Vers la résilience alimentaire
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26/01/21

Je vous propose de voter pour autoriser le Maire à signer les conventions de partenariat entre la ville de Bordeaux et onze associations pour la création et l’animation des jardins partagés.

Construire demain pour nous, c’est aussi planter de bonnes graines ! Jardiner et planter c’est se rassembler autour d’un projet commun, partager un lieu de vie, se rencontrer, prendre soin de ses plantations et des autres, goûter ce que l’on a récolté, transmettre une vie plus saine à nos enfants, se ressourcer, cuisiner et manger ensemble le fruit de nos efforts !

Jardiner et planter, c’est réapprendre à se nourrir soi-même. C’est se rafraîchir quand il fait trop chaud, rêver ou se reconnecter à la terre qui bat sous notre ville. C’est voir les déchets comme une ressource. C’est aussi faire l’apprentissage des temps de la vie. C’est ramener de la biodiversité au cœur des quartiers denses et trop minéraux.

En un mot, c’est se remettre dans le cycle du Vivant, et c’est toute une philosophie que nous souhaitons faire grandir au cœur de notre ville. Mais notre travail ne se limite pas aux jardins partagés mis en œuvre par les associations. Nous développons une véritable démarche autour de la résilience alimentaire, totalement inédite à Bordeaux. Cette délégation que je porte n’existait pas auparavant.

J’aimerais poser la définition de la résilience alimentaire pour ma première prise de parole au conseil municipal sur cette nouvelle thématique.

On peut la définir ainsi : « capacité d’un système alimentaire et de ses éléments constitutifs à garantir la sécurité alimentaire au cours du temps, malgré des perturbations variées et non prévues. La sécurité alimentaire d’un territoire est assurée lorsque « tous ses habitants ont à tout moment la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive, leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ».

(Vers la résilience alimentaire, Greniers d’abondance, février 2020 – Cette excellente étude fait état des risques qui pèsent sur nos systèmes alimentaires au 21ème siècles et de actions que nous pouvons mettre en œuvre.)


Voici un aperçu de nos actions :

• Nous avons créé une ligne budgétaire avec un premier budget dédié à la résilience alimentaire de 100 000 € pour 2021 et nommé une équipe au sein des services.

• Nous démarrons un travail de concertation avec les acteurs de quartiers dès février.

• Nous exigeons le maintien des jardins familiaux des Aubiers qui devaient être déplacés et diminués malgré la désapprobation forte des habitants.

• Nous instaurons le permis de végétaliser comme annoncé dans notre plan Bordeaux Grandeur Nature.

• Nous plantons dès cette saison 100 arbres fruitiers dans les parcs & jardins de Bordeaux au plus proche des habitants et ce n’est qu’un début.

• Nous lançons l’étude pour l’installation d’un lieu de production agricole au Grand Parc.

• Nous envisageons d’installer un maraicher au Haillan sur le domaine de la Direction des Espaces verts et de créer un potager dans le jardin de l’Hôtel de ville.

• Nous travaillons avec le SIVU et les élu.e.s du CA pour une évolution ambitieuse de la restauration collective.

Voici une courte synthèse de nos projets que je vous invite à suivre et sur lesquels je reviendrai au cours des prochains conseils.

Enfin j’aimerais revenir à nos jardins partagés et terminer par ces paroles sages de Cicéron, bien utiles dans la période que nous traversons : « si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut. » Et bien, nous œuvrons pour offrir un morceau de jardin à toutes les bordelaises et tous les bordelais.

Eve Demange