L’impact des pesticides ne s’arrête pas aux limites de la rocade ! Tribune octobre 2019
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Ce n’est pas moins d’une cinquantaine de maires, courageux et responsables, qui ont pris cette année des arrêtés anti-pesticides sur leur commune afin d’interdire l’épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations.

Après le combat très médiatisé de Daniel Cueff, maire de Langouët, qui a lancé le mouvement, le gouvernement a annoncé une consultation pour réguler l’épandage des pesticides de synthèse. Cette proposition ne vient ni d’un pseudo virage écologiste du gouvernement ni d’une prise de conscience de sa part, mais de l’annulation par le Conseil d’État  de l’arrêté « pesticides », jugé insuffisamment protecteur de la santé et de l’environnement.

Dans cette consultation de trois semaines, le gouvernement a proposé de fixer à 5 ou 10 mètres, selon le type de culture, la distance minimale entre les habitations et les zones d’épandage de produits phytosanitaires. Cette distance ne repose sur aucun critère scientifique. L’ONG Générations Futures évoque même une évaluation faite « sur des données vieilles de plus de 30 ans (…) » avec des données fournies… par les industriels. Une étude de l’université de Californie montre que le fait d’habiter à 450m d’une zone traitée avec le manèbe (fongicide) augmente de 75% le risque d’avoir la maladie de Parkinson.

La mesure de l’interdiction de l’épandage de pesticides relève d’enjeux métropolitains et même bordelais. D’abord, il faut soutenir la Maire de Parempuyre, qui fait partie des maires qui tentent de faire bouger les lignes sur ce sujet.

Ensuite, il ne faut pas oublier que Bordeaux est également concerné puisqu’en septembre 2018, nous alertions déjà sur les résultats d’une étude d’Atmo Nouvelle-Aquitaine. A Bordeaux, où les prélèvements ont été réalisés intra-muros, Atmo a relevé la présence de deux molécules interdites : l’Anthraquinone (qui représente 26% de concentration dans le cumul total annuel) et le Lindane (4%). Le Lindane, insecticide interdit depuis 1998 dans l’agriculture, est jugé toxique en cas d’ingestion, nocif en cas d’inhalation. C’est pourtant la sixième molécule la plus retrouvée à Bordeaux. Les autres substances décelées sont des fongicides ou pesticides utilisés dans la viticulture et l’agriculture conventionnelles.

C’est bien parce que l’État français fait preuve de grandes négligences pour  ne pas contrarier les grands syndicats agricoles que des initiatives municipales se multiplient en imposant un périmètre de sécurité.

Tous les Maires soucieux de la santé de leurs concitoyens devraient réagir à l’instar de leurs collègues courageux qui ont pris l’initiative de protéger leurs administrés des épandages chimiques.