Logement, sommet Afrique France 2020, Magnetic Bordeaux, crèches, Bordeaux fête le vin, îlot de chaleur : notre compte rendu du conseil municipal du 2 mars 2020
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Compte-rendu du conseil municipal du 2 mars 2020

 

Point sur le coronavirus

Intervention de Pierre Hurmic :

« Je vous remercie Monsieur le Maire de partager avec nous les informations que vous possédez sur cette question-là. Je ne suis pas médecin à l’inverse des deux précédents intervenants, le Docteur Brugère et le Docteur Delaunaye, donc je n’ai pas un avis très autorisé sur la question. La seule chose que je voudrais, au-delà des remerciements, au-delà du fait que je me réjouisse que le dernier conseil municipal de la mandature se termine sur une note que je trouve très consensuelle et républicaine, félicitons-nous en, j’aimerais aussi Monsieur le Maire, que dans les jours qui viennent, les informations que vous pourrez détenir de l’État nous puissions également les partager. Sur le plan de l’évolution de la maladie, en soutenant que nous soyons toujours protégé par cette évolution mais également si des mesures que je qualifierais de liberticides devait être amenées à être prises sur le territoire de la commune, du type interdiction de manifestation et autres. C’est vrai que nous apprécierions d’être informés, concertés, voir même le plus en amont possible, des décisions qui pourraient être prises pour résister à ce qui se présente de plus en plus comme était une endémie. Merci. »

Reconduction du taux de la taxe d’habitation voté en 2019 et vote des taux des taxes foncières pour 2020

Intervention de Pierre Hurmic :

« Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Une nouvelle fois, la Ville a la chance de bénéficier de la revalorisation des bases sur les contributions des ménages pour 2020 pratiquée au niveau national. Celle-ci est répercutée, mais qu’en partie, sur les taxes foncières. La baisse annoncée de 1% pour chacune des taxes foncières nous amène à ce que vous appelez un « effort consenti » de 1, 31 millions d’euros. Vous communiquez sur cette baisse mais vous ne communiquez pas sur le gain pour la ville que vous ne répercutez pas sur les habitants et qui s’élève à 2,13 millions d’euros. L’ »effort consenti » aurait donc pu être bien plus important.

Il aurait pu être encore plus important si vous aviez décidé de passer d’une majoration de 50% à une majoration de taux de 60% pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires comme nous vous le demandons depuis son origine. Cette majoration du taux a été décidée par Paris et Lyon notamment qui sont au taquet, aux 60%, en arguant principalement du fait qu’ils sont dans des situations tendues. La ville de Bordeaux est aussi tendues que les villes citées, qui elles, se sont souciées d’avoir des recettes supplémentaires, et de tenter de dissuader l’accroissement du nombre de résidences secondaires.  Cette majoration aurait permis de récolter 527 962€ supplémentaires cette année pour un total de 3 167 773€. Nous avons trop besoin de logements à Bordeaux pour nous permettre d’avoir un nombre trop important de logements inoccupés la plupart de l’année.

Je terminerai mon intervention sur une question, et nous sommes en débat là-dessus, nous avons des divergences sur le nombre précis de logements vacants. En ce qui concerne les logements secondaires, votre Adjoint, Monsieur Robert nous a dit que cela concernerait 16344 logements, ce sont les chiffres que vous avez récemment communiqués suite à notre demande (de même qu’il nous a été communiqué le chiffre de 4180 logements réellement vacants). Le nombre de logements secondaires correspond à 70% des 23 028 logements vacants annoncés.

Ce que nous déplorons c’est que ces chiffres diffèrent de ceux qui ont été communiqués par vos services lors de la commission logement de septembre 2019, où il est fait état d’une vacance totale de 14 245 logements et de vacances structurelles de 5099 logements. Est-ce que vous pouvez nous donner aujourd’hui, le chiffre définitif, arrêté, correspondant au nombre précis de logements vacants et de résidences secondaires sur la ville de Bordeaux. Merci. »

 

Attribution de subvention en faveur de la culture. Aides à la création numérique et aux nouveaux formats «Magnetic Bordeaux».

Intervention de Pierre Hurmic

« Je vois que vous continuez à travers cette delibération à vous référer au slogan que vous avez propulsé ces dernières années à savoir Magnetic Bordeaux. J’avais cru comprendre que ce slogan était totalement périmé. J’ai regardé le programme de Communauté d’Avenir au niveau métropolitain qui dit que désormais plutôt que d’avoir une métropole purement attractive, nous allons nous soucier d’avoir un meilleur équilibre territorial avec les territoires environnants, ce qui va à l’encontre de cette métropole « magnetic » que vous avez propulsé ces dernières années.

