Stationnement : comment sortir de l’impasse ? Notre tribune mars 2018

Conseil municipal de Bordeaux Pierre Hurmic Delphine Jamet CR Sud-Ouest

La question du stationnement est un véritable outil de politique publique qui n’a pas été pensé comme tel jusqu’ici.

A Bordeaux, l’extension du stationnement payant en dehors de l’hypercentre s’est déroulée de manière concomitante avec la réforme du stationnement payant, la limite stricte de 3 heures de stationnement pour un montant très onéreux (30 à 35€), l’arrivée du forfait post stationnement des mêmes montants en cas de non-paiement ou de dépassement, et la délégation de ce service à plusieurs entreprises privées…

Il en résulte aujourd’hui, oppositions, confusions, couacs administratifs qui rendent cette politique déjà peu populaire encore moins appréciée, d’autant plus que l’extension du stationnement payant en dehors des Boulevards n’était pas initialement prévue au programme de l’équipe municipale actuelle.

Alors, comment sortir de cette impasse ?

Tout d’abord repartir de la base : le principe, admis il y a 5 ans déjà par le « Grenelle des mobilités de la métropole bordelaise », construit avec tous les acteurs de la mobilité, que la régulation de la circulation automobile dans la métropole doit passer par une régulation du stationnement, et être prise en charge au niveau métropolitain.

Malheureusement, ces recommandations, auxquelles nous adhérons totalement, n’ont pas été suivies d’effets par des maires, en particulier celui de Bordeaux, encore trop attachés à la gestion de leur pré carré communal.

Par ailleurs, le « Grenelle » indiquait aussi que « le stationnement résidentiel doit être traité de manière multicritère, en prenant en compte les niveaux d’équipement, l’offre de voirie, les coûts de construction des logements etc. ».

Nous regrettons que cette recommandation n’ait pas non plus été suivie par la ville de Bordeaux car nous considérons que la gestion du stationnement résidentiel ne peut être identique et uniforme mais au contraire doit être différenciée selon l’offre de transports en commun, les taux de motorisation et la situation sociale des résidents.

De plus, la politique de stationnement payant doit pouvoir proposer en parallèle une offre de places de parkings plus étoffée : la métropole bordelaise ne dispose que de 5770 places dans 21 parking-relais contre 7420 places dans 58 parking-relais à Nantes par exemple. Il nous faut développer l’offre de parking relais, et de navettes attenantes, notamment aux sorties de rocade, des parkings vélos sécurisés, des parkings résidents à prix raisonnable, comme c’est le cas à Strasbourg…

Enfin, l’augmentation considérable des recettes induites par le stationnement payant doit être exclusivement consacrée aux politiques de mobilité durable de la métropole, enjeu majeur de santé publique, et ce en toute transparence envers les administrés, via un compte-rendu annuel en conseil municipal et une publication des comptes en données ouvertes.

D’autres solutions sont envisageables, mais nous regrettons que celles-ci, préconisées de manière concertée il y a déjà 5 ans, ne soient toujours pas mises en place.

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