans et qui est très peu recyclé au final.

Et le plastique, c’est quoi ? C’est un problème de santé environnementale, et notamment envers les plus jeunes. Depuis 6 ans, sur ces bancs, j’essaie de sensibiliser à la question. Vous la prenez en compte aujourd’hui, je ne peux que m’en réjouir. Vous la prenez en compte aussi parce qu’il y a des parents qui, en 2017, se sont insurgés contre l’entrée d’assiette en plastique au sein des établissements scolaires. Je pense que c’est important de dire cela aussi parce que cela vous montre que la population a compris les enjeux, et enfin, aujourd’hui, on se les intègre.

Après, ce que je veux dire, c’est qu’à l’image de la délibération précédente sur le mécénat d’Abatilles, cette question-là, elle est complexe parce qu’il faut tout regarder, parce que le plastique, il y en a partout. Le plastique à usage unique, c’est plus facile déjà à repérer. C’est un petit bout de la problématique plastique. Il va falloir que vous soyez très vigilants à chaque fois  et sur tout.

Je vous remercie d’avoir intégré dans la démarche ma demande d’évaluation, et surtout de prise en compte de l’existant ; qu’est-ce que l’on a aujourd’hui comme marchés qui ont ces plastiques à usage unique ? D’en faire la liste pour être sûrs qu’ils ne vont pas être renouvelés tacitement.

Vous avez un gros problème, je pense, au niveau des crèches, Madame COLLET. Aujourd’hui c’est des barquettes en plastique. C’est les enfants qui sont les plus susceptibles d’être en danger, où il y a un impact des perturbateurs endocriniens, ceux-là ne sont pas du tout pris en compte aujourd’hui. Vous avez encore des barquettes en plastique. En termes de déchets, c’est une catastrophe : un enfant va avoir autant de barquettes qu’il y a de plats. Cela en fait quand même des petites barquettes ! Donc, là, on a un vrai problème. Comment vous allez résoudre ce problème-là demain parce que cela, c’est tout de suite qu’il faut le résoudre. Parce que non seulement vous avez la problématique des déchets, mais en plus, vous avez la problématique de la santé environnementale. Si vous voulez vraiment être proactifs, il faut retirer cela tout de suite.

Ensuite, vous avez un autre problème, me semble-t-il, et on va le revoir, c’est dans la prochaine délibération de Madame COLLET sur le règlement de fonctionnement des établissements d’accueil familial. Dedans, vous avez une phrase qui est: « L’assistante maternelle fournit l’eau en bouteille pour la confection des biberons. » Vous avez cette phrase dans ce règlement. Vous ne pouvez pas voter ce règlement en l’état. Vous ne pouvez pas dire cela. Vous ne pouvez pas dire que toutes les assistantes familiales vont donner de l’eau en bouteille en plastique. Vous ne pouvez pas dire cela. Ce n’est pas possible.

Voilà la cohérence et l’incohérence en fait, et c’est cela, depuis tout à l’heure, que j’essaie de dire depuis le début de ce Conseil municipal. C’est que c’est un tout. L’écologie, c’est systémique. Il faut tout regarder. C’est très chiant. Clairement, moi, tous les jours, c’est très compliqué pour moi. Je regarde « Est-ce que je vois un impact sur cela ou cela ? ». C’est très complexe, et là, on le voit dans cette délibération. Au sein de ce Conseil, de la préparation de ce Conseil municipal, on avait trouvé 5 délibérations qui comportaient des problématiques de plastique. On avait le mécénat, c’est résolu, semble-t-il. On va y arriver. On avait les goodies. Je dis « avant commission ». Je ne dis pas que cela va être, mais avant commission, il y avait cette problématique. On avait le règlement des crèches familiales. Il y avait une délibération sur le FDAEC. Alors là, ce n’était pas à usage unique, mais vous avez dans le FDAEC, vous avez décidé d’accorder la mise en place de gazon synthétique dans les écoles. Il y a quelques mois, j’ai écrit, c’était encore à Monsieur JUPPÉ, je ne sais pas si la lettre vous a été transmise, Monsieur FLORIAN, où je lui avais demandé de surseoir à la pose de gazon synthétique notamment dans les écoles et les crèches parce que même I’ANSES ne sait pas. L’ANSES dit qu’il faut plus d’études sur la problématique de ces gazons synthétiques où il y a des billes en plastique à l’intérieur. C’est une problématique « perturbateurs endocriniens ». La problématique plastique est globale. Vous devez la prendre de façon globale. Aujourd’hui, c’est un petit bout. C’est une grande avancée. Clairement, si ce qui est mis dedans, là, est mis en œuvre, c’est une grande avancée, cela sera très bien. Mais il faut la prendre de façon beaucoup plus globale. Et moi, j’ai l’impression que l’on n’y est pas encore. Je voulais vous proposer, pour finir mon intervention…

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…et, cela, je pense que cela va plaire à notre Adjoint à la culture, vous avez une artiste qui s’appelle Vanessa BALCI qui a réalisé une œuvre qui s’appelle « La matrice » uniquement à partir de plastiques prélevés dans le courant du Huchet sur un mètre carré de sable le 14 août dernier. C’est une très jolie œuvre, vraiment. Elle la met en vente pour 9 800 euros, soit le nombre de granulés de plastique,  matière première de tous les objets en plastique qu’elle a trouvés sur cette surface d’un seul mètre carré. Pour donner encore plus de sens à son œuvre, elle pose des conditions d’acquisition : que l’institution ou l’entreprise qui s’en porte acquéreur reconnaisse sa part de responsabilité dans cette pollution qui eût été évitable par plus de rigueur économique, de fermeté réglementaire et de gestion raisonnée ; que l’œuvre soit présentée gratuitement et en continu au grand public pour qu’il s’opère un changement de culture écologique qu’elle estime à même de réconcilier les hommes entre eux avec la grande tribu du vivant. Avec l’achat de cette œuvre, nous vous demandons de vous engager sincèrement et de reconnaître votre part de responsabilité dans la pollution plastique, de reconnaître votre retard et vos erreurs, et de mener avec plus de rigueur a minima votre… »

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