Il est temps d’avoir une stratégie climatique et économique pour l’avenir de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac
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Communiqué de presse
1er février 2022

Le projet de fermeture de la piste sécante de l’aéroport inquiète à juste titre tous ceux qui subissent déjà les nuisances liées au trafic de la piste principale. Mais la question essentielle à se poser est celle de la croissance du trafic, que la piste sécante soit conservée ou non.

Diminuer les nuisances pour les habitants : une seule solution, la réduction du trafic.

La fermeture de la piste sécante, qui représente 15% des mouvements jours, entrainerait un report sur la piste principale avec comme principale conséquence l’augmentation du nombre de vols sur le couloir aérien qui lui est lié et ainsi une augmentation des nuisances pour les habitants.

Rappelons qu’entre 2010 et 2019 le trafic aérien à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac a été multiplié par deux et le trafic aérien a progressé de 12% entre 2018 et 2019.

Le report lié la fermeture de la piste sécante correspond à seulement deux années de croissance du trafic. C’est cette croissance infinie que nous devons désormais réguler.

D’autre part, la fermeture de la piste sécante ne doit pas être un prétexte à la réalisation d’une piste parallèle permettant l’atterrissage et le décollage simultané d’un nombre d’avions toujours plus élevée

Les conséquences pour le climat sont importantes : l’aviation et le fret aérien sont responsable de 12% de l’empreinte carbone de notre territoire métropolitain.

Les solutions technologiques ne suffiront pas. La révolution technologique par l’innovation qui nous est promise est un mirage. L’hydrogène, l’avion électrique, les biocarburants, rien ne sera effectif avant 15 si ce n’est 20 ans. Le meilleur exemple est celui de l’histoire : entre 1950 et 2019, les avions ont divisé par 20 leur consommation de kérosènes. Dans le même temps le trafic a augmenté plus vite que les économies de kérosènes, engendrant une augmentation des émissions Gaz à Effet de Serre liées au trafic aérien sur cette période !

Limiter les vols low-cost, qui représentent 60% du trafic avec un modèle social déplorable.

L’essor du low-cost n’a pas permis l’accès de l’avion au plus grand nombre et aux plus démunis. Seuls 2% des voyageurs français sont ouvriers et 50% des déplacements en avion sont effectués par les 1% des revenus les plus élevés.

Interdire les vols de nuit.

Les vols de nuit sont majoritairement le fait les avions des compagnies low-cost qui, à la haute saison estivale, atterrissent régulièrement en pleine nuit. Nous souhaitons l’interruption de ces mouvements entre 23 heures et 6 heures du matin.

Nous demandons au Président de Bordeaux Métropole la création d’un groupe de travail métropolitain sur l’avenir de l’aéroport pour anticiper, plutôt que subir, les nécessaires évolutions face à la crise climatique, à l’épuisement des ressources fossiles et à leurs impacts autant économiques que sociaux.