Pour une Cité du Vin… bio ! Notre tribune du Bordeaux Mag de mai 2016
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Cité_du_Vin_Bordeaux©XTU_P.Desmazieres

Lors du conseil municipal du 22 février 2016, nous avons à nouveau proposé que la Cité du Vin soit une vitrine pour promouvoir une viticulture plus respectueuse de l’environnement en mettant en exergue toutes les alternatives aux pesticides et aux intrants chimiques. C’est une proposition que nous avions déjà faite il y a deux ans dans notre tribune du Bordeaux Mag de septembre 2014.

En effet, la culture de la vigne, avec moins de 3% de la surface agricole utile, représente 20% des usages de pesticides en France. En septembre 2013, une enquête du magazine Que choisir avait révélé que le vin contenait 300 fois plus de pesticides que l’eau potable.

Notre terroir viticole est en retard en matière de vins bios : en Gironde, 5.2% de la surface viticole est en agriculture biologique contre 8.2 % pour la moyenne nationale.

Nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’élu-e-s de promouvoir et de favoriser la conversion de notre viticulture en bio car l’usage trop abondant et dangereux de pesticides ternit l’image des vins de Bordeaux.

Le ministre de l’agriculture lui-même a parlé de « bombe à retardement » à propos de l’usage abondant des pesticides.

L’ingénieur agronome, œnologue, médecin, critique et consultant Franck Dubourdieu le rappelait récemment dans la presse locale : « Tout le monde travaillera en bio dans dix ans. (…) Puisque c’est le sens de l’histoire, pourquoi les instances de la viticulture n’ouvrent-elles pas le chemin, avec une cellule bio que les vignerons conventionnels pourraient solliciter ?(…) Comment nier que les cocktails phytosanitaires instruisent chez les consommateurs un procès à charge irréversible ? La conversion, notamment, de Palmer à Margaux, Pontet-Canet à Pauillac, Fonroque et Grand Corbin-Despagne à Saint-Émilion, Gombaude-Guillot à Pomerol, ou Climens à Sauternes, montre pourtant combien l’excellence, depuis plusieurs années, se nourrit à la biodynamie. Que dire de tous les grands crus classés qui travaillent en bio sans demander la certification, pour se garder une porte de sortie ? » Nous-mêmes rappelions en conseil municipal que le château Smith Haut-Lafitte travaillait avec une démarche de « bio-précision ».

Nous avons donc demandé au Maire de Bordeaux de prendre les responsabilités qui lui incombent en soutenant la promotion de la viticulture sans pesticides, quitte à convaincre les institutions viticoles traditionnelles bordelaises, au travers notamment de la programmation des événements présentés par la Cité du Vin qui ouvrira ses portes le 1er juin prochain.

Ce bâtiment, qui attend près de 450 000 visiteurs par an, devra être emblématique des nouvelles pratiques viticoles respectueuses de l’environnement et de notre santé, au travers de la promotion des viticultures biologique, biodynamique et naturelle.

Il en va aussi de la réputation du vin de Bordeaux !