Désaffectation/déclassement avant cession de l’ancienne mairie de quartier de Bordeaux Sud, angle des rues Saint-Vincent de Paul et Saget – Conseil municipal du 07/10/19
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Intervention de Pierre Hurmic :

« Monsieur le Maire, cette délibération est étonnante. D’ailleurs, on votera contre. Elle est tellement étonnante qu’elle a donné lieu, effectivement, à des débats assez fouillés en Commission des Finances. Je tiens d’ailleurs à remercier les services qui siègent à la Commission des Finances pour la transparence qui est la leur, et Monsieur Fabien ROBERT également qui nous a fourni tous les renseignements que nous sollicitions sur cette vente qui n’en demeure pas moins aujourd’hui toujours aussi étonnante. Quel intérêt pour une Ville de vendre du foncier pour, à la place, louer ailleurs les services qui étaient rendus par du foncier dont elle était propriétaire ? Ce débat rejoint un peu celui que l’on a eu sur la précédente délibération, à savoir quelle est la stratégie foncière de la Ville de Bordeaux ? Quelle est la stratégie foncière ? Il n’y en a pas. Cela fait des années qu’avec Delphine JAMET, nous vous demandons, ce que vous avez semblé aujourd’hui  accepter pour la Benauge, de nous faire un état des mutations foncières de la Ville. Vous avez donné votre accord pour donner un état des mutations foncières sur le quartier de la Benauge, mais Monsieur le Maire, de grâce, donnez-nous cet état sur toute la Ville. On n’est pas qu’intéressé par la Benauge. Quel est l’état des mutations foncières ? Quel est le patrimoine foncier aujourd’hui de la Ville de Bordeaux, ce qui nous amènera à savoir pourquoi êtes-vous amené à vendre progressivement un certain nombre de biens qui font partie du patrimoine foncier de la Ville de Bordeaux? On aimerait bien avoir, à défaut de la déclinaison d’une stratégie foncière, au moins l’état existant à ce niveau-là. J’ajoute même que cela pourrait figurer pas seulement pour les élus, mais sur l’open data de la Ville au titre de la transparence dont nous sommes tous redevables vis-à-vis de nos concitoyens. Les mutations foncières, l’état du patrimoine immobilier de la Ville pourraient très bien figurer sur l’open data de la Ville de Bordeaux. Je crois que cela figure sur l’open data d’autres communes de cette importance.

Nous sommes persuadés, Monsieur le Maire, mais vous n’êtes pas obligé de partager notre point de vue que pour une Ville avoir du foncier, cela fait partie de sa richesse. Vendre progressivement, elle s’appauvrit. J’ajouterai aussi que, ponctuellement, Monsieur le Maire, et là vous ne me contredirez pas forcément, nous pouvons avoir besoin de fonciers à mettre à la disposition dans des laps de temps très rapides… Je vois, par exemple, ce qui s’est passé cet été évacuation brutale des squats par la Préfecture de la Gironde. Je crois que vous-même, j’ai cru comprendre, qu’à un moment donné, vous vous étiez mis un peu la recherche de locaux pouvant abriter ponctuellement un certain nombre de personnes expulsées, notamment des demandeurs d’asile. Vous vous êtes posé la question. Difficile de trouver un local adapté, mais je pense que si on garde du foncier, on trouvera plus facilement un local adapté partout appartenant à la Ville de Bordeaux que si on est amené à vendre, Conseil municipal après Conseil municipal, l’ensemble de notre richesse foncière.

Voilà les quelques observations que je voulais faire à propos de cette délibération contre laquelle nous voterons. »

« Deux mots, deux minutes pour répondre à Michel DUCHÈNE pour lui dire que c’est bien moi, effectivement, qui ai parlé de l’absence de stratégie foncière de la Ville et de la Métropole. J’ai été sidéré par le contre-argument que vous m’avez avancé. Vous dites : « La preuve que l’on a vraiment une stratégie dynamique, c’est qu’il y a peu de terrains disponibles ». Ce sont vos propos. Le fait qu’il y ait peu de terrains disponibles prouve précisément l’absence de stratégie foncière. Si on avait eu une stratégie foncière, on aurait aujourd’hui du foncier.

M. HURMIC
C’est pour contrer votre argument, et d’ailleurs, je l’illustrerai mon propos. Je ne suis pas dans la théorie, Monsieur le Maire. Si on n’était pas intervenu pour sauver les 40 ha de la Jallère, vous étiez prêt à les vendre pour des opérations immobilières. Non, mais ne me parlez pas de stratégie foncière..

M. HURMIC
alors que vous êtes prêt à brader le patrimoine naturel de la Métropole. Donc, c’est pour répondre un peu à Michel DUCHÈNE. Et là où on peut peut-être arriver à un accord Michel DUCHÈNE, je ne veux pas que l’on termine sur un désaccord, c’est que ‘Établissement Public Foncier, c’était il y a 10 ans qu’il fallait le faire, Il fallait faire un Établissement Public Foncier métropolitain, c’est évident, mais il y a 10 ans, on a loupé le coche. La faute à qui, je n’en sais rien. L’histoire jugera.

M. HURMIC
Même maintenant, on a adhéré… je crois que c’est en 2018…

M. HURMIC
à l’Établissement Public Foncier Régional, c’était déjà trop tard. Voilà ce que je voulais dire pour terminer mes propos. Merci. »

 

Vote contre