Plateforme de résorption des squats
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30/03/21

[…] Le CCAS de Bordeaux, au-delà de ses seules obligations légales, met en œuvre un soutien à la scolarisation, la santé, la domiciliation et l’hébergement de familles. Nous soutenons également le fonctionnement des missions squat de la Métropole et du GIP Médiation qui interviennent directement au sein des bidonvilles et campements pour sécuriser l’accès à l’eau, l’électricité, apaiser les relations en interne et avec les riverains. 

La question de la résorption des squats et des bidonvilles est nécessairement métropolitaine si ce n’est départementale. Ainsi la Ville de Bordeaux s’inscrit dans la volonté portée également par la Métropole de signer et soutenir le fonctionnement de la plateforme. Pour mémoire, le Président de la Métropole a signé cette convention à l’issue du Conseil de Métropole du 17 décembre et les villes de Bègles et Mérignac l’ont également signée. Depuis 10 ans, les stratégies d’évacuation mises en œuvre n’ont pas permis de réduire le nombre de ces installations précaires ni le nombre de personnes qui y vivent. On recense actuellement environ 2 400 personnes, dont 630 mineurs. 

Face à cette situation de misère intenable, la Ville de Bordeaux souhaite prendre pleinement sa place dans la stratégie départementale de résorption des squats et des bidonvilles. La coopération interinstitutionnelle est nécessaire et la participation à la plateforme en est une modalité. L’action conjointe par la convention entre l’État, le Département, la Métropole et les villes a été initiée par une instruction du Gouvernement de 2018 et elle est portée par la Direction Interministérielle de l’Hébergement et de l’Accès au Logement, la DIHAL. 

Cette stratégie est pilotée localement par la DDCS, Direction Départementale de la Cohésion Sociale. La mission de la plateforme telle que décrite dans la convention sont : § l’observation et le suivi des squats et des bidonvilles sous forme d’une base de données numériques, § le diagnostic social individuel des ménages à partir d’un recensement des personnes sur la base du volontariat § et l’orientation des ménages vers des solutions adaptées pour le logement ou l’hébergement pour parvenir à la résorption des obligations qui incombent aux divers partenaires : mise à disposition de logement, domiciliation, évaluation sociale, accompagnement. Tout est noté dans la convention qui est jointe à la délibération. 

La Ville de Bordeaux contribue déjà à cet enjeu collectif en mettant à disposition quand c’est possible ses biens immobiliers pour y créer des LTI. Des recherches foncières sont relancées pour permettre la création d’un espace temporaire d’insertion, un ETI, qui a une vocation plus collective. Dans le cadre de sa participation à la plateforme, la Ville de Bordeaux soumettra à la discussion auprès de l’ensemble des partenaires et conformément aux échanges engagés avec l’État à l’automne, des propositions d’ajustement concertées à la convention. Il s’agit en particulier de définir plus clairement encore les rôles des différentes parties prenantes, notamment en reconnaissant au CCAS, en plus de la domiciliation qui relève de leurs obligations réglementaires, de participer aux missions d’évaluation, d’accompagnement social et d’insertion. 

À ce titre, un travail conjoint sur les critères d’évaluation pourra être proposé pour se doter d’exigences communes en matière de diagnostic social et d’orientation des publics. 806 Nous appelons à un engagement fort de tous les services sociaux pour aller vers les publics concernés, car aujourd’hui de trop nombreuses personnes et familles demeurent sans aucun accompagnement social dans ces lieux de vie. D’autres questions pourront être soumises et pourront trouver une réponse dans le cadre de la participation à la plateforme, notamment la place des associations les plus présentes sur les terrains et lieux de vie, et la prise en compte des personnes actuellement en squat et bidonville dans l’évaluation des besoins en hébergement. 

En effet, si la plateforme prévoit la création de logements temporaires d’insertion ou d’espaces temporaires d’insertion, nous souhaitons que l’État s’engage à mobiliser des places d’hébergement d’urgence pour toutes les personnes qui ne seraient pas orientées vers ces logements temporaires. Le nombre de personnes en squat et bidonville doit être pris en considération dans la quantification des besoins en hébergement d’urgence, et ce tant que la Métropole ne comptera pas un nombre satisfaisant d’ETI ou de LTI. 

Enfin, nous souhaitons que chaque commune de la Métropole s’engage, suite à la signature du Président Alain Anziani, à veiller à domicilier les personnes vivant en squat ou bidonville sur le territoire de sa commune afin de faciliter les démarches administratives et l’accès aux droits de ces publics, mais aussi de soulager les CCAS voisins qui se retrouvent souvent sollicités pour des domiciliations en provenance de squats des communes alentours.

Harmonie Lecerf