Golf de Bordeaux-Lac. Compte rendu annuel de l’exercice clos le 31 décembre 2018. – Conseil municipal du 20/11/2019
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Intervention de Delphine Jamet

« Monsieur le Maire, mes cher.e.s collègues,

J’aborderai deux points.
Le premier sur la coupe des arbres au niveau du trou n°5. La société Enedis a procédé à l’abattage d’arbres pouvant dégrader une station haute tension située sur le golf à la fin de l’été. Vous n’en étiez pas informés au moment où nous en avons parlé en commission. Cette information nous a été donnée, comme à vous, par une cliente du Golf. Elle n’a pas obtenu de réponse de votre part. On est loin des objectifs de votre plan Conopée et du développement de la pédagogie et de la communication préalable sur les motifs d’abattage. Nous rions jaune quand nous apprenons que la zone va être refermée avec du grillage rigide, plus de deux mois après, en pleine saison de la chasse, quand dans le rapport les sangliers sont identifiés comme un problème tellement sérieux qu’ils nécessitent 33 330 € de dépenses en clôtures…

Le deuxième sur l’utilisation de pesticides.
Déjà l’an dernier nous vous alertions sur la quantité phénoménale — et en augmentation de 130% en 2 ans — de produits phytosanitaires au Golf de Bordeaux. Mme Piazza, vous aviez espéré pouvoir nous dire que vous aviez fait mieux que les années précédentes. C’est chose faite, en 2 ans, les dépenses en produits phytosanitaires ont baissé de 7%.
Mais peut-on s’en réjouir quand l’explication donnée est la suivante : « Par ailleurs, ces fortes chaleurs de l’été ont permis de ne pas connaître d’expansion des maladies sur les greens et donc une diminution de l’usage des produits phytosanitaires, remplacés dès que possible par des produits alternatifs et adaptés aux besoins du golf » L’an dernier, l’utilisation massive de produits phytosanitaires était justifiée par des conditions météorologiques favorables à l’apparition de champignons et d’adventices. Ces variations dans l’utilisation de produits phytosanitaires sont dues aux conditions météorologiques, pas à un effort supplémentaire de la société Blue Green.

En cohérence avec votre programme Zéro Pesticide, ce Golf devrait être exemplaire, mais vous acceptez même l’utilisation de produits phytosanitaires sur les parkings… Je vous rappelle qu’il jouxte la réserve naturelle de Bruges et du lac de Bordeaux, seul lieu naturel où les Bordelais peuvent se rafraîchir. Dans le rapport, il est dit « Les économies d’eau sont dans l’air du temps. Au-delà des considérations purement financières, l’aspect environnemental est de plus en plus présent à l’esprit des gestionnaires de golfs. ». L’adaptation face au dérèglement climatique ce n’est pas « dans l’air du temps », ce n’est pas un effet de mode, c’est vital !
Si Blue Green ne prend pas la mesure des enjeux qui se jouent, c’est à vous de faire en sorte qu’elle réalise et passe réellement à l’action. Une mesure que vous devriez prendre immédiatement et qui serait un signal fort ce serait de prendre un arrêté anti-pesticides. 140 maires l’ont déjà fait. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté le 8 novembre dernier la demande de suspension de deux arrêtés anti-pesticides pris par les mairies de Gennevilliers et Sceaux, au nom du « danger grave pour les populations exposées » à ces produits. Il est temps de prendre le train en marche.
Je vous remercie »