Lutte contre les violences faites aux femmes
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Lutte contre les violences faites aux femmes

Intervention de Delphine Jamet

« Nous voterons bien entendu cette délibération et nous nous félicitons que la mobilisation de la société ait porté ce thème à l’ordre du jour tant au niveau local que national.
Lors du dernier conseil municipal, nous parlions dans notre intervention de 60 femmes tuées. Nous sommes aujourd’hui à 75 féminicides depuis le début de l’année. Nous déplorons le fait que le mot « féminicide » ne soit pas utilisé dans la délibération, ni dans le plan d’action. Or, nous ne parlons pas seulement de violences, mais également de meurtres. Comme le disait une des pancartes lors d’une manifestation à Paris ce week-end, « Les féminicides c’est plus d’un Bataclan par an ».
Ce plan en 10 actions peut paraitre ambitieux, il l’est puisqu’il n’y avait rien auparavant, mais aucun budget n’y est accolé. Difficile d’agir sans moyen financier. Vous nous avez précisé que le budget était prévu dans le budget supplémentaire mais dans cette délibération on ne voit pas la traduction de chaque action en chiffre. Cela ressemble donc à une liste de bonnes volontés.
On espère que toutes ces actions vont être menées à bien.
Nous souhaiterions que la sensibilisation incorpore un volet éducatif : ici, il faut travailler avec l’Éducation nationale sur le territoire de la mairie (donc avec la DSDEN Gironde et le rectorat) à tous les niveaux : du primaire au lycée, quelque soit au demeurant le domaine de compétence de la mairie.
En clair, cela veut dire : participer à la politique éducative en faveur de l’égalité entre les filles et les garçons en tant que partenaire de l’école.
Je ne peux m’empêcher de penser qu’une politique publique dite intégrée doit incorporer la dimension de budget sensible au genre : ici, la mairie ne semble pas à la hauteur. Il faut aller au-delà du curatif.
Il nous semble important que les dépenses publiques soient pensées au prisme de ce que ce qu’elles produisent en termes d’égalité entre les femmes et les hommes.
On peut penser qu’on s’éloigne du sujet (les violences faites aux femmes), en réalité on le met véritablement au centre, avec des effets sensibles en termes d’empowerment (ou d’encapacitement) des femmes (de présence dans l’espace public, de parole, de pouvoir etc.).
En bref, il s’agit de savoir ce que l’on veut : une société véritablement égalitaire ou quelques cautères sur jambe de bois pour perpétuer, comme le dit une amie, « la douce chanson patriarcale »… »