Mise à jour du règlement intérieur de la bibliothèque de Bordeaux – Conseil municipal du 07/10/19
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Intervention de Pierre Hurmic :

« Le débat est intéressant. ie pense qu’il y a une vraie question et une vraie préoccupation. Nous avons, à cause de l’État, je le dis ici fermement, privilégié il y a quelques années dans cette commune, comme dans d’autres, la politique de vidéosurveillance, pensant que la technique c’était la panacée, qu’avec la vidéosurveillance, en l’installant un peu partout, on allait régler les problèmes de délinquance de cette ville. Ce n’est pas nous, c’est l’État qui nous a poussés à nous doter de ce type de structures. Certes, c’est nous qui les avons financées en grande partie. On a été légèrement subventionnés, mais nous avons mis le doigt dans ce qu’est une politique d’État, c’est-à-dire la sécurité publique. Ce n’est pas du domaine de la commune. Ce n’est pas du domaine de la Police municipale, c’est de la responsabilité de l’État, et l’État nous a dit « Eh bien, écoutez, la doctrine aujourd’hui, c’est la vidéosurveillance, donc je vous demande, vous, collectivités locales,
mairies, de la financer à ma place. »

À l’époque où on a eu ce débat, on vous disait, Monsieur le Maire: « Mieux que les caméras de vidéosurveillance, c’est quand même l’îlotage. » Et on assurait, vous ne me direz pas le contraire, que plus on installait de caméras de vidéosurveillance, plus l’État se désengagerait de ses obligations d’îlotage et de patrouillage dans des quartiers difficiles. Les caméras, on vous l’a dit ici plusieurs fois, c’est un effet plumeau, vous déplacez la délinquance à côté. La lutte contre la délinquance par définition, elle doit être mobile si vous voulez qu’elle soit efficace. On a mis, pas malgré nous parce que vous étiez tout à fait d’accord, on a mis le doigt dans cet engrenage et dans ce désengagement de l’État. Je pense qu’aujourd’hui, il est temps que l’on dise à l’État : « Eh bien, écoutez,
assumez vos fonctions. Nous vous demandons d’assurer ces fonctions d’îlotage dans ces quartiers de la Ville de Bordeaux. On va arrêter de mettre de l’argent dans ces caméras de  vidéosurveillance. » Et ce qui me fait intervenir, et je terminerai là-dessus, sur ce débat-là, c’est que tout à l’heure, on a parlé des incivilités au Parc bordelais, c’est-à-dire des dégradations du Guignol Guérin, du théâtre et de la buvette. Moi, j’ai été sidéré de voir que l’une des réponses qui était abordée quand on interrogeait, quand le journal SUDOUEST interrogeait la Mairie à ce niveau-là, on disait : « Mais on entre trop facilement la nuit. On va demander au Conseil municipal de Bordeaux de faire installer quatre caméras pour surveiller les entrées du parc. » C’est
ridicule. Vous imaginez bien que les gens qui sont allés dévaster le Guignol Guérin, ils ne sont pas passés par l’entrée, ils n’ont pas sonné, attendu d’être éventuellement visionnés s’il y avait une caméra. C’est des escalades. Enfin, je ne sais pas si vous avez le retour de l’enquête de Police, mais je ne suis pas persuadé que vos quatre caméras de vidéosurveillance auraient permis d’éliminer ce genre de délinquance. Les caméras de vidéosurveillance, vous ne me contredirez pas, c’est très efficace pour élucider les affaires. Effectivement, des affaires importantes ont été élucidées grâce à la vidéosurveillance. Pour la délinquance du quotidien, je ne suis pas du tout persuadé de son efficacité. Merci. »