Et j’ai vu que vous-même, Monsieur le Maire, je trouve cela bien, que dans votre programme électoral, désormais vous ne parlez plus de la marque « Bordeaux Magnetic » mais vous nous parlez de la marque « Bordeaux ». Je crois que quand on la chance d’avoir une ville qui est une marque, on n’a pas besoin d’adjoindre « Magnetic » avec tous les effets pervers, et je pèse mes mots, que ce magnétisme autocentré a occasionné ces dernières années. Découvrant à l’occasion de cette délibération votre acharnement à continuer à maintenir cette notion de « Magnetic Bordeaux », je voulais savoir si c’était juste une fin de cycle, une erreur de plume, ou si nous sommes bien d’accord sur le fait qu’il s’agisse d’un slogan tout à fait périmé à l’heure des coopérations avec les territoires voisins de la métropole. »

Fabien Robert : « Pour reprendre votre expression, « fin de cycle », rendez-vous l’an prochain pour un nouveau nom. »

Nicolas Florian : « L’attractivité ça me met toujours mal à l’aise parce que cela se fait toujours au détriment de quelqu’un ou de quelque chose. L’attractivité doit être réévaluée à l’aune d’un meilleur rééquilibre territorial et c’est ce qui a déjà été engagé au niveau de Bordeaux Métropole. Meilleure prise en compte de ces territoires dits périphériques et qu’on soit plus dans une logique d’équilibre et de partage. On doit être dans le rayonnement et le partage et pas dans le magnétisme qui attire et je vous rejoins là-dessus. »

 

Bordeaux Fête le Vin 2020 – Convention de partenariat entre la ville de Bordeaux et l’Office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole

Intervention de Delphine Jamet

Petite place faite au vin bio, absence de bilan carbone, absence de référence à la démarche zéro plastique, trois feux d’artifice garant d’une tradition, aucune volonté d’innover pour un spectacle son et lumière orchestré par une entreprise locale.

Lire l’intervention

Dénominations de voies et d’espaces publics

Intervention de Delphine Jamet

« On a proposé beaucoup de noms de femmes célèbres, toutes n’ont pas été retenues donc c’est vrai que ce serait bien qu’il y ait un plus gros effort au moment de la commission pour attribuer ces noms là. Et on avait même acté quand M. Juppé était encore là, qu’on arrête de se focaliser sur le nom de femmes bordelaises étant donné qu’il y avait beaucoup d’hommes non bordelais qui ont des plaques dans cette ville et qu’on mette des femmes nationalement connues ou même internationalement connues. Je pense qu’il faut maintenant vraiment s’orienter vers cette question. »

Nicolas Florian : « Je serais tenté de vous dire que si je suis en situation de le faire, ce que j’espère, c’est que ma première décision, ce sera qu’on établira que cette future commission ne  pourra pas avoir de proposition qui ne soit pas paritaire et qu’à chaque délibération sur l’attribution de noms il y ait autant d’hommes que de femmes. Il suffit de fixer cette règle et cela nous permettra de sortir de ces discussions. Vous voulez reprendre la parole Madame Jamet pour me remercier ? »

Delphine Jamet : « Aujourd’hui c’est 5 % des noms de rues qui sont attribuées à des femmes, si vous faites de la parité « au moment de vos nouvelles attributions », jamais vous n’allez atteindre un niveau intéressant de représentativité des femmes sur la place publique. C’est pas paritaire qu’il faut proposer, c’est bien faire en sorte que la majorité des noms soient des noms féminins, pour essayer de rééquilibrer les choses et qu’exceptionnellement on attribue des noms masculins »

Nicolas Florian : « Moi j’aime l’équilibre, il ne s’agit pas d’avoir l’effet inverse, et qu’après les hommes soient… ! »

 

A l’occasion de ce dernier conseil municipal était organisé un buffet et un cadeau a été remis aux conseiller.e.s municipaux qui ne se représentaient pas : un bouquet de fleurs pour les femmes, un bouteille de vin pour les hommes…

 

Avenant à la convention de coordination entre la Direction de la Police Municipale et de la Tranquillité Publique et la Direction départementale de la sécurité publique de la Gironde portant modalités de pilotage des caméras de vidéo-protection de la ville de Bordeaux par la Police Nationale

Intervention de Pierre Hurmic

« Je vais être d’accord avec Monsieur l’Adjoint pour dire qu’effectivement la délibération n’est pas que technique et qu’elle est aussi politique. Je ferai à cet égard deux remarques qui nous amèneront à voter contre.

La première : Monsieur le Maire vous avez rappelé à juste titre qu’il fallait souhaiter une collaboration entre la police d’État, chargée de la sécurité, et la police municipale et nous sommes effectivement favorable à cette coopération renforcée.

Toutefois, nous voulons attirer votre attention sur le fait que chacun doit assumer ses charges. La sécurité publique fait partie des compétences régaliennes de l’État et il revient donc à l’État d’assumer pleinement ses responsabilités et de ne pas se défausser notamment financièrement sur les collectivités locales. Or, la délibération que vous nous proposez de voter dans quelques instants, comme d’ailleurs toute la philosophie de la vidéo-surveillance, consiste à mettre à la charge des communes des équipements de vidéosurveillance qui servent essentiellement aux services de l’État, donc c’est la charge financière qui nous parait complètement injustifiée, et ce d’autant plus que la délibération présentée aujourd’hui aggrave encore cette situation puisque la ville de Bordeaux met à disposition de l’État deux postes informatiques d’exploitation, des postes de pilotage, les frais de maintenance et de renouvellement du matériel, des joysticks, câblages et autres équipements sont pris en charge par la ville de Bordeaux, les opérations de maintenance sont assurées par le personnel de la ville de Bordeaux.

Tout le monde s’accorde à dire que ces caméras de vidéosurveillance aide l’État à exercer ses fonctions régaliennes de sécurité et il met largement à la charge des collectivités locales, en l’occurrence, à la charge de la ville de Bordeaux. Au moment où nous nous plaignons à juste titre du désengagement de l’État dans ce qui a été ses contributions traditionnelles au budget des collectivités locales, nous-mêmes prêtons le flanc et aggravons la situation en finançant des opérations qui ne devraient pas relever des finances municipales. Cela me parait tout à fait anachronique Monsieur le Maire et je pense qu’il est aussi dans le rôle des collectivités locales et des mairies de dire d’accord pour une coopération, d’accord pour une collaboration, mais cessez de mettre à notre charge ce qui relève des fonctions régaliennes de l’État. Ça, c’était la première observation.

La deuxième observation, plus brièvement. Actuellement nous constatons sur le territoire de la commune de Bordeaux, une aggravation de phénomènes de délinquance, ce n’est pas en confortant encore d’avantage la vidéosurveillance qui montre, jour après jour, son inefficacité totale pour lutter contre ce type de délinquance, cambriolages et autres, qui sont actuellement très mal ressentis par les bordelais. Ce système-là, de plus en plus coûteux s’avère à notre avis de moins en moins efficace. Est-ce que le maire de Bordeaux ne pourrait pas plutôt intervenir auprès de l’État en lui demandant de revenir à une politique traditionnelle, que d’ailleurs des syndicats de police sollicitent également, une politique de l’îlotage ? La politique de vidéosurveillance voulue par l’État, financé par les collectivités locales a permis de diminuer les postes de policiers sur le terrain, a permis de mettre un terme à la politique de l’îlotage. Vous ne croyez pas qu’il serait temps de demander à l’État de revenir à ce qu’était la police traditionnelle ? Ilotage dans les quartiers, qui, il me semble, mais je peux me tromper, a montré, par le passé, beaucoup plus d’efficacité que les solutions techniques et techniciennes type vidéosurveillance qui nous sont aujourd’hui imposées. Merci. »

 

Sommet Afrique France 2020. Accueil et organisation.

Reliquat d’une vision passéiste des relations avec ce continent, partenariats avec des multinationales qui n’ont pas la réputation d’être philanthropes, sujets essentiels non/peu traités (santé, migrations, déchets…), désengagement de l’État, et perturbations de la vie quotidienne des bordelais.e.s.

Lire les interventions

 

Modification organisation des crèches rentrée 2020

Intervention Delphine Jamet

« Je crois que Madame Collet n’a pas du tout répondu à la question d’Emmanuelle Ajon. Effectivement, il y a aujourd’hui un vrai problème que la crèche Mirassou où les parents quand ils arrivent avec leur enfants à l’école le matin ne peuvent même plus le/la déposer parce qu’il n’y a pas assez de personnel. Je pense qu’il y a urgence à régler le problème. Même si aujourd’hui la délibération concerne deux crèches municipales effectivement, il n’empêche qu’on a le droit de vous poser cette question : qu’allez-vous faire rapidement/immédiatement pour pallier au problème qui se pose aujourd’hui à la crèche Mirassou ? Merci. »

 

Convention annuelle 2020 entre la Ville de Bordeaux et l’association Invest in Bordeaux

Intervention Delphine Jamet

« Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Nous allons nous abstenir une nouvelle fois sur cette délibération et nous le disons depuis quelques années parce que nous regrettons le fait que seule Bordeaux cotise à cette association en tant que ville, 132 000€ cette année encore, quand bien d’autres villes en bénéficient des services d’Invest In Bordeaux.

Je soulèverai aussi le fait que c’est un peu toujours les mêmes entreprises qu’on attire et on se demande si la BNP a bien besoin des services d’Invest In Bordeaux pour venir s’installer à Bordeaux. C’est une vraie question qu’on se pose. Et je vais reprendre vos termes Monsieur le Maire « la logique d’équilibre et de partage avec les territoires environnants doit être notre nouvelle priorité, le rayonnement et le partage ». Invest In Bordeaux aujourd’hui ce n’est pas trop « le rayonnement et le partage » puisque, vous l’avez dit vous-mêmes c’est 42 entreprises qui se sont installées à Bordeaux intramuros, 36 sur le reste de la métropole, et seulement 5 entreprises qui se sont installées hors de la métropole sur les 78 projets. Il va falloir rééquilibrer tout ça à un moment donné. Nous nous abstenons donc sur cette délibération. Je vous remercie. »

 

Expérimentation de «rafraîchissement urbain» en milieu scolaire. Autorisation.

Nicolas Florian :  » Madame Jamet, Monsieur Hurmic ? Oui on sait, on aurait du le faire il y a 45 ans mais on le fait quand même cette année. Allez-y. »

Delphine Jamet : je n’ai rien dit…

Nicolas Florian : « Non mais je la vois venir ! »

Intervention Delphine Jamet

« Nous allons voter pour cette délibération qui va dans le sens de la prise en compte de la problématique des îlots de chaleur dans les écoles construites à une époque où elle n’était pas encore connue. Cette expérimentation, c’est du curatif, financé entièrement par la SABOM, à hauteur de 357 000€.

Par contre, on s’étonne de voir des constructions d’écoles récentes prendre si peu en compte la nécessité absolue d’éviter de faire des cours d’écoles des îlots de chaleur. Je prends pour exemple le groupe scolaire Vaclav Havel dans le quartier Ginko qui a dû fermer la cour de la crèche, pendant les grosses chaleur, du fait d’un bardage métallique, exposé plein sud, totalement inadapté et devenu dangereux pour les enfants. La cour de l’école maternelle de ce même groupe scolaire, construite au 1er étage, est recouverte d’un enrobé plastique. Un bel îlot de chaleur qui ne pourra pas bénéficier de ce type rafraichissement urbain que vous nous proposez pour le groupe scolaire Sousa Mendez. On a d’autres exemples, à la Bastide, et un peu partout.

Alors oui, nous sommes favorables à cette expérimentation qui pourrait réparer une erreur de conception à une époque où nous n’avions pas les mêmes connaissances qu’aujourd’hui, mais certains projets d’écoles nous laissent perplexes. L’école J.J. Sempé aux Bassins à Flots par exemple, où nous ne voyons qu’une infime partie de la cour enherbée, avec un seul arbre, le reste de la cour est goudronné.

Nous ne pouvons pas seulement nous contenter de méthodes curatives, il faut du préventif, c’est dès la conception des nouveaux bâtiments – tous les bâtiments, pas que les crèches et les écoles – que nous devons prendre en compte le changement climatique et l’adaptation à ce changement climatique inévitable.

Je terminerai en rappelant qu’un arbre mature équivaut à  5 climatiseurs, qu’il est on ne peut plus low tech, qu’il est économique, qu’il ne nécessite aucune autre ressource que cette même eau de pluie et qu’il ne peut pas être planté sur cette structure, il peut être planté dans toutes les cour d’écoles. N’oublions pas les solutions dont nous disposons déjà.

Je vous remercie